INTRODUCTION. LXV
correspondance du cardinal de Polignac. que l'auteur appelle « un beau génie » . les moyens de vérification nous manquent ; elle nexiste plus dans les papiers de lambassade. et. même en supposant quelle soit réellement adressée à M. de Richelieu, on peut croire que Soulavie Ta tirée des archives des Affaires étrangères, ou des papiers particuliers du cardinal, puisqu'on y trouve à la fois les lettres de M. de Richelieu, les réponses du caixiinal. et la correspondance de celui-ci avec le ministre des affaires étrangères. Certaines lettres du cardinal de Fleun- et celles de M™*" de Prye, qui sont imprimées soit dans les Mémoires, soit dans la Vie privée ^ ont également disparu des portefeuilles du maréchal ; mais leur authenticité peut s'affirmer, en rapprochant le texte de celui des pièces analogues qui nous sont restées. Enfin, on va voir que Soulavie eutconnais-
d'ailleurs une figure curieuse que celle de Silly. Il s'appelait de son nom Yipart, et, de petit gentilhomme normand, il avait su devenir fort vite brigadier, puis lieutenant général, porté à la fois par son mérite réel, par son adresse et par le hasard. Saint-Simon qui en a fait le sujet d'une Addition à Dangeau (X. 1 11) I est encore revenu sur lui dans ses Mémoires (éditions des Grands écrivains, tome XII, p. 189 et suiv.). A la mort du Roi, Silly, tout en faisant figure sans être d'aucun Conseil, s'occupa de s'enrichir en pénétrant à la suite de Lassay dans la maison de Condé où Law versait tant de millions. Devenu en même temps favori de second ordre, il « attrapa » un cordon à la promotion de 172-4, puis une place de conseiller d'État d'épée, et prit sur M. de Morville aux Affaires étrangères une telle influence qu'il allait obtenir l'ambassade de Madrid, sans la chute de Monsieur le Duc. Il ne put, malgré ses efforts, rentrer en faveur sous Fleun,', et après un dernier dégoût plaisamment raconté par Saint-Simon, il se retira chez lui, où peu après on le retrouva noyé dans un fossé, sans qu'on ait pu savoir si c'était accident ou suicide. C'était, au dire de M™« de Staal, dont il était courtisan assidu, un esprit et un cœur peu estimables.
1. L'auteur de la Vie privée a eu communication des mêmes documents que Soulavie, et, comme Soulavie, il a sans doute conservé une partie des pièces mises entre ses mains.