‹ Mémoires authentiques sur Garibaldi mis en ordreChapitre 16 sur 33 · CHARLES -ALBERT · texte numérisé non relu

CHARLES -ALBERT

c Peuples de la Lombardie et de la Vénëtto,

c Lea destimie» de ritalie se mûrissent : un sort jduts heureux soiv^t aw défenseurs intrépides des droits violés.

B Par homogénéité et amour de racei par intelligence àids temps, par communauté de vœux, nous nous associons les premiers à cette admiration unanime dont lltalie entière nous paye le tribut.

» Feoptesde la Lombardie et de la Vénétie, nos arméen, qui se concentraient déjà survos frontières, quand vous (wawMôm \à libération de Hilan la GUftieuse^ viennent msintenaot you^ porter dans les épreuves décisives ce secours- que Iç frère aitjtend du frère, l'pai de Tami.

€ Nous seconderons vos justesdésirs, confiants dans le secours de ce Dieu qui est visiblement avec nous, de ce Dieu qui, par une si merveilleuse impulsion, plaça l'Italie dans un état à pouvoir se suffire à elle-même.

f Et pour vous montrer mieux av«c ses signes extérieurs non équivoques le seoUment de Tumon italienne, nous voulons <{a& nos troupes sur le territoire de la Lombardie et de la Yéaétie port^i\t reçu de Savoie sur le drapeau tricolore italien. »

« TwJn, le 83 mars 18,48

Ld guerre derindépendance italienne était proclamée.

Cette initiative générendedu roi Charles- Alb^ Tarait fait honorer du titre de roi-chevalier. Deux «victoires à Peschiera et à Gotto inaugurèrent dignement cette dénominalioii d'honneur. Mais, au lieu de poursuivre Fen^ nemi en retmte, de l'empêcher de se reformer, d^attendre derrière l'Adige les renforts que rAotriche envoyait au maréchal Radetzki, Charles-Albert perdit des maments précieux à feirele blocus de Mantoue.

Ce fut là que Garibaldi eut à se présenter au quartiergénéral du roi de Piémont pour lui offrir son concours.

On était alors en juillet 1848.

En arrivant en Italie, Garibaldi n'y. avait pas débarqué en héros inconnu. Son nom y était déjà populaire. Les exploits du valeureux champion de la guerre de rUruguay avaient rappelé ceux du hardi guérillero de la Montagne Noire, et cette sorte de prestige légendaire qui groupe Tattention et la sympathie autour d'un nom, avait commencé à se grouper autour du sien. Dès 1846, pendant qu'il combattait au loin pour une cause qui n'était pas celle de sa patrie^ Florence, au nom et avec les dons de Tltalie, lui avait voté une épée d'honneur sur la lame de laquelle l'artiste avait écrit :

TREMPÉE DANS LES LARMES DES ESCLAVES t

Sondébai*quementen Italie, avec ses braves hommes rouges, avait tous les caractères de ces aventureuses expéditions d'un autre âge, mêlées à la fois de romanesque et d'héroïsme, où de hardis chevaliers volaient à quelque conquête sans autre titre que leur valeur, leur audace et leur bonne lame. Aussi avait-il ajouté au prestige de son nom, et sa popularité s'en était accrue d'autant.

Dans de telles conditions, ce secours qui arrivait à la cause italienne avec tout l'éclat prestigieux d'une véritable aventure, n'était pas à dédaigner, par cela seul qu'il frappait à la fois les esprits d'étonnement et d'admiration. Cependant il le fut, du moins dès le début.

À ce moment, les chances qui devaient ^fisurer h

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salut de la cause italienne s'étaient évanouies une à une.

 Rome, le pape, confinnant ou démentant chaque jour ses engagements de la veille, commençait à être plutôt un embarras qu'un soutien. Dans la Vénétie, r Autriche avait reconquis toutes les provinces, et Venise seule résistait encore. Dans la Lombardie, l'armée autrichienne avait reçu du renfort : la liberté de communications avec l'empire était rétablie, et à l'enthousiasme qui avait accueilli Charles-Albert, commençait à succé-^ der un désappointement marqué.

Après s'être rendu compte de cette situation, Garibaldi avait mis à la voile pour Gênes avec ses légionnaires d'Amérique. De là il s'était rendu à Turin et s'était mis, avec les siens, à la disposition du gpuvemement. Il avait demandé un emploi actif et immédiat dans la guerre. Les ministres l'avaient envoyé au roi, alors devant Mantoue; le roi l'avait renvoyé aux ministres à Turin, et Taudacieux patriote, qui avait eu tant d'impatience à combattre les Autrichiens, voyait, au moment où la lutte était ouverte, son bras paralysé par un roi qui n'osait ou ne voulait pas accepter l'offre d'une épée qui n était pas sans valeur.

Charles- Albert avait fait bien des fautes dans cette guerre. Ce refus fut une faute de plus. Au temps de revers, il lui valut cette rude apostrophe du général d'Aspre, l'un des premiers généraux de l'Autriche :

<i U homme qui de tous aurait pu le mieux servir votre cause, vous n^avez pas su le reconnaUre, et cet homme cest Garibaldi. »

Ce mot^ dans la bouche du général d'Asf^e-, est

dWtasit|)iluB caractéristkpie, qw, pendant toute oette guerre, il eut à lutter oontre Oaribaldi et put personnettement l'apprécier,

Le mobile qui, des plages de VÀmérique, avait jeté Garibaldi sur lés côtes de Tltalie insurgée au nom de sa nationalité, était trop noble et trop généreux, le caractère de Tardent patriote était trop indépendant et trop fier, pour ne 'f>as se tr6uver cruellement froissé de se voir ballotté comme un <^jet sans pfrix.

Indigné de voir si peu «4)préoiée l'offre d'une épée qui n'était pas sans valeur, il fiit l'offrir à Milan, où la lutte contre l'Autriche était plus énergiquement engagée que dans les oonseiU du roi.de Piémont.

Là on raocueillit avec transport. Avant même qu'il eût form\ilé nti deïnande, le comité de la guerre, qui s'était formé pendant la batalle des Cinq-Jours, lui cKmféra l'autorisation de lever un corps de volontaires pour protégefr Bigame menacée par les Autrichiens. L'insCinot populaire, mieux inspiré que la politique royaile, répendit avec enthousiasme à son appel: Attirés fwr TînAuetioedieson nom, deux ou trois mille volontaires s'enrôlèrent sous sa bsanière, et l'Italie septenirioftato 6ui là le noyau d'ardents défenseurs, qui ne .•devaienik déposer les armes que les deroôers.

Mm à ))mne Oaribaldi fut-il parti de Milan avec son petit oofps de trois mille hommes, qu'ii y fut rappelé.

lie metif était d'urgence.

En effet, pendant que Charles-Albert avait mollement préparé de nouveaux plans de campagne qu'il ne se pressait paa d'exécuter, le maréchal Radetzki avait

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médité d'énergiques projets d'attaque qu'il avait immédiatement mis à exécution.

L'armée autrichienne avait repris sur tous les pointa l'offensive. L'armée piémontaise, après quelques succès à La Gorona et à Sonna, battue à la bataille de Somma-Campagna (26 juillet) , s'était mise en pleine retraite. Gharles-Âlbert avait demandé un armistice au maréchal Radetzki; qui l'avait refusé ; Milan était menacé. Garibaldi courut au secours de Milan.

Il n'en était qu'à quelques kilomètresi lorsque, dans la nuit du 4 au 5 août, Charles-Albert signa la capitulation de Milan.

Au jour de cette désastreuse capitulation, l'armée nationale italienne comptait quatorze mille volontaires et vingt-huit mille soldats de ligne, disséminés du Tyrol auP6.

L'occupation de Milan par les Autrichienas eut lien le lendemain. Malgré cela, cependant, l'Italie septentrionale résista quelque temps encore. A Côme, à Bresda» la population, soutenue par la garnison piémontaise^ marche, Vévèque en tête, contre les troupes autriohiennes. A Bergame, Garibaldi engage la lutte contre le général d'Aspre, bat ses colonnes isolées, le& harcèle, leur dispute tous les passages. Il n'a qu'une poignée d'hemisKes, mais il en recrute en marchant.

«^ Vous n'avez pas d'armes, dit-il aux paysans; prenez v€6 iàux , vos coutres de charrue, ves haches, et suîvez*«moi*

Et tous s'arment comme ils peuvent, ettous le suivent

CaateHetilQ, Lueivo, Statîo, La¥e7n£s S^iqpOj Meraz-

zone, le voient successivement, tenant télé à des forces supérieures. Sur le lac Majeur, il s'empare de deux pyroscaphes autrichiens, s'y embarque avec sa troupe, descend le Tessin et. vient battre une colonne ennemie qui le croyait à vingt lieues de là. Sur les hauteurs et le territoire de Varèse , il tient tête pendant plus de vingt jours h toute la division d'Aspre. Acculé dans une petite bourgade aux murs délabrés, il s'y retranche, s'y laisse assiéger, et harcelant les assiégeants par des sorties de jour et de nuit, ne leur laisse ni paix ni trêve.

Dans ces jours de lutte ardente et passionnée se révélait en Garibaldi l'homme d'action et de pensée : l'homme d'action dont la vaillante et aventureuse existence rappelait ces brillants paladins d'un autre âge, avec leurs chevaleresques exploits ; Thomme de pensée qui y au fond de ces grandes luttes patriotiques et a travers l'épaisse fumée de la poudre,voyait, comme derrière un voile, l'indépendance et l'unification de sa patrie. Pour qui le voyait dans ce moment, chargeant l'ennemi au grand galop de son cheval, à la tête de ses cavaliers, au fameux manteau rouge flottant au vent, il apparaissait dans toute la réalité de cette forme légendaire et au pouvoir fatidique dont l'avait doté l'ardente imagination des populations de ces contrées. Derrière les murs délabrés dont l'ennemi cherchait à le déloger, c'était toujours le même homme, avec son allure fantastique, sa fiévreuse activité, sa prodigieuse bravoure, courant d'un combat à l'autre, le regsurd enflammé, la joue en feu ; se retranchant successivement de derrière un mur qui croulait sous le canon, à l'abri d'un retranchement im-

provisé, une barricade, une maison en ruine ; voulant partout le combat, se faisant arme de tout, fer, plomb, bois, feu, pierre, sans que la pensée lui vint jamais.de

Et son Annita donc I Ânnita^ la vaillante Brésilienne, que les soins de la maternité avaient quelque temps tenue éloignée du champ de bataille, mais qui, aux jours de crise, ne manquait jamais d'y apparaître pour avoir sa part de périls et de gloire. Après les longues heures de fatigue ou de lutte, si Garibaldi prenait quelques instants de repos, c'était elle qui le remplaçait. Les soldats écoutaient sa voix comme celle de leur chef ; ils lui obéissaient comme à lui. Quand ils la voyaient au milieu des tourbillons de fumée, bravant les éclats de la mitraille, franchissant sans pâlir, soit à pied , soit sur son petit cheval noir, de larges brèches ouvertes, encombrées de cadavres, de tronçons mutilés, de blessés jetant des cris de douleur ou des râles d'agonie, ils croyaient voir une de ces apparitions mythologiques qui, dans les vers des poètes du vieux monde, quittaient assez souvent TOlympe pour venir se mêler aux combats et aux passions des hommes.

Tout, du reste, dans ce fameux corps de volontaires garibaldiens, avait une allure excentrique, un caractère de fanatisme patriotique qu'il eût été difficile de trouver ailleurs plus prononcé que là. Pour uniforme, ils avaient le costume du montagnard calabrais : vaste ceinture, guêtres et chapeau, le tout surmonté du manteau rouge qui leur avait valu le surnom de diables rouges. La manière dont Garibaldi les enrôlait avait quelque chose

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de cette ferouche énergie, de cette noblesse sauvage qni rappelle lé langage des héros des sagas Scandinaves.

ce — J'ai à l'offrir, disait Garibaldi an votentalre qui ce demandait à s'enrôler parmi les siens ; j'ai à t'offirir, « pendant le jour, la chaleur, la Êrtigue et la soif; pence dant la nuit, le froid , la faim et un repos interrompu ; « le jour et la nuit, des périls et des combats ; mais, au a bout de ces souffrances, Tindépendance de la patrie. « Notre code se borne à deux mots : tout voleur est fùc( sillé sans pitié ; les désobéissances , tes actes de vioa lence et de cruauté sans motifs sont sévèrement punis. « Par le seul fait de ton admbsion dans nos rangs, tu es « proscrit et condamné ; si tu te laisses prendre, ce « n'est pas la prison, c'est la mort qui t'attend. Il te « reste donc l'altemative d'être fusillé comme un chien ce par un peloton de Croates ou de mourir le sabre au « pmng sur les cadavres des ennemis de ta patrie, aux « cris de : Vive C Italie ! €ela te va-t-îl ? Tu es des ce nôtres. »

Et, lui donnant une forte poignée de main, il comptait dans ses rangs un bon soldat de plus.

Si, à ces quelques faits de détail, on ajoute Tensemble de tous les incidents journaliers d'une guerre de partisans, combats, luttes, périls incessants, alertes, fatigues, marches et contre-marches forcées de jour et de nuit, embuscades au fond des ravins ou à l'embranchéinent des routes, retraites, fuites, retours, sommeil interrompu, repas irréguliers, on pourra se faire une idée de Texistence aventureuse, et totalement en dehors de la régularité de la vie militaire ordinaire, des compagnons

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de Garibaldi. Où comprend aidrs le prertige qui s'attachait à eux et à leur valeureux chef, le mystère de leurs opérations militaires jusqu'à letrr exécution; les mille bruits plus ou moins romanesques répandus à ce sujet, Tattente publique, les rumeurs excitées, leur téméraire valeur, leurs exploits chevaleresques, tout contribuait à les grandir, à les présenter aux imaginations ardentes des populations d Italie comme le type le plus complet du dévouement et de la bravoure patriotiques; tout motivait le surnom de diables rouges par lequel amis et ennemis avaient fini par les désigner.

Enfin, après vingt jours d'héroïque résistance dans cette bourgade où, avec quelques centaines d'hommes, Garibaldi avait tenu tète à toute uûe division, les vivres manquèrent ; il fallait se rendre ou se faire écraser dans une sortie. Tous les partis isolés qui, après la capitula-* tion de Milan, avaient pu tenir la campagne, étaient détruits ou dispersés ; lui seul tenait encore. Mais le moment de céder était venu.

Il monte à cheval, assemble ses compagnons, au nombre de trois ou quatre cents, sur la place d'armes ; Ânnita était à côté de lui :

— Enfants, leur dit- il, nous n'avons plus ni pain ni vivres I Nous ne pouvons pas nous manger. Il nous reste seulement deux moyens de sortir d'ici : nous rendre aux Autrichiens...

— Non ! non ! jamais I jamais ! dirent trois cents voix.

— Bien, enfants. Jamais ! Alors iî faut leur passet sur le ventre et leur prouver comment savent mourir

les derniers défenseurs de Tindépendance italienne. Vive ritalie !

Et les mêmes voix répétèrent : « Vive l'Italie ! » au moment même où l'Italie^ presque comprimée partout, ne vivait encore une fois déjà plus.

Cette scène se passait au milieu de la nuit ; la petite troupe s'ébranla sur l'heure.

Le hasard voulut que, cette nuit même, Fennemi projetât pour le lendemain une attaque générale qui, avec les forces dont il disposait, devait être décisive. Il avait calculé que la seule voie de salut pour Garibaldi, s'il abandonnait la bourgade, était de franchir le pont de Nantoli, à une petite lieue de là , de le faire sauter, et, par les montagnes, de gagner la Suisse. Dans cette prévision, il avait dressé une batterie masquée de quatre pièces à Tune des têtes du pont, et posté à l'autre tête deux régiments de cavalerie croate.

Le général d'Aspre, qui commandait la division autrichienne, avait deviné juste : c'était en effet le plan de retraite de Garibaldi.

Ignorant les moyens de défense accumulés par l'ennemi au deux têtes de ce pont, à une heure de nuit, Garibaldi s'y dirigea. Sa petite troupe marchait en silence, les fantassins prêts à monter en croupe des cavaliers au moment de la charge, si ce moyen extrême devenait nécessaire. Une ligne de quelques tirailleurs éclairait la marche de la colonne.

A peine était-elle à une demi-portée du pont qu'une forte décharge de la batterie vint la couvrir de plomb et de mitraille.

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— Aux pièces , enfants ! dit Garibaldi.

Et, avant que l'ennemi eût le temps de recharger, les pièces étaient prises et les canonniers tués.

La colonne s'engagea sur le pont ; mais, quelque courte qu'eût été cette première lutte, la détonation de rartillerie avait jeté l'alarme parmi les cavaliers croates, qui, arrivés là peu auparavant, se trouvaient encore en ligne et prêts à faire tête à l'ennemi.

Au mouvement qui se fit dans leurs rangs, Garibaldi s'aperçut que le passage était gardé et qu'il serait chaudement disputé. Il y prépara les siens par cette chaleureuse allocution : . .

c( — Enfants, leur dit-il , s'il nous faut mourir ici, « tuons le plus de Croates que nous pourrons : ce sera « autant d'ennemis de moins pour l'Italie. Que chacun « de nous combatte comme s il avait quatre corps pour « défendre la patrie et quatre âmes pour l'aimer. En « avant ! »

Les fantassins montent en croupe des cavaliers ; chaque cheval porte ainsi deux combattants. Tous, le sabre au poing, au grand galop de leurs chevaux, se ruent comme ime avalanche sur les Croates. Frappant détaille et d'estoc, à droite et à gauche, ils font, dès leur premier choc, une large trouée, et se fraient un passage à travers le régiment posté en première ligne. Restait le second. Là , un moment , Garibaldi et sa troupe sont cernés, enveloppés. Des coups de mousqueton partis des rangs ennemis les déciment. Partout, devant, derrière eux, s'élève un mur de sabres des Croates, la lame haute. On s'aborde, on se bat corps à corps. Au plus

aoa MÉMOIRES AUTHENTIQUES

fort de la môlée, le cheval ndr d'Ânnitd^ atteint d'un coup de feu, tombe et Tentratue dans sa chute. La courageuse fenokme se relève, et, d'un bond, saute sur la croupe du cheval de Garibaldi. Cet effort épuise ses forces. Garibaldi la voit pâlir et chancelerfLa soutenant d'un bras nerveux, il la met devant lui, en travers de son cheval, à demi-morte. Rendu plus furieux par cet incident, il se jette comme un forcené au milieu des rangs ennemis ; son regard étincelle ; son sabre flamboie autour de sa tête ; les rangs tombent devant lui. On eût dit le preux Lancelot emportant sa belle Genièvre à travers l'armée de la Douloureuse Garde. Les siens le suiveni. Après une lutte acharnée, mais courte, tant les coups qu'ils portèrent furent prompts et terriUes, ils parvinrent à franchir ce mur de sabres et de mousqueton», et, libres de leurs mouvements, ik purent gagner aa galop les montagnes.

Garibaldi n'avait pas abandonné son précieux fordean. Annita n'était q«'év&noiâe ; elle revint à elle, et la retraite continua sans autre incident à travers les Alpes.

S^ré de près par les Autrichiens, enfermé dans un triangle où ils le serraient chaque jour davantage ; ne pouvant^ avec une poignée d'hommes» tenir plus longtemps tête à une armée, il chercha un refuge en Suisse, et, sur ce terrain neutre, il attendit de jo^eilleurs jours.

Quelques niËDis après, il put rentrer em campa^^fin mars 1849, le roi Charles-Albert, après afvoîr dénoncé l'armistice oonclu, en août 1848, avec la maréchal Radetzky, avait repris les armes, et la guerre de Tindépen* dance italienne avait recommencé. *

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Comme une concession tardive au courage et a i^ prodigieuse popularité de Garibaldi, le roi de Piémont lui offrit le grade de général dans l'armée sarde. Le ûcr partisan, dont on avait d'abord , on Ta vu ^ refusé les services, déclina cet honneur et partit avec trois cents volontaires pour aller offrir son bras et son épée à Venise, qui continuait à résister vigoureusement à TAutriche.

Tl était déjà à Ravenne quand les nouvelles do Rome, où s'étaieul pressés les événements les plus grave"?, l'appelèrent il la déf(3nse de la ville où il avait eu ses premières aspirations patriotiques.

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