‹ Mémoires authentiquesChapitre 78 sur 146 · LXXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXX INTRODUCTION

lorsqu'il veut badiner, et à un usage fatigant des réticences, des sous-entendus et des termes de convention. On y sent bien la défiance générale, le mépris, et d'autre part lindolence, la passivité impardonnable qui feront à jamais la honte dun prince mieux doué pour mener la vie d'un libertin de second ordre que pour occuper le trône de France durant une des plus difficiles périodes de notre histoire ! Ce ton-là, il s'en sert aussi bien en écrivant à ses ministres ou à ses agents politiques que pour causer avec ses meilleurs favoris, ses maîtresses ou sa famille. Il n'y a qu'un point sur lequel il se livre volontiers, c'est la plaisanterie grivoise mais lourde ; avec M. de Richelieu, il se trouve tout à l'aise, et les idées hbertines semblent parfois secouer l'engourdissement où le plonge la seule idée d'une séance du Conseil et d'une affaire d'État. Certaines des lettres données par la Vk privée sont des pièces capitales ; mais, pour connaître le personnage, il faut lire cette épître du 4 janvier 1747 *, où il entretient M. de Richelieu de sa future belle-fdle, la seconde Dauphiue. Impossible d'outrager plus complètement les convenances les plus élémentaires, celle que respecte avant tout le père de famille, et que le royal libertin prend, au contraire, pour texte de ses grossières plaisanteries. Tout autre est la lettre datée du 11 juillet 175.3, ou celle du 4 avril 1771. Louis X'V s'y exprime hardiment, franchement, une fois n'est pas coutume ! sur les parlements et leur opposition. Il se montre presque roi ; on l'accepterait tyran pour le voir sortir d'une torpeur si honteuse ; mais il ne trouvera aucun accent généreux pour blâmer le vaincu de Rosbach ou demander une revanche ! Parmi les autres pièces Justificatives qui composent cet appendice, se trouve la correspondance du maréchal avec M. de Paulmy et M. de Bernis, ministres de la guerre et des affaires

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