‹ Mémoires authentiques sur Garibaldi mis en ordreChapitre 20 sur 33 · INDEPENDANCE. — UNION · texte numérisé non relu

INDEPENDANCE. — UNION

{Cofmnunicatim Horète,)

La présidence croit de son devoir, dans Tétat actuel des choses, de répandre les instructions suivantes :

1*» Dès qu'éclateront les hostilités entre le Piémont et l'Autriche, vous vous insurgerez aux cris de Vivent V Italie et Victor'- Emmamtel I sus aux Autrichiens I

Si l'insurrection est impossible dans votre ville, les jeunes gens capables de porter les armes en sortiront et se dirigeront sur la localité la plus voisine, où l'insurrection aura déjà réussi ou aura des chances de réussir. Entre les cités environ-

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oâiites» voud choisireK la plus rapprochée do Piémont, et là <ta* vront se concentrer toutes vos forces disponibles.

3^ Vous n'épargnerez rien pour désorganiser et vaincre Far* mée ai^trichienne, en interceptant les communications, en rompant les ponts, en abattant les télégraphes, en brûlant les dépôts d'habillements, de vivres, de fourrages, en gardant eh otage les grands personnages au sdrvicè de Tennemi ot leurs familles.

&<" Ne tirez jamais les premiers sur les soldats italiens et hongrois ! Mettez tout en œuvre, au contraire, pour les déterminer à suivre notre bannière, et recevez comme des frères ceux que VOUS verrez prêts k céder à vos exhortations !

5<^ Les troupes régulières qui eiiibrasseront la cause nationale seront immédiatement dirigées sur le Piémont*

6* Là où rinsurrection aura triomphé, le citoyen le plus haut placé dans Testime et la confiance publiques prendra le commandement militaire et civil, avec le titre de commissaire provifoire pmtr lé rûi Yictor^Emmanuel, Ce titre il le conservera jusqu'à Tarrivée du commissaire envoyé parle gouvernement piémoniâis.

7* Le commisêaire pttmêoirû abolira les impôts qui pourraient exister sur le pain, sur le blé, etc., et en général toutes les taxes inconnues dans les États sardes.

8» Il fera par voie de recrutement une levée d'hommes de dixhuit à vingt ans, en raison de 10 par 1,000, âmes de population, et accueillera comme volontaires ceux de vingt à trentecinq ans qui ssrai^t diq>osés à prendre les armes en faveur de l'indépendance nationale; conscrits et volontaires, il les fera partir immédiatement pour le Piémont.

9" Il formera un conseil de guerre chargé de juger et de pmûr, dans les vingt-quatre heures, tous les attentats qui pourraient être commis contre la cause nationale ainsi que contre la propriété ou la vie des citoyens pacifiques. Il ne devra avoir aucun égard ni à la classe ni au rang auquel appartiendront les accusés. •Personne, toutefois, ne pourra être condamné par un conseQ de guerre pour des faits antérieurs à l'insurrection.

10* U ne permettra point qu^il soit fondé ni cercles ni jour-

xMkux politiques. 0 pubU^a, en revanche, un buUetin officiel des faits qu'il importera de porter kla conuaissance du public. -

11* Il destituera de leurs fonctions tous employés et magistrats opposés au nouvel ordre de choses, mais il procédera à leur égard avec infiniment de mystère et de prudence, n'agissant jamais que par voie provisoire.

- 13« n maintiendra la plus sévère, la i^ inexorable discipline dÉna te rangs de la milice, appliquant à chaque homme sous ses ordres, quel qu'il soit, les lois militaires en vigueur, se mon* trant înei^orable pour la désertion, et donnant à ce siûet des ordres sévères k tout chef de corps.

IS"" Il adressera au roi Victor-Emmanuel un état exact des armes, nmnitions, espèces qu'il trouvera dans les villes ou dans les provinces, et attendra les ordres de Sa Majesté à cet égard.

ik*" Usera autorisé à faire au besoin des réquisitions d'argent, de chevaux, de charrettes, de barques, etc. , laissant aux propriétaires des reçus de tout oli^et dont U aurait disposé, mais inflt* géant les peines les plus sévères à quiconque se hasarderait k commettre de pareils actes sans nécessité pressante et sans Uvrer en échange un récépissé en règle.

1 5<> Jusqu'à ce que se produise le cas prévu par le premier article de cette instruction, il devra user de tous les moyens en son pouvoir, afin de témoigner l'aversion qu'éprouve Iltalie pour la domination autriehienne, et les gouvernements inféodés au cab)« net de Vienne, ainâ que de son amour pour l'indépendance, ainsi que de sa confiance dans la maison de Savoie et le gouvemA* ment piémontais ; mais il n'épargnera rien en même temps pour éviter les conflits et les mouvements intempestif ou isolés.

Turin» Is V mars mu

pour le président:

Le vie^frêMenif

Ce document historique est remarquable par son éloquente simplicité. La signature de Garibaldi constate, aux yeux des ami*s de l'indépendance, que pour le héros italien l'heure avait sonné de courir au secours de la patrie.

Déjà devançant Touverture des hostilités, de tous les coins de la péninsule, des volontaires accouraient en Piémont pour offrir leur bras à leur pays.

On en trouva d'assassinés dans les rues de Milan. La police autrichienne avait eu Téveil.

Le gouvernement sarde, de son côté, pour régulariser la position de ses nouveaux défenseurs, autorisa la création d'un corps de volontaires.

On savait déjà à Turin, à Nice, à Gènes, que Tinstigateur de cette levée de boucliers, que Garibaldi devait être officiellement placé à la tête de cette nouvelle troupe. Mais le comte de Cavour attendait au dernier moment pour publier le décret royal qui devait investir notre héros des fonctions de major général.

Enfin il est connu le 4 avril. Mais il n'y est question que de Garibaldi. Le cabinet de Turin ne veut pas effrayer de sitôt la vieille Europe, en paraissant rechercher les services des hommes de 1848 et 1849. Il craint que la question d'indépendance, la seule qui soit en cause, ne revête aux yeux des esprits timides les proportions exagérées d'un problême révolutionnaire.

Cependant, avant même que cette i\omination fût rendue officielle, les volontaires journellement inscrits étaient dirigés sur Cossi et Saviglione, où on les soumettait au joug de la discipline et où on les dressait stu ma-

SUR OARIBALDL 3fl9

mement des armes et à la manœuvre^ où, sous le commandement de Garibaldi» on les enrégimentait enfin dans le corps des chasseurs des Alpes. Chaque jour ils étaient exercés et passés en revue.

Le petit corps d'armée de notre célèbre condottiere eut pris bientét des proportions considérables. La jeunesse intelligente de Florence, de Parme» de Modène, de Milan émigrait en masse pour accourir à son camp.

L'aflQuence devint même si grande qu'il fallut accroître les cadres de la légion des chasseurs des Alpes et en créer, sous la dénomination de chasseurs des Apennins^ une seconde qui obéit aux ordres du célèbre défenseur de Venise, le général Ulloa.

La mission de cette nouvelle phalange était de protéger les États de l'Italie centrale, dont le soulèvement avait conmiencé.

La situation se dessina chaque jour plus nettement des deux côtés à la fois : les cadres du corps de Gari* baldi se formaient officiellement; M, Nino Bixio, fils d'un ancien ambassadeur, était nommé major, et le major Garrano, chef d'état-major des chasseurs des Al-pes.

De sa part, l'Autriche commençait à moins garder de méns^ement. Sans se déterminer à prendre encore Toffensive, elle armait à la hâte toute sa frontière, et emplissait Pavie et Milan de troupes fraîches. Enfin Fatchiduc Maximilien, qui venait de prendre le commandement de l'armée, s'occupait sérieusement déjà de la formation de son état-major.

Le 22 avril, un décret du roi de Sardaigne complète

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rélat-ihajor de GarIbaWl. Outre M. Ca*irano, fi èS côtepose dû Capitaine Gennî, ^us*^clief d'état-'lnijor^ et de M. Gurti, capitaine i MoAtatiari; Ueutenaht; B0Vi| soUblieutenant, tous ayant cotîlbattu avec Gàr3)âldi eii 1848 et i849.

Ouelqties jourd aprèd jpaifàlit un tttahifeste de trançois^ Joseph^ adreâs k ses j[)eu][>les. Dans ce cutieUJt dbeil-^ inent, lé jëUiie empereur lew explique Catëgbiiquemetit que, le^iéibdntfa'ayànt pas Vbùlu désàtiher^ il s'était Yù forcé de donner à ses trôUt^es VàMïé dé ^kiÊét là frontière.

Ce motif ^péciëùî avait ôUfâ ft rÀutribbe poûf prett^ dre Toffensive.

Le 29 avril, à troià lieu)res, ses trbUpëé ëtitrèrèni sur ié territoire pièmohtaiâ.

La guerre avait commencé.

Quant à là Sbdèté nationale Uatienne, elle tif ut devoir cesser toute raison d'être, dès que lé gouvernement pîémontais eut bffidellemenf reconnu la compoàîtioti de& cadres de là légion de Garibaldl^ et que leé 6hâimiMré& eurent confié là dictature au rDi Victbï^-ËttuhâïKrèly pendant toute la durée de la guerre^ tant sur ses Étatâ de Piémont et Sàrdaîgtiè que sur les tbttitbif es de lltalie centrale alors eh t^volutioïi, et sur ceux qui n'às]^ïkietit qu*au moment d'èchappér auX éerfesde rÂUttiehë. , toici quelle avait été la ôônclusioû de sbn sédrétâirt^ It. Là Farina, daUs là séance de clôture du âY août i

« Nô\iâ liVôtiè voulu grouper toutes les forcés tîfe* de l'Italie en mariant Tinsurrection italienne à Tàrmée du Piémont. €et hytùen est consommé maintenant; et la

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dictature que nous avons proposée a été décrétée par les représentants de la nation. Notre œuvre est donc terminée.

« Au nom du comité central, je confie les destinées de ritalie au gouvernement du roi-chevalier.

a Le moment est décisif. Silence et action ! mais action sage, forte et constante ! Unissons-nous tous, roi et peuple ! Unis, nous serons forts ; forts, nous serons libres ; libres et forts, nous serons enfin Italiens. Vive Victor-Emmanuel ! Vive l'Italie! »

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