‹ Mémoires authentiquesChapitre 48 sur 146 · INTRODUCTION. LV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LV

contemporains que l'on veut plaire, afin de les duper '. » Les noms illustres sous le couvert desquels se faufile l'erreur en augmentent le danger en ajoutant au succès, et, lorsque cette erreur est patronnée par des Voltaire ou des la Beaumelle, des Saint-Réal, des Vertot, des Michelet, il est bien explicable que tant de générations successives aient si longtemps admis un mensonge habile et savant comme étant l'histoire et la vérité.

Aujourd'hui l'histoire et la vérité sont deux compagnes inséparables, et le public qui lit n'admet plus le roman historique que comme un jeu, amusant parfois, mais indigne de tout crédit. Cestune erreur interdite à toulécrivain sérieux, une faute dont il serait impossible de se relever, un délit public pour lequel on n'accorde plus de circonstances atténuantes.

Si, depuis des Courtilz de Sandras, qu'on peut regarder comme le créateur, habile et fécond, de ce genre funeste, l'école a eu tant d'adeptes, et si ses produits se sont tellement multipliés, maintenant que la lumière se fait presque complète, que les sources fermées autrefois s'ouvrent presque partout et donnent passage à tant de vérités nouvelles et imprévues, c'est un devoir de combattre sans relâche ces tendances dangereuses, de miner un à un ces ouvrages avancés de l'erreur, et de montrer à la foule intelligente, avide de connaître, étudiants, lecteurs ou amateurs, de quel côté ils peuvent trouver la vérité et sa philosophie.

Gardons-nous cependant d'un autre danger, celui de la réaction. Un maître l'a dit très excellemment et ses paroles méritent d'être citées :

« Notre siècle, un peu revenu depuis quelque temps du goût des révolutions en politique, a reporté cette passion assez innocemment dans l'histoire littéraire : il n'aime rien tant en ce

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