INTRODUCTION. VII
Buisson lui font un succès ^ Puis le mouvement des idées finit par l'emporter sur la censure, et, en 1789, délivré de cette entrave, « un nouvel é^iiteur ». toujours Soulavie. « complète entièrement » le texte, en donnant quatre volumes de supplément, « qui ne sont pas tout à fait aussi amusants, mais qui peuvent être utiles aux historiens. » Cette rapsodie est tellement indigne, qu'on ose à peine la citer aujourd'hui ; elle produisit, dans ce temps-là, un grand effet sur l'opinion publique, si l'onen croit le Journalde Paris ^. Lesesprits, devenus avides de pénétrer dans les coulisses de l'histoire, firent dès lors bonne justice des phrases brillantes du Siècle de Louis MV et des splendeurs que le peuple avaient payées si cher.
Pour ne point revenir plus tard sur ce sujet, disons tout de suite qu'une cinquième édition, ou plut<Jt une cinquième transformation des Mémoires fut produite au milieu de l'année 1791 . « On a publié à différentes reprises, dit le Journal de Paris ^,
dique, Anquetil écrivait les lignes qui suivent, dans la préface de son livre Louis IIV,sa cour et le Régent, qui ne parut qu'en 1789 : «Les Mémoires de Saint-Simon commencent à devenir communs. On en a tiré et on en tire journellement des copies. Il pourroit arriver que quelque libraire, voyant cet empressement, les fit imprimer. On en a même déjà donné des morceaux dans des recueils dont ces fragments font le princiqal mérite. C'est donc le moment de faire paraître un ouvrage (son Louis XIV) où ou trouvera tout ce que ces Mémoires renferment de curieux et d'intéressant. »
1. Yoy. Journal de Paris, 2 octobre 1788, p. 1181. — Peu auparavant, Buisson avait été poursuivi pour avoir édité, en contrefaçon et sans autorisation aucune, l'ouvrage du comte de Mirabeau sur la Réforme politique des Juifs ; il n'avait pu se justifier. Voy. le même Journal, 1788, p. 935 et 965.
2. Année 1789, p. 704. Le Mercure de France publia aussi un article, le 12 septembre 1789. p. 34 et suiv. ; mais on n'y trouve que des extraits des Mémoires, sans un mot sur l'éditeur ni l'édition.