‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 23 sur 52 · LE ROI DE SAXE A LEIPZIG · texte numérisé non relu

LE ROI DE SAXE A LEIPZIG

Lors de l'entrée des Souverains alliés dans Leipzig (19octo bre 1813), le Roi de Saxe s'était mis à la fenêtre de l'hôtel qu'il habitait pour les voir passer. Aucun des trois princes ne l'honora d'un regard.

Les trois monarques se réunirent chez l'Empereur d'Autriche pour décider du sort de ce prince. Nous voulions lui assigner la ville de Prague comme résidence momentanée ; mais l'Empereur de Russie et le Roi de Prusse avaient déjà résolu de l'envoyer à Rer'in. Il fut convenu que les Souverains ne verraient pas le Rc de Saxe, et que je serais chargé de l'éclairer sur sa position «t de lui annoncer son sort. Je me rendis au palais du prince et fus introduit sur-le-champ. Le Roi était debout dans son salon, où il m'attendait; il me reçut avec affabilité. Je remplis ma pénible mission avec autant de ménagement que. possible. Le Roi m'écouta, non sans émotion, mais avec un air parfaitement résigné. Il dit quelques mots et chercha à me faire comprendre que sa position était

SUR LHISTOIRE DES ALLIANCES (1813 ET 1814). Kl

telle qu'elle lui défendait de prendre toute autre attitude. Je lui répondis qu'en ma qualité de chef du cabinet qui naguère lui avait tendu la main pour le sauver lui et son pays, je me croyais obligé de lui faire observer que tout son malheur n'était que la suite d une première faute. Le Roi voulut me remettre son épée. Je lui répondis que je ne pensais pas avoir le droit de l'accepter.

Pendant notre entretien, la Reine de Saxe entra dans le salon. En apprenant le but de ma visite, elle entra dans une violente colère. Elle me fit de vifs reproches de mètre déclaré contre la cause de Napoléon, qu'elle appelait la cause de Dieu. Je lui répondis avec calme que je n'étais pas venu trouver le Roi pour discuter ce point avec elle. Le Roi partit aussitôt après pour Berlin et Freienwalde.

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