‹ Mémoires authentiquesChapitre 66 sur 146 · INTRODUCTION. LXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXI

le livre que comme le plus ordinaire des courtisans. « Le titre de Mémoires de Richelieu invitoit à lire cet ouvrage, et permettoit aux inquisiteurs d'Espagne, de Rome, de Turin et de Pétersbourg de le laisser parvenir jusque dans des contrées asservies à leurs opinions religieuses ou politiques. » Mais les neuf volumes n'en sont pas moins Ihistoire vraie., puisée aux sources les plus pures. Et le plaisant de cette protestation, où Tineptie le dispute à l'outrecuidance, c'est que Soulavie prend de préférence à témoin les Mémoires apocnphes de tout genre dont il vient récemment d'inonder le public ! Cette manière de se justifier a trouvé des imitateurs à d'autres époques ; peut-être réussissait-elle mieux en l'an de grâce 1792. On se sent humilié de ce voisinage scandaleux pour les Mémoires du duc de Luynes *, dont l'ancien hôte de Dampierre invoque complaisamment l'autorité ; mais au moins n'est-on pas obligé de le croire lorsqu'il proteste que presque toutes ses anecdotes des « petits appartements « lui ont été transmises par les survivants de l'ancienne cour et par des gens aussi honorables que le cardinal de Lujiies. C'est à grandpeine que le lecteur, ainsi ballotté entre l'histoire et l'imposture, arrivera aux documents plus importants qui terminent ce dernier volume ^ : le mémoire du Dauphin contre les parlements, l'histoire de ce ministère secret dont l'auteur a dit un mot dans le volume précédent et qui lui a fourni, dit-il, une partie de ses anecdotes ^, etc. Les papiers du maréchal de Richelieu sont représentés ici par sa

1. Dans le t. V, p. 17, il avait déjà parlé des manuscrits de M. de Luynes et reconnu l'importance. la sincérité, la minutie du JournaL mais sans avouer qu'il lui avait fait les seuls emprunts presque dont on puisse le féliciter.

2. T. IX, p. 40T-412. Soulavie dit le reproduire d'après l'original, qui est aujourd'hui conservé aux Archives nationales : voy. le Musée des Archives nationales, p. 601. n° 990.

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