LXVI INTRODUCTION
sance d'un récit dicté par le maréchal lui-même, sous forme de Mémoires, et qu'il put l'utiliser, sinon dans le tome IV dont il est ici question, du moins pour le volume suivant, où il trouva un prétexte quelconque pour revenir sur l'ambassade de Vienne.
Le tome IV finissait par une suite de dissertations vides, lourdes, fatigantes et fausses sur l'état du clergé en 1732. Là s'arrêta la première partie de la publication, on pourrait dire la première manière de l'auteur, puisqu'il donna les cinq derniers volumes en 1792, et même réédita les premiers, sous une forme entièrement différente, concession bien médiocre à de justes critiques.
Rédigé en 1790, livré au public dans les premiers jours de l'année 1791, puis réédité en 1792 avec la première et la dernière partie des Mémoires, le cinquième volume témoigne, par le désordre des matières, quil a été l'objet d'un remaniement, pour y faire entrer après coup des documents dont Soulavie n'avait pas eu connaissance en 1789. Ces documents sont à peu près authentiques ; ils proviennent très certainement des archives du maréchal de Richelieu ; toutefois Soulavie leur a fait subir quelques altérations. La pièce qui nous intéresse le plus directement est le fragment relatif à l'ambassade de Vienne * , et c'est sans doute à cause de son authenticité que l'auteur des Mémoires, après avoir consacré un demi-volume à l'étude d'événements ou de personnages plus récents, s'avisa de revenir à un épisode plus ancien de la vie du maréchal, qu'il semblait avoir épuisé dans le tome IV. Mais, en comparant
1. T. V, chap. XXXI, p. 215-229. — « Voici, dit Soulavie, comment le duc de Richelieu raconte le détail de ses négociations, dans un mémoire qu'il a composé dans une extrême vieillesse. Ce mémoire renferme des erreurs de dates et de faits ; mais il a le mérite d'être la récapitulation de la vie politique du maréchal de Richelieu, »