‹ Mémoires authentiquesChapitre 46 sur 146 · INTRODUCTION. LUI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LUI

Enfin, Soulavie devait laisser de nombreux ouvrages manuscrits ; mais, à une exception près, on ignore ce qu'ils sont devenus, et on n'en connaît que les titres, par la liste donnée dans la Préface des Mémoires de Louis XVI ^

Si longue que puisse sembler cette étude préliminaire, nous croyons qu'elle était indispensable pour caractériser l'esprit, les tendances et les procédés delauteur dont nous allons maintenant analyser l'œuvre principale. Avant d'aborder ce point, il convient encore d'ajouter que, en dehors de la politique et de tout ce qui s'y rattache, les biographes s'accordent pour louer la vie privéede Soulavie. bon père de famille, ami serviable, honnête citoyen. Relevé de son abjuration par le pape Pie VIT, il tint encore à se réconcilier, peu de temps avant sa mort, avecl'Eglise, dont il avait outragé si profondément les lois, et il mourut, dit-on, dans de grands sentiments de piété '.

Sa fécondité littéraire lui avait procuré une belle fortune, qui s'était accrue par des spéculations de terrains ; l'héritage, en

1. Dans une lettre du '25 janvier 1809, Soulavie proposait au libraire Bertrand la publication de ses œuvres complètes (Catal. Charavay, 9 décembre 1875, n° 323).

2. Il est certain, comme le prouve M. Mazon, que Soulavie, dans ses derniers ouvrages, chercha volontiers l'occasion de faire amende honorable à la religion, et même à l'ultramontanisme, aux dépens des philosophes du xvm« siècle ou des économistes. Pour lui Bonaparte personnifiait l'esprit nouveau de conservation et de rétablissement, et l'avènement du régime impérial précipita ce retour vers les croyances du jeune âge. Pendant les derniers mois de son existence, il ne s'occupa que de soulager sa conscience et finit par faire une confession générale de dix-sept heures, en cinq jours consécutifs. H reçut deux fois le viatique, et décéda «avec calme, après avoir montré constamment pendant cinquantedeux jours la foi la plus vive et les vertus qui constituent le chrétien mourant. )> Ce fut en présence de son frère, l'abbé Soulavie le cadet, et entre les mains de son ancien rival de 1782, l'abbé Barruel, que Soulavie fit sa réconciliation avec Dieu [Mazon, p. 164).

Page 1