CHAPITRE XI
$jk chute de Venise. ~ Ordre da Jour de la Société nationale italienne. -^ Réponse de Garibaldi. — Il part pour rAmériqae. — Il devient fabricant de chandeUes k New-York. — Son. arrivée k Lima. — Ses voyages. — ^ Son retour. — Llle de Gaprera. — Le nouveau Cincionatus. — Appel aux , -* La guerre.
Après ranéantissement et la dispersion des légionnaires de Garibaldi, après la chute de Venise, qui les suivit de près (24 août 1849)^ l'Italie poussa un long cri de douleur.
Elle avait fait les efforts les plus énergiques, les plus désespérés pour s'affranchir de la domination autrichienne.
Écrasée par le nombre, elle crut à son impuissance.
Un immense découragement s'empara d'elle.
Elle se rappela vingt siècles de gloire et pleura la perte de ses espérances de liberté.
Les quelques hommes de cœur assez forts pour ne pas se laisser aller à ce morne désespoir comprirent que t6i ou tard Theure de la délivrance sonnerait.
Mais ils pensèrent qu'il fallait dissimuler, sous les de-
hors de rindifférence , les élans généreux d'un patriotisme qui résistait aux coups du sort.
Ces âmes d'élite, sûres d'une régénération prochaine, attendirent Theure du réveil avec résignation et confiance.
 leur tète se signalait Garibaldi.
Depuis, le 30 mars 1849, le héros de Novare, le jeune et brillant soldat que Radetzky avait salué roi sur le champ de bataille, Victor-Emmanuel, avait prêté serment à la constitution.
Tous les abus du règne précédent tombaient un à un devant les réformes, dont il était le plus ardent instigateur.
Les idées libérales trouvaient enfin dans le pouvoir actuel une tolérance dont le régime qui n'était plus avait assez rarement donné ^exemple.
Aussi une association patriotique s'établissait-elle à Turin pour seconder, et pour activer au besoin, les vues généreuses du prince.
Elle était connue sous le nom de Société nationale italienne.
A peine Garibaldi eut-il touché le sol du Piémont que le comité de cette réunion libérale vota à l'unanimité Tordre du jour suivant :
« Le général Garibaldi a bien mérité de la patrie, < Sa ténacité dans les revers, jusqu'à ce qu*il se soit trouvé seul en face de Tennemi, sans un homme, est offerte en exeixq)le à toutes les générations italiennes présentes et à venir.
« Cette déclaration spontanée, témoignage unanime de la Sociiti nationale^ est destinée à prouver à tous ceux qui croient
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que toute grande peusée a un lendemain, que, dans les guerres où rindépendance d'un pays est en jeu, les plus terribles échecs peuvent fort bien n'être que des haltes réglées d'avance dans les déaets étemels de la Providence. »
Cette marque éclatante de sympathie fut, pour l'illustre guérillero j une bien douce compensation aux souffrances sans nombre qui déchiraient son àme.
Après tant d'amertumes profondes, il se senlit comme ressuscité à cette pensée consolante qu'entre ses plus illustres concitoyens et lui il existait désormais pour toujours une indestructible communauté de sympathie et de patriotisme.
Aussi, imposant silence à son désespoir, faisant taire dans son cœur les déchirants souvenirs de sa chère Annita, crut-il de son devoir de répondre, toute affaire cessant^ à Tordre du jour de la Société nationale :
<c Oui, citoyens, disait-il dans sa lettre, quelque malheureuse qa'aôt été dans son issue cette première lutte de Fltalie, de son sein éoUyent jaillir de sublimes espérances.
« A la nation italienne, énervée en grande partie par des siècles d'oppresenlon, il fallait un grand cliquetis d'armes, un immense bruit de batailles, quelque chose de terrible qui secouât sa tcnpeur, comme ces furieux ouragans qui viennent de temps à autre, réveiller la nature endormie.
« La voix formidable du canon, l'édhio puissant de la tribune et de la presse, les refrains guerriers de nos chants nationaux, la marche accélérée de notre ardente jeunesse, se groupant, des Alpes à l'Etna, sous les drapeaux aux couleurs italiennes, pendant les quelques mois d'ihd^ndance nationale de 4 8&8 à 18&9, ctst aené* d'un bout à Fautre de la Péninsule» dès germes prédeux qui ne manquennxt pas d'édore quand la Provide&oe mm dit m 9à^ qui doit les féconder ; < Lève-toîl »
« L'indépendance nationale ne se peut conquérir en un jour.
« n faut, pour l'atteindre, de longs efforts, de grands sacri- " fices, de dures épreuves ; maïs, quand se sont déroulées ces heures de crise, qui ne figurent que comme des points imperceptibles dans la vie des peuples, le drapeau de leur émancipation se déroule de lui-même, flotte au gré des vents favorables et abrite leur glorieux avenir.
a Relisez sans cesse l'histoire l L'origine, la durée, l'issue des plus célèbres guerres de délivrance dont le globe ait été témoin doivent être pour l'Italie un grand enseignement.
c De 1308 à 1388, la Suisse lutte contre la maison d'Autriche; elle lutte contre la maison de Bourgogne jusqu'en 1576, et la bannière de l'indépendance arborée sur l'ossuaire de Morat n'a jamais été renversée depuis.
« De 1520 à 1528, la Suède, guidée par Gustave Wasa, combat le Danemark et devient une nation.
« Tout le XVI' siècle suffît à peine aux Hollandais pour triompher de, Philippe II et assurer l'indépendance des Provinces- Unies.
« Le Portugal proclame son indépendance en 16&0, mais il lui faut vingt-huit ans de guerres et la victoire de Villavidosa, en 1668, pour forcer Philippe lY à la reconnaître.
« De 1775 à 1783, de 1815 à 1815, les États-Unis tiennent tète à la toute-puissante Angleterre, et ce n'est qu'après quarante ans de combats qu'ils réussissent à fonder, dans l'Amérique du Nord, cette immortelle fédération de républiques dont le pavillon flotte aujourd'hui sur toutes les mers.
<c N'a-t-il pas fallu plus d'un quart de siècle d'efforts contre TEspagne pour rendre l'Amérique du Sud indépendante de la métropole ?
« La Grèce, enfin, secoue ses fers, verse pendant de longues années le plus pur de son sang, et, quand on croit ce sang tari, la voilà qui fait un suprême effort et devient une nation libre.
« Pourquoi l'Italie ne suivrait-elle pas ces nobles exemples?
Pourquoi ne joindrait-elle pas son nom illustre à tous ces illustres noms?
€ Pourquoi, lorsque dans ces divers pays la justice et le droit ont triomphé de la force brutale, n'en triompheraient-ils pas aussi sur le sol italien ?
« Comme partout ailleurs, les déceptions et les amertumes ont fait leur temps en Italie. L'heure du réveil va sonner pour notre nation : qu'elle s'apprête à profiter de tous ces beaux exemples ! que d'une voix unanime elle crie : n En avant i » et qu'elle ne se décourage pas !
c Gambàldi. »
Le comité de la Société nationale s'empressa de publier cette lettre^ et il fit bien. L'effet qu'eHe produisit fut imimense.
Le désastre de Novare avait momentanément étouffé le premier germe de l'unification italienne. Le nom de Garibaldi surgit de ses ruines et devint le mot de ralliement de tous les patriotes.
Ce nom avait, dès 1849, la signification qu'il devait avoir en 1860 : il était synonyme de persistance et de ténacité dans la lutte.
Le gouvernement piémontais, que l'Europe tenait encore presque en tutelle, en fut sérieusement effrayé. Peut-être pensa-t-il que, pour ce nom, l'heure fixée par les destins n'avait pas encore sonné.
Il fallut sacrifier à cette panique transitoire l'honmie dont l'ombre seule remuait la nation jusque dans la profondeur de ses entrailles.
Un avis ministériel enjoignit à Garibaldi d'avoir à quitter le royaume.
Le parlement s*en émut. Les députés crièrent à Toppression, à la violation du Statut fondamental.
Le cabinet passa outre.
Garibaldiaurût peut-être pu, en ce moment, feireun appel à ses amis politiques, et la lutte eût certainement recommencé, cette fois plus terrible que par le passé, car elle aurait édaté au cœur môme de la nation.
D'uA airtre oMé, l'Eiiiope murmiurait ( le gaaveraement piémontais n'agissait pas iMez vite au gré de la vieille poUtiqiie.
Garibaldi n'hésita pas.
Ce fut pour lui un instant a£freux. Toutes ses douleurs s'étaient réveillées. Il pleurait Ânnita morte et la patrie enchatnée.
Son parti était néanmoins pris : il s'éloigna.
Le comité voulut ouvrir une souscription ^n 48a faiveur. n refusa.
De nombreux patriotes lui offrirent des dons et des «ecours. Il refusa encore.
« Dieu, écrivit-il à ce sujet, m'a donné deux bras « pour aider mon pays et pour travailler. Quand je les c QDDipIoie au service de ma patrie, c est à elle de me « nourrir; quand j'aurai à demander ma subsistance au « travail, il ne me fera pas plus défaut qu'à tout « autre. »
Ce fut donc \ Toravre de ses mains que le béros de Montevideo et delà république romaine eut recours pour vivre.
Garibaldî n^êtait resté que quelques semaines dans
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les États sardes. Il s'était rendu à Nice auprès de sa mère et de ses enfants.
Quand cet homme énergique, si souvent éprouvé par de longs revei's, a besoin de retremper sa grande âme, c*est toujours dans les joies de la famille qu'il va chercher le calme dont il a besoin.
Garibaldi prit du service dans la marine marchande. On le vit bientôt apparaître successivement dans tous les ports de la Méditerranée, s'acquittant avec ardeur, avec assiduité de sa tâche, comme s'il n'avait eu jamais d'autres intérêts à défendre que ceux de ses amateurs.
liais ce laborieux gagne-pain vint tout à coup à lui manquer.
Ëtait-ce le malheur qui s'acharnait à ses pas ? D'invisibles ennemis avaient-ils juré sa perte? Nul ne lésait.
Le marin de la Méditerranée naviguait toutefois encore sous le del bleu de son pays i sur le pont de son navire^ il pouvait de temps à autre se laisser absorber dans la contemplation du sol natal.
Cette dernière consolation lui fut refusée.
n partit pour TAmérique du Nord.
En 1850, il était à New-York fabricant de ohan*^ délies, et son petit établissement avait pour voisin le débit de tabac de Joseph Avezztna.
De toutes ses pratiques, Garibaldi passait à juste titre pour la plus fidèle.
Dans ce séjour rien ne troublait le calme de Tindustriel improvisé ; il attendait patiemment l'heure de sa délivrance.
Un marin de ses compatriotes^ touchant aux Etats- Unis, vint visiter Tex-général.
a II le trouva, dit Léopold Spini, occupé à plonger et à replonger, dans une cuve de suif bouillant, de longues files de mèches étagées sur de courtes cannes de roseau. « Je suis heureux de te revoir, lui dit Tancien a guerrero, et je ne demanderais pas mieux que de te <c serrer la main, mais gare le suif ! Tu arrives néana moins dans un bon moment : je viens de résoudre (( un grand problème de marine qui depuis longtemps
«c me trottait par la tête d Et, après lui en avoir
donné la formule et la solution : « N*est-il pas étrange^ <( ajouta- t-il, que je Taie trouvé précisément au fond €t de cette cuve de suif? N'importe, je m'ennuie à ce « métier; je veux goûter encore de la mer; nous nous « reverrons. »
En 1852, Garibaldi se rembarque et il arrive à Lima*
Là, il est accueilli par une ovation sur laquelle il comptait peu. Une centaine de proscrits italiens qui avaient combattu pour la patrie en 1848 et 1849, et qui étaient exilés sur cette terre lointaine, attendaient à Lima le réveil de leurs espérances. Ayant appris Tarrivée de leur célèbre compatriote, ils coururent en foule à sa rencontre et l'escortèrent triomphalement au milieu de cris de joie, d*énergiques vivats, des manifestations de l'enthousiasme le plus sympathique.
Un de ses compatriotes, M. Denegri, riche armateur de la capitale du Pérou, lui proposa le commandement d'un navire en partance pour la Chine : il accepta.
Son retour dans l'Amérique méridionale ne se fit pas
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sans dangers ; mille incidents fâcheux le signalèrent. Il lui fallut tout son courage , toute sa présence d'esprit pour en triompher.
En 1854 y Garibaldi était de retour à Gênes sur un petit brick dont il avait le commandement.
Le gouvernement du Piémont, en paix avec T Aulriche, son incommode voisine, venait de secouer l'écrasante tutelle de la vieille Europe.
Victor-Emmanuel 9 prince libéral et progressif, se faisait remarquer, entre tous les souverains de cette époque, par ses vues généreuses et ses idées avancées.
De tous les héros de l'indépendance, Garibaldi fut le premier peut-être qui comprit que c'était en ce monarque à part que lltalie devait mettre toutes ses espérances.
Et, de son côté, la jeune cour de Turin cessa bientôt de craindre comme les autres Tinfluence de l'illustre guenUero.
Dès qu'il eut mis le pied sur le sol natal, l'intrépide aventurier ne se borna pas à donner publiquement son entière adhésion au gouvernement modèle qu'il avait sous les yeux ; il fit plus : il déclara voir en lui l'exemple et l'avenir de l'Italie.
Quant à la Société nationale, elle n'eut de cesse qu'elle ne se fût complètement ralliée aux idées de salut de son général bien aimé, et qu'elle n'eût exhorté les peuples delà Péninsule à l'imiter.
Les radicaux seuls, sous Timpulsion récalcitrante de Mazzini, l'ex-triumvir de Rome, restaient en arrière du
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mouvement qui poussait tou$ les «sp^its à se grou|)er 9utour de Victor-Emmanuel.
De 1854 à 1856, Garibaldi s'occupa peu da politique, et surtout de politique militante. Sa popularité continua néanmoins à grandir à vue d'œiL
En vain de trop ardents patriotes entreprirent-ils^ sur divers points, d'exploiter ,| dans l'intérêt commun» son ascendant irrésistible sans son aveu. Lui qui persi&tait à croire que l'heure de se mettre en avant n'avait pas encore sonné pour lui, adressa aux journaux, le 4 août 1854, une franche et loyale protestation contre tout ce qui, à son insu, se faisait ou se disait en son nom.
On lui confia le commandement d'un petit steamer qui naviguait entre Nice et Marseille, et, pendant deux années, il ne s'occupa que de ce service et des intérêts de sa petite famille.
Les bénéfices que, dans cette courte période, il put réaliser par son travail, joints à ceux qu'il avait dus à ses quatre années de grandes pérégrinations, lui créèrent une humble aisance, et il consacra la plus grande partie des fqnds qu'il avait si laborieusement gagnés à Tachât, 4ans nie de Gaprera, sur la cête de Sardaigne, d'une propriété modeste qu'il se mit à œltiver de ses mains.
Qui eût alors reconnu, dans ce campagnard obscur, un jour laboureur, le lendemain jardinier, penché du matin au soir sur son sillon ou appuyé sur sa bêche, le héros de Tindépendance italienxie ? La barbe et les cheveux longs, coiffé d'un chapeau de paille à larges bords, très-simplement vêtu, il s'était transformé comme par enckmtement, et de la m dgs c|^amp«&» d'ordinaire si
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tranquille^ si monotone^ il s'était fait tme enstenoe (A douce et qui semblait lui convenit si bien, que nul^ en le voyant, n'eût pu soupçonner qu'il y aurait jamais en en lui autre chose qu'un brave et honaète cultivateur^ sans orgueil et sans ambition.
Dans les moments de répit que lui laissait son ardeur patriotique, ce labeur rustique de tous les jours lui ap^^ paraissait comme la véritable destination de rbomme« Tout le reste n'était à ses yeux qu'une fièvre irrésistible, dans le tourbillon de laquelle chacun de nous est entraîné à son tour, trop heureux quand il arrive à trouver au bout de grandes et nobles choses.
« Non^ se disait-il dans les moments où son cœur était calme, il n'est pas de sort plus digne d'envie que celui d'un homme qui jouit d'une modeste aisance, qui vit sans ambition et sans envie, qui se contente d'un honnête revenu et ne désire pas le voir s'accroître !
a Si le bonheur est possible ici-bas, on le chercherait vainement ailleurs que dans la vie des champs. Mais ce que j'aime le plus dans cette existence modèle, c^est la liberté, ce bien inappréciable que toute âme généreuse doit le plus tenir à cœur de posséder dans ce monde ! »
Ainsi, dans ses éclairs même de douce philosophie, où, soit réflexion, soit résignation, il semblait transiger avec les mouvements impétueux de son âme qui le poussaient aux aventures et aux périls, les mots de liberté et d'indépendance venaient errer d'eux-mêmes sur ses lèvres, comme pour lui rappeler le but sacré de toute honorable existence dTiomme et de citoyen.
Quoique heureux dans sa retraite, le nouveau Cin-
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cinnatus se rendait fiévreusement à Nice^ â Gènes ou à Turin. Il restait membre actif de la Société nationale^ débattant avec lui-même^ au fond de sa solitude, la question réglementaire de réforme, voulant, à quelque prix que ce fùt^ l'Italie délivrée de la domination étrangère, mais s'attacbant avant tout à Tidée fondamentale d'unification, sans aucun parti pris de système gouvernemental.
C'est alors que rÂutriche, non contente de traiter en vaincus les peuples qui lui étaient soumis, prit une attitude menaçante vis-à-vis du Piémont.
En vain ses bommesd'Ëtat prétextèrent-ils la nécessité de mesures défensives en présence de l'agitation des esprits dans lltalie du nord : aucun doute ne put s'élever à ce sujet. La menace était évidente.
Mais, en dix ans, le Piémont avait changé d'aspect aux yeux de l'Europe.
Ce n'était plus l'état vaincu, n'obtenant son indépendance que grâce presque à la magnanimité de Radetzky,
C'était, au contraire, un pays qui, dans la dernière crise de TOrient, avait pesé dans la balance des intérêts européens de tout le poids d'une armée disciplinée et vaillante.
Aussi, la guerre probable entre le Piémont et TAutrîche ne s'offrait-elle pas aux regards comme le résultat d'une complication diplomatique. L'empire allemand commençait à comprendre que, grâce à cette force naissante, les idées de nationalité italienne auraient enfin un palladium, et que, pour couper court aux espé-
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rances nouvelles; il était urgent d'abattre la tête de ritalie.
La tète de l'Italie, c'était, c'est encore le royaume de Yictor-Emmanuel.
Puis, le cabinet de Turin présentait un de ces rares exemples de constitution libérale qui n'avait pas été violée une seule fois en dix ans.
La Péninsule entière avait les yeux fixés sur lui.
Garibaldi sentit que le moment était venu de se montrer.
Tandis que le comte de Cavour éclairait TEurope sur les turpitudes de la politique autrichienne^ Tltalie se réveillait en sursaut de sa léthargie de huit années.
Malgré la surveillance de la police, malgré la menace des tyrans de la patrie, des hommes sûrs, dévoués à la cause de l'indépendance, faisaient imprimer et circuler dans toute la péninsule le document suivant :