‹ Mémoires authentiques sur Garibaldi mis en ordreChapitre 5 sur 33 · ARMÉE D'ITALIE · texte numérisé non relu

ARMÉE D'ITALIE

OBDRB DU JOUR.

c Soldats,

€ Je viens me mettre à votre tête pour vous conduire au ccrnibat. Nous allons seconder la lutte d'un peuple revendiquant son indépendance, et le soustraire à Toppression étrangère. C'est une cause sainte, qui a les sympathies du monde civilisé.

c Je n*ai pas besoin de stimuler votre ardeur : chaque étape vous rappellera une victoire. Daqçi la voie sacrée de l'ancienne Rome, les inscriptions se pressaient sur le marbre pour rappeler au peuple ses hauts faits ; de même aujourd'hui, en passant par Mondovi, Marengo, Lodi, Castiglione, Arcole, Rivoli, vous marcherez dans une autre voie sacrée, au milieu de ces glorieux souvenirs.

c Conservez cette discipline sévère qui est l'honneur de l'armée. Ici, ne l'oubliez pas, il n'y a d'ennemis que ceux qui se batr tent contre vous. Dans la bataille, demeurez compactes, et-n'abandonnez pas vos rangs pour courir en avant. Défiez-vous d'un trop grand élan; c'est la seule chose que je redoute.

c Les nouvelles armes de précision ne sont dangereuses que de loin ; elles n'empêcheront pas la baïonnette d'être, comme autrefois, l'arme terrible de l'infanterie française. .

c Soldats, faisons tous notre devoir, et mettons en Dieu notre confiance ! La patrie attend beaucoup de vous. Déjà, d'un boqt de la France à l'autre, retentissent ces paroles d'un heureux augure : La nouvelle armée d'Italie sera digne de sa sœur atnée!

c Gênes, 12 mai 1859.

« Napoléon. »

Tout était prêt pour frapper prochainement ^n grand

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coup.. Ugb vaillwte armée était disposée à verser don sang pour assurer Tindépendance de la nationalîté ita«lienne.

Dès le 2 mai, les troupes françaises accumulées à Gènes et à Turin commencèrent à partit, régiment après régiment» vers le quartier général, lés uns par le chemin de fer, les autres par la route ordinaire.

Rien au monde de plus pittoresque que Tindescriptible désordre de cette armée en marche, sac au dos, chargée de vivres pour huit jours; les soldats, régiments de lignO) zouaves, turcos, tirailleurs d'Afrique, artillerie, cavalerie, sapeurs du génie, toutes les armes, tous les uniformes défilaient, les uns au son du tambour ou du clairon, les autres à volonté. Des flots de peuple bordaient les villes, bourgs, villages, routes, et jetaient à Tair leurs cris d'enthousiasme et leurs ev viva! Sur tout le parcours des enfants se relayaient de village en village pour aider les soldats à porter leur sac ou leur fusil. Çà et là, sur la pente boisée de quelque monticule, stationnaient des bataillons Tarme en faisceau ; c'était une halte, un bivouac, un camp. Ici le roulement prolongé des tambours ; là le son aigu du boule-selle du claiiron. Après chaque régiment, les fourgons des cantines, des voitures, des mulets chargés délits, de tentes, de sacs de farine. Après eux» des files de charettes en-

combrées de provisions; puis des caissons d'artillerie ; puis des canons; ici une foule immense qui suivait la foule armée ; puis encore, après tous ces ré$[imentSy d'autres régiments, après tout ce bagage, d'autre bagage, après cette foule, d'autre foule; le tout formant un va-et-vient, un roulement de choses, un bourdonnement de sons et de voix à donner le vertige. Et les chants donc ! Après la partie pittoresque c'était la partie héroïque de cette armée en marche allant à la guerre sainte. Ici des soldats avaient entonné la Marseillaisey ce chant qui a des moustaches y comme disaient les héroïques phalanges d'un autre âge :

Allons, enfants de la patrie.

Le jour de gloire est arriyé...

Plusloin, ils chantaient l^iCasquette du père Bugeaud^ ce franc rire de bivouac d'Algérie, qui doit son origine à une si plaisante distraction de l'illustre maréchal :

As-tu vu la casquette, La casquette?

As-tu TU la casquette Du pèreBugeaud?

Quelques-uns, réfléchissant à la cause sainte qu'ils allaient défendre, pénétrés de tout ce qu'avait d'héroïque et de sacré l'auguste mission qu'attendait la France de leur courage, se voyaient justement jouer le rôle imaginé par Lamennais pour son soldat idéal et répétaient avec le célèbre écrivain :

c — Jeune soldat, où vas-tuî *- •

« — Je vais combattre pour la justice, pour la sainle cause des peuples, pour les droits sacrés du genre humain.

« — Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

c Jeune soldat, où vas-tu?

« — Je vais combattre pour délivrer mes frères de l'oppression, pour briser leurs chaînes et les chaînes du monde.

c — Que tes armes soient bénies, jeune soldat!

« Jeune soldat, où vas-tu?

c — Je vais combattre pour que les pères ne maudissent plus le jour où il leur fut dit : Un fils vous est né ; ni les mères celui où elles le serrèrent pour la première fois sur leur sein.

c — Que tes armes soient bénies, jeune soldat!

c Jeune soldat, où vas-tu?

« — Je vais combattre pour que le frère ne s'attriste plus en voyant sa sœur se faner comme l'herbe que la terre refuse de nourrir ; pour que la sœur ne regarde plus en pleurant son frère qui part et ne reviendra point.

€ — Que tes armes soient bénies, jeune soldat !

« Jeune soldat, où vas-tu?

€ — ie vais combattre pour chasser la faim des chaumières, pour ramener dans la famille l'abondance, la sécurité et la joie.

€ — Que tes armes soient bénies, jeune soldat!

c Jeune soldat, où vas-tu?

« — Je vais combattre pour rendre à ceux que les oppresseurs ont jetés au fond des cachots, l'air qui manque à leurs poi-« trines etla lumière que cherchent leurs yeux.

« — Que tes armes soient bénies, sept fois bénies» jeune soldat! ».

Tout cela était vrai, et jamais programme de guerre n*a été plus saint, si jamais programme a pu aHoblir et sanctifier la guerre aux yeux de Dieu.

Un mot maintenant sur là positidii des deuk airmée» au début de la guerre.

Les Autrichiens avaient, dès le 29 avril, porté le théâtre de la guerre sur le territoire piémontais. Depuis le Tessin jusqu'à la Dora-Boltea^ ils s'étaient emparés de toutes les défenses de la rive gauche du Pô, où ils B'étaient concentrés. La faiblesse numérique de l'armée piéinontaise Tayant forcée de se replier pour y attendre ia jonction de Tarmée française, au 10 mai, le front offensif des armées alliées figurait une ligne brisée s'étendant depuis Yvrée où elle s'appuyait aux derniers contreforts des Alpes de Savoie, jusqu'à Gênes, en suivant le cours de la Dora-Baltea, celui du Pô depuis Verrue jusqu'aux environs de Cambio, la Scrivia et les Apennins de Gavi à Gênes.

Tout irrégulière qu était cette ligne, sa force consistait dans l'angle formé à son centre par le Pô et le Tanaro, et où rénnemi, dans Un espace de M kilotnètres, rencontrait l'obstacle de deux rivières et de trois places fortes, Cazale, Valence et Alexandrie.

Cette position était d'une défensive excellente, et il y avait des difficultés très-sérieuses à vouloir forcer une armée concentrée, appuyée à ces trois places.

D'autre part, le cours inférieur de la Dora-Baltea était couvert de retranchements, et l'ennemi ne pou-

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Tait s'avancer contre cet obstacle par la rive gauche du Pô qu'en laissant sur son flanc et sur ses derrières Tarifée franco-italienne massée vers Alexandrie et n^s^ttressedec) débouchés de Çaa^lç et de yalenisi^

Une dernière psirtie du front de défense de l'armée ciliée çoHtprei^jt la Scrivia et les Apennins jvsqu'à Gènes, et cett^ portion de leurs lignesacquér^dt iine importance considérable d^ns <Jles circonstances qui fai^saient de G^pes ]a principale base de leurs opérations.

Tel était le terraii^ sur lequel était engagée la lutte, et sans cette connaissance préliminaire, il eût été peu facile de se rendre cQmp|e des premières opén^lions que nous allons résumer.

Le 29 avrils on l'a vu, les Âutrichieus, au nombre de cent mille hommes^ avaient franchi le Tessin sur trois colonnes, à Pavie, à Abbiate-Grosso, àAncône sur le lap Majeur et s'étaient avancés sur Mortara, Yigevano et Novare j les avant-postes piémontais s'était repliés en inondant le paysan moyen des écluses et des rizières, et le i'^ mai les colonnes françaises avaient coiçmeocé à déboucher de Suze et de Gènes.

Ces inondations retardent la marche des autrichiens, mais pe les arrêtent pas. Ils franchissent la Sesia^ s'avancent pai: la rive gauche du Pô, et un quatrième corps franchit ce fleuve à Carte-Olona et s'avance sur la rive

droite par Stradella; tandis que deux des premiers corps essaient de forcer le passage du Pô, l'un vers Frassinnetta, et l'autre celui du Tanaro vers Gambie.

Ceci s'était passé du 29 avril au 4 mai.

L'attitude des Piémontaîs à Frassinnetta, Tarrivéed un corps français sur la Scrivia, forcèrent les Autrichiens à renoncer à leur tentative, et ce mouvement offensif contrôles positions de Tannée franco-sarde échoua.

Les Autrichiens n'ayant pas su profiter, pour forcer les lignes sardes, du premier moment que les Français n'avaient pas encore rejoint leurs alliés ; ayant échoue au second moment lorsque lesdivisions françaises, expédiées en toute hâte par les Alpes et la voie de mer, avaient besoin de quelques jours pour se former et entrer en ligne, ils avaient peu de chance d'y parvenir désormais. Alors une pointe heureuse de l'armée autrichienne sur Alexandrie ou sur Turin serait devenue à peu près impossible. L'Autriche avait laissé passer le moment favorable de l'attaque.

L'armée française était dirisée en cinq corps : quatre sous les ordres des maréchaux Baraguey-d'Hilliers, Canrobert, Mac-Mahon et Niel, opéraient en Piémont avec la garde impériale commandée par le maréchal Regnault-de-Saint-Jean-d'Angely. Le cinquième corps, sous les ordres du prince Napoléon, s'organisait en Toscane pour opérer isolément ou de concert avec les autres, suivant les circonstances. Vingt-huit généraux de division et soixante généraux de brigade étaient attachés à ces divers corps.

Oaribaldl et mem torpthtrmmem «ar le haut VeeslB. — Combei 4e Monielielle.

Pendant que s'achevait cette organisation de Tarmée ^r le bas Tessîn, sur le haut Tessin avaient lieu des événements qui allaient singulièrement faciliter les opérations des armées alliées.

Un homçae dont toute la vie n'était qu'un long dévouement à la cause de Findépendance italienne^ Joseph Garibaldi, par une pointe des plus hardies, passant le Tessin le 20 mai, s'était aventuré dans un pays encore occupé par les Autrichiens, à la tête de sept ou huit mille volontaires.

La troupe de braves qu'il commandait portait le nom de chasseurs des Alpes, et cette brave et aventureuse bande continuait ses succès sur le haut Tessin, lorsqu'une dépêche télégraphique, affichée le 21 mai à la Bourse, de Paris, annonça une première victoire de Tannée franco-sarde.

Voici ce qui s'était passé.

Par suite du contour que forme la chatne de TÂpennin pour embrasser le golfe de Gènes, cette chaîne remonte au nord et projette des contreforts qui viennent serrer le Pô de très-près depuis la position de Stradella jusqu'aux environs de Plaisance. Partout, sur ce point, le pied des hauteurs se rapproche du fleuve, formant une espèce de défilé long de plusieurs lieues. L'armée

autrichienne avait concentré là une partie de ses forces en avant de Stradella, la gauche sur les hauteurs, la droite le long du Pô, le centre sur la route le Plaisance semée de bourgs et de villages.

Au nombre de ces villages étaient Gasteggio, Ginestrella et Montebello, qu'occupait une brigade de cavalerie légère piémontaise, 2 à 300 hommes envirpn, 150 à Montebello, 50 à Gasteggio.

Le 20 mai, une partie de ces cinquante cavaliers avaient poussé une reconnaissance sur la route de Gasteggio à Stradella, lorsqu'ils se trouvèrent en face de forces autrichiennes formidables. Ils se replient sur Gasteggio pendant qu'un cavalier part en avant pour donner l'alarme. Le général de Sonnaz, qui commandait la cqivalerîe piémontaise, fait prévenir le maréchal Baraguey-d'Hilliers établi à plusieurs lieues de là, à Ponte- Corona. On rassemble au plus vite la division Fofey, dont les régiments étaient disséminés sur la route ^e Voghera à Gasteggio.

Pendant ce temps les Autrichiens avaient envahi Gasteggio, Montebello, s'étaient échelonnés sur toutes les hauteurs qui dominaient la route et avaient étabji leurs batteries sur des monticules qui }a prenaient en écharpe.

L'avant garde des troupes française arrive enfin. Elle se composait de deux cent cinquante hommes enviroq, commandés par le colonel Gambriel. Gette poignée d'hommes se porte au pas accéléré vers Montebello envahi par ^es masses autrichiennes. Là, un combat héroïque s'engage entre cette petite colonne et l'armée

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ennemie. Attaqué de tous les côtés à la fois, le colonel Cambriel forme ses hommes en carré et se défend fcomme un lion. Ses soldats tombent autour de lui; mais lès lignes du carré se resserrent au fur et à mesure qtie les ballet et les boulets y font des trouées.

Ce combat inégal dure une demi-heure sans que la petite troupe lâche pied.

Enfin la division Forey arrive à temps pour que celte poignée de braves ne soit pas écharpée. Cette division encore incomplète se composait des 74% 84* régiments, commandés par le général Beuret; des 91% 98% sous les ordres du général Blanchard, du 17'' bataillon des chasseurs à pied, et deux batteries : six mille hommes environ, qui se trouvent avoir en tête vingt mille Autrichiens ayant l'avantage du nombre et de la position. Pour comble de malheur, le sol détrempé ne permet pas au géiiéràl Forey défaire usage de son artillerie : il ne peut mettre en position que quatre pièces. Un coinbat acharné ^'engage. Les Autrichiens, qui ont pu mettre toute leur artillerie en position, lancent dans les rangs français des volées de boulets et de mitraille. Une résolution héroïque pouvait seule sauver les Français; ils la prennent. Se précipitant à la baïonnette sur les premiers rangs de Tarmée autrichienne, ils la culbutent. Em* 'portés par ce premier succès, ils entrent dans Montebello au pas de charge. Là ils trouvent des masses autrichiennes qui n'ont pas encore donné et qui leur opposent une vive résistance. Le combat recommence à la baïonnette : il fallut faire le siège de là bourgade, rue par rue, maison par maison. Enfin, après une

demi-beure de lutte acharnée, rennemi perd pied et se débande. Le village reste aux Français. Mais Tennemi s'est retranché dans le cimetière, et à tcavers les murailles percées de meurtrières, fait de nouvelles décharges. Là, au moment ou les Français grimpant pardessus les murs, délogent encore l'ennemi, une balle perdue vient frapper le général Beuret qui commandait la 1" brigade et qui tomba mort. Enfin l'ennemi chassé de toutes ses positions se débande alors et fuit. La cavalerie piémontaise, qui, pendant tout le combat, avait donné avec une rare intrépidité, sabre les derniers fuyards et fait des prisonniers.

Ce premier succès de Tarmée française inaugurait dignement la campagne.

C'était à ce même village de Montebello que, cinquante-neuf ans auparavant, le 9 juin 1800, les généraux Laimes et Walter, lieutenants du premier consul Bonaparte, avaient battu un corps autrichien venant de Gènes, et préparé le succès de la bataille de Marengo qui livra l'Italie à ]a république.

Immédiatement après ce beau fait d'armes de Montebello, commencèrent les opérations offensives de Tannée franco-sarde.

La retraite des Autrichiens, effectuée du 17 au 20 mai sur Mortara et Novare, et qui indiquait l'intention de* repasser le Tessin, détermina Tempereur des Français a commencer le mouvement offensif.

Dès le 21 mai, lendemain du combat de Montebello, les opérations de Tarmée franco-sarde ont lieu sur deux points principaux, au centre de leur ligne à Verccil, le

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long du cours delà Sésia, et à Textréme gauche, au delà du lac Majeur, dans la haute Lombardie. L'extrême droite, d'Alexandrie à Gasteggîo, n était un moment sortie de son inaction calculée que pour battre les Autrichiens à Montebello.

Pendant que Tannée piémontaise faisait des démonsrations sur la Sesia, Garibaldi, qui commandait les corps francssous le nom de chasseurs des Alpes, passait le Tessin à Sesto-Calcade, se jetait, on l'a vu, dans la haute Lombardie, battait une brigade autrichienne envoyée contre lui, et au succès dé cette vaillante petite armée, répondait l'insurrection des populations riveraines du lac Majeur et de la Yalteline.

L'ennemi, qui n'avait pu soupçonner une tentative aussi hardie, n'avait que peu de soldats dans ce pays montueux, et en quelques heures toute la province passa sous le drapeau de l'indépendance et régularisa l'armement des citoyens.

Garibaldi avait si parfaitement et si rapidement ac« compli cette mission, que Tannée franco-sarde, par un mouvement stratégique des mieux conçus, put prendre Toffensive sur le point où Tarmée autrichienne l'attendait le moins.

PrenlèrM o|^ratloB0 ottemmÈwem 4a« «lllés. « MaMIie terdie 4Le Vmrwmée frmne^HNirde 0ar I» s»a«lM des Aaêrlehleaui. -* Fas^a^e de I« Bemïm ei da TossiM.

Toutes les troupes parties de Gènes ou ^nivées de Turin depuis le commencement de la lampagne^

avaient été portées en masse sur la droite de Fai^iiiée, échelonnées depuis Alexandrie jusqa'à Casteggio, {lîetite ville posée en face deStradella^ quisuir la rive droite da P6y commande le passage des défilés liguriens. Sur là rive gauche du Pô, Tennemi avait suivi le ménie mouvement et s'était concentré vers Stradella^ dû il avait fortifié d'iinposantes positions pour disputer aux armées franc(H sardes le passage des défilés.

A peine l'armée autrichienne avait-elle exécuté ce mouvement, qu'un contre-ordre venu d'Alexandrie faisait tout à coup rebrousser cheniin aux quatre corps firanco-sardes postés sur la droite, et les reportait en toute hâte vers la gauche. En deiix jours, par uh moti^ ventent brusque três-hardi, et qui allait .être couronné du plus heureux succès, toute cette mâs^e répandue à Montebello, Voghera, Ponte-Carone, Yighinolo, Tortone, se trouvait par un à-gauche général concentré à Vercelli. Devant un ennemi trop faible pour lui disputer le passage, elle passa la Sesia le 29 mai. Débordant alors en Lombardie comme un torrent, sur un front de plu* sieurs mille de développement, elle s'empâte en trois jours de toutes les positions occupées par les Autrichiens, rend inutiles toutes celles qu'ils avaient fortifiées sur la droite» et le 4 juin, passe le Tessin en présence de l'ennemi coupé, cerné et èhveloppé sur sa gauche.

Deux brillants combats marquèrent ce hardi mouvement stratégique. Le 30 mai, le village de Palestre était enlevé par l'armée sarde à la baïonnette, rue par rue, maison par maison. L'ennemi est successivement chassé de toutes les positions où il se défend encore en

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b^ttapt en retraite. )1 faut avoir vu ce pays coupé de ruisseaux, de torrents, de rizièreS; de fossés, qui sont autant de petites fortifications, pour comprendre combien il était difficile de débusquer un ennemi qui, refoulé ici, se reformait là-bas, protégé à chaque pas par les mille accidents du terrain. Malgré tout, cependant, les bersagliers, troupe légère piémontaise, qui furent les héros de cette brillante journée, firent uno dernière charge à la baïonnette, et la retraite de Tennemi devint une déroute coipplète.

Combat de I?ale«tro. — I.o« souATefl.

Le lendemain 21, l'ennemi envoya vingt-cinq mille hommes pour reprendre les positions perdues la veille. L'armée sarde tint bravement tête à toute cette masse ; maiS; après l'avoir repoussée sur tout son front, elle vit un instant sa droite débordée. L'empereur, ayant alofs envoyé au roi le 3™' de zouaves, ce régiment fut chargé d'arrêter l'ennemi. Il éta^^ alors neuf heures du matin. I^es zouaves avaient fait halte un moment sur la droite du village de Palestre et s^r la rive droite d'un cauftal qui leur formait obstacle, lorsque quelques coups de canon, suivis d'ui^e fusillade assez vive, annoncèrent l'approche de reunemi.

Le colonel des zouaves fit prendre les armes à son régiment, fit déployer quatre compagnies en tirailleurs et forma le rieste en colonne d'attaque.

En ce moment une forte colonne ennemie, appuyée par de rartillerie, parut chercher à tourner la position ainsi que le village même de Palestre.

Tout le régiment des zouaves fut alors lancé contre les masses ennemies.

Après avoir franchi rapidement le canal qui était en avant d'eux, profond d'un mètre environ, les zouaves virent à 300 mètres se démasquer deux batteries autrichiennes pointées sur eux. Leurs cartouches étaient mouillées par suite du passage à gué du canal. Il ne leur restait d'autre alternative que de fuir ou d'avancer à la baïonnette. Rien d'imposant comme le moment où Ion entendit le cri répété dans tous les rangs : A la baïonnette I Le clairon sonne la charge au moment même où les canons ennemis vomissaient des blocs de mitraille. Sous le feu des pièces d'artillerie, qui les fauchaient comme des épis, les zouaves se précipitent en avant, arrivent sur les canoms, tuent les artilleurs ennemis sur leurs pièces et culbutent tout ce qu'ils rencontrent.

La colonne d'attaque s'élance de là sur le gros de l'ennemi, dans la direction du pont de Gofienza sur la rivière de la Busca.

Ce pont était fortement défendu ; mais rien ne peut résistera l'élan des zouaves*

Les Autrichiens, qui avaient imprudemment engagé une partie de leurs masses en avant de cette rivière^ furent violemment refoulés par le choc impétueux des assaillants. S'étant mis dans l'impossibilité d'effectuer leur retraite, ils furent presque tous anéantis.

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