‹ Mémoires authentiquesChapitre 7 sur 146 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

de Richelieu*, les péripéties successives de cet enfantement. Il fallait lutter contre une censure ombrageuse, et ce ne fut que de concession en concession, d'édition en édition, qu'on permit de prononcer le nom de l'auteur des Mémoires. Quant aux Mémoires eux-mêmes, est-il nécessaire de compter combien de mutilations déshonorantes ils subirent successivement ? En 1784, ce ne sont que quelques anecdotes décousues, triées parmi les moins dangereuses. En 1786, il y a progrès ; le nouveau volume porte même un titre assez hardi : La Galerie de Vancienne cour, mais le nom de Saint-Simon reste proscrit ^. C'est seulement en 1788 qu'il paraît enfin, ce nom ; mais avec quelles précautions ! Le censeur, à qui Soulavie a présenté sept volumes cette fois, s'est adjoint quatre seigneurs de la cour, et les sept volumes sont réduits à trois ; il y a presque de l'ironie à intituler ces derniers lambeaux : Mémoires de Saint-Simon ou l'Observateur véridique sur le règne de Louis XIV '. Quoique ce soient toujours des anecdotes sans liaison, sans suite, et souvent sans exactitude, le publicestmis en appétit par la saveur nouvelle qui s'y révèle, et les journaux payés par le libraire

1. T. I, p. 63. — Il faut ajouter ici que le biographe de Soulavie, M. Mazon (Écho de VArdèche, 2 avril 1870), conteste à son auteur la paternité des éditions antérieures à 1791. M. Mazon s'appuie sur le passage que je viens de citer de la Préface des Mémoires de Richelieu et sur l'avis publié en tête du Saint-Simon de 1791.

2. Le Catalogue imprimé de la Bibliothèque Impériale ne cite pas le volume de 1785 parmi les éditions des Mémoires de Saint- Simon.

3. La marquise de Créquy avait écrit à Sénac de Meilhan, le 7 février 1787 : « Les Mémoires de Saint-Simon sont entre les mains d'un censeur : de six volumes, on en fera à peine trois, et cest encore assez. » Le 25 septembre 1788, elle dit : « Les Mémoires paroissent, mais très mutilés, si j'en juge par ce que j'ai vu, en trois tapons verts, et il y en avoit six. »

Tandis que Soulavie préparait son édition de \ Observateur véri-

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