LXIV INTRODUCTION
met même de la détruire, pour le repos des personnages qui y figurent. Première et seconde partie ne pouvaient être qu'apocryphes l'une et l'autre, et le mépris public a fait justice de la Chronique scandaleuse.
C'est seulement dans le tome IV des Mémoires que Soulavie, revenant, comme malgré lui, à l'histoire, aborde le récit de l'ambassade en Autriche qui fut le début du duc de Richelieu dans la carrière pohtique ^ Pour la première fois, il est visible que le texte s'appuie sur des documents authentiques '. Citons, parmi les pièces les plus importantes : les secondes instructions envoyées au duc le 28 mars et le 13 mai 1725 ; la curieuse correspondance de M. de Silly, qui rendait religieusement compte à son ami de toutes les intrigues de la cour ^. Pour la
4. T. IV, p. 54. — A peine a-t-il annoncé l'ambassade de M. de Richelieu, qu'il quitte ce sujet pour retourner à la lutte de Monsieur le Duc et du cardinal de Fleury ; puis, deux cents pages plus loin (t. IV, 2* partie, p. 68 à 126), entre deux chapitres d'anecdotes sur la cour et le ministère, vient une longue dissertation sur les instructions que le jeune ambassadeur emportait à Vienne. Tels sont, d'un bout à l'autre du livre, le décousu et le sans-gêne qui en sont le moindre défaut.
2. M. de Richelieu conserva avec soin, pour son usage ou pour celui du ministère, tout ce qui concernait cette mission, dont il était très fier. Outre toutes les dépèches et les minutes de ses réponses, autographes pour la plupart, qui subsistent encore, il fit transcrire le tout, en trois volumes in-folio, dont le premier a seul été conservé. Toutefois Soulavie parle de « vingt cartons » où le maréchal aurait recueilli les pièces relatives aux affaires de l'Europe du temps qu'il était à Vienne, et ces vingt cartons ne paraissent pas avoir jamais existé dans la bibliothèque de M. de Richelieu. La vérification de cette partie des Mémoires est donc très facile à faire. C'est précisément dans cette même partie que M. Barrière, en réduisant les neuf volumes de Soulavie, a pratiqué les plus larges amputations.
.3. Soulavie a amplement utilisé cette correspondance, dont le ton était tout à fait en harmonie avec le reste de sou récit. C'est