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Après le souper, bal général dans tous les appartements

(8*2) Page 206. — En ce qui concerne la brouille assez longue que cette question amena entre l'Empereur Alexandre et le prince de Metternich, le lecteur trouvera de plus amples détails dans le Portrait de l'Empereur Alexandre. [Portraits de quelques contemporains célèbres, livre II, p. 315 et suiv.) L'Empereur François était franchement opposé aux prétentions de la Prusse sur la Saxe; c'est ce qui ressort des mots suivants, écrits par l'Empereur lui-même dans un petit billet en réponse à une courte demande de Metternich : « J'ai fait déclarer au Roi de Prusse que je ne consentirai jamais à la réunion totale de la Saxe à son royaume, et je me suis offert comme médiateur entre la Prusse et le Roi de Saxe. »

(83) Page 206. — Par suite de la guerre qui avait recommencé avec Napoléon, Metternich alla rejoindre l'Empereur François au quartier général, à Heidelberg. Sur ce voyage, qui le conduisit à Paris, nous avons une intéressante correspondance privée de Metternich, que nous communiquons au lecteur; on y trouvera une lettre adressée à Talleyrand et deux lettres à l'Impératrice Marie-Louise; les sept autres ont

été écrites à des membres de la famille du prince. Voir Voyage à Paris (R. D. 197-207).

(84) Page 208. — L'agent secret de Metternich était le baron dOttenfels, alors secrétaire aulique à la chancellerie d'État. Il avait reçu l'ordre de se rendre incognito à Baie, sous le pseudonyme de Henri Werner, et de s'y rencontrer à l'hôtel des Trois Rois avec laffidé de Fouché. A la place de ce dernier, ce fut un agent de Napoléon qui vint dans la personne d'un M. Fleury. Dès la seconde entrevue, la mystification devint si évidente, que les pourparlers furent tout simplement rompus. Les intéressantes instructions écrites pour Ottenfels, que le lecteur trouvera sous la rubrique : Mission dOttenfels à Bâle, démontrent clairement qu'il n'y avait rien moins qu'une entente entre l'Empereur François et Napoléon. (R. D. 195, 196.) Le jugement sévère porté par Metternich sur la manière dont cette question a été traitée par les historiens ne peut pas s'appliquer à Y Histoire du Consulat et de [Empire, par Thiers, dont le tome XIX, où il est question de cet incident, n'a paru qu'en 1861, par conséquent après la mort de Metternich. Dans cet ouvrage, le fait est raconté assez fidèlement ; cela s'explique peut-être par la circonstance que Thiers a puisé ses renseignements sur ce point à la véritable source, c'est-à-dire auprès de Metternich luimême. Encore dans les dernières années de la vie du prince, Thiers a adressé à ce dernier un giand nombre de questions, avec prière d'y répondre par écrit. Il s'y trouve notamment la suivante : « La mission de M. Werner (Ottenfels) à Bàle est certaine; quels en étaient l'objet et l'importance? Ce point a de la gravité, car cette mission, en brouillant Napoléon avec Fouché , eut des conséquences assez sérieuses. » La réponse que Metternich a pu faire à cette lettre de Thiers, qui porte la date de mai 1859, ne se trouve pas dans les écrits du prince.

(85) Page 213. — La description sommaire de la situation particulière de l'Empire d'Autriche ne permettait à l'auteur qu'une critique rapide et superficielle du règne de Joseph II. Nous allons la compléter et l'appuyer par un jugement plus

étendu que Metternich a porté sur ce prince. Il est emprunté à un écrit datant de 1849; voici comment il est conçu :

« Le règne si court de l'Empereur Joseph II porta le cachet d'un gouvernement exclusivement personnel; il fut dominé par l'influence de l'esprit philosophique du dix-huitième siècle, qui ne se révéla pas moins dans les résolutions spontanées de ce Souverain que dans les conseils des hommes qui entouraient sa personne. Sous le règne de Marie-Thérèse, le terrain manquait encore pour la propagation de théories philosophiques. Sans doute l'essor qu'elles prirent plus tard s'explique surtout par le caractère particulier de son successeur; mais l'exemple de Frédéric II et de Catherine II contribua aussi à faire marcher Joseph II sur leurs traces, hien qu à vrai dire ces Souverains ne fissent que se jouer des tendances philosophiques, dont ils savaient se préserver. A partir dujour de son avènement, l'Empereur Joseph II entra dans une voie qu'il poursuivit dans un sens tout autre que ne le comportait l'esprit des philosophes du dix-huitième siècle et des révolutionnaires de notre temps. Il ne songeait qu à fortifier le pouvoir central, qu'il s'efforçait de consolider en centralisant l'administration de l'Empire et en germanisant les races dont il est peuplé. Pour atteindre ce hut, l'Empereur s'entoura de conseillers dont il forma son cabinet, — institution gouvernementale calquée sur celle de Frédéric II, — où les hommes qu'il appela dans son conseil étaient tous bien plus avancés que l'Empereur dans les idées philosophiques du temps!

« L'action gouvernementale de Joseph II se divise en trois époques distinctes. La première, de 1780 à 1783, peut être considérée comme une période exclusivement remplie par des tentatives avortées; la seconde, qui dure également trois ans, fut consacrée à des réformes gouvernementales vraiment utiles; enfin la troisième, qui a la même durée, est marquée d'abord par la guerre avec la Porte, qui fut mal conduite et qui avait été entreprise au profit de la Russie plus que dans l'intérêt véritable de l'Autriche, puis par le revirement forcé du Souverain, qui se traduisit par le retrait de maintes fausses mesures prises dans le passé, surtout dans les premiers jours

de son règne. La dernière année de la vie de Joseph II est signalée par la révocation des décrets contraires aux droits constitutionnels des différents pays, qui avaient irrité les masses populaires dans les Pays-Bas, et fait naître en Hongrie le danger d'une révolte à une époque où la paix politique était déjà gravement menacée par l'explosion de la Révolution française.

« Si le règne tout entier de Joseph II a exercé une grande influence sur ses successeurs, la période qui eut les suites les plus considérables est certainement celle où l'Empereur désavoua les atteintes qu'il avait portées à l'antique constitution hongroise. Ce désaveu produisit l'effet d'un véritable changement de constitution, en ce que les résolutions prises par la Diète en 1790 et 1791, qui furent confirmées par celle de 1792, lors de l'avènement de l'Empereur François, introduisirent une nouvelle législation à la place de l'ancienne.

« En appliquant même à la Hongrie les idées de germanisation et de centralisation, l'Empereur blessa le sentiment national; en même temps il viola la constitution légale de ce royaume. Par là, il déchaîna le magvarisme et fit naître des velléités séparatistes chez le peuple hongrois. L'entreprise aurait-elle eu plus de chances de réussir si l'Empereur Joseph, au lieu de poursuivre son plan, tantôt par des voies directes, tantôt par des voies détournées, avait marché droit au but sans hésiter sur le choix des moyens; si, au lieu de se soustraire à l'acte du couronnement qui, d'après l'esprit de la constitution et les coutumes du pays , avait la valeur d'un principe de droit, il avait pris l'initiative d'une révision de la constitution existante; si enfin, au lieu de dissimuler ses idées de réforme sous des scrupules de conscience motivés par le serment du couronnement, il avait agi au grand jour, s'il avait proposé à la Diète ses projets d'amélioration, et si, dans l'intérêt bien entendu du pays, il avait ouvert un vaste champ à des réformes utiles? C'est une question que nous ne voulons pas examiner; il nous suffira, d'une part, de rappeler l'insuccès du système suivi par Joseph II; d'autre part, défaire ressortir les difficultés que l'Empereur a léguées à ses succes-

seurs sur le trône de Hongrie, précisément par cette conduite et surtout par les revirements subits de sa politique.

« Ce sont les premiers actes du gouvernement de Joseph II qui obtinrent l'approbation de tous les novateurs ; leurs suffrages restèrent acquis à ce prince même pour des actes postérieurs à la première période de son règne, qui n'avaient plus rien de commun avec ses tendances révolutionnaires de jadis, parce que ces mêmes approbateurs ne voulaient pas s'avouer que l'Empereur s'était détourné d'eux. La plupart des concessions qu'il fit à l'esprit du temps ne furent que passagères. La liberté de la presse notamment ne fut effective que pendant quelques mois. La licence, qui débordait sans contrainte, provoqua des mesures préventives plus rigoureuses qu'elles ne l'avaient jamais été même avant le règne de Joseph II. On peut en dire autant de l'abolition de la peine de mort, qui fut remplacée par des peines à côté desquelles la mort est un bienfait.

« Ce qui nous est resté de l'époque de Joseph II, ce sont, outre les conséquences morales de tant de tentatives avortées, quelques lois organiques d'une valeur incontestable. Le royaume de Bohême, où ces lois furent appliquées plus sérieusement que dans d'autres pays de la Monarchie, leur doit les progrès rapides et considérables qu'il fit par suite du règlement des rapports de dépendance, des questions industrielles et d'autres branches de l'administration. Mais c'est surtout dans l'organisation militaire que le gouvernement de Joseph II a introduit l'ordre et la vie, grâce à la direction du feld -maréchal Lascy; l'armée impériale a donné en toute circonstance des preuves brillantes de ces qualités nouvelles, à tel point que Napoléon lui-même regardait sa constitution comme la meilleure possible. Grâce à ces améliorations et à d'autres, on verra toujours sous un jour favorable un Souverain qui, bien qu'il ait été souvent égaré par des idées fausses, était pourtant animé d'un esprit créateur. Aucune de ses erreurs n'avait sa racine dans les idées subversives ; cela n'est contesté que par ceux qui voient dans ces idées mêmes quelque chose de méritoire.

«Joseph II se laissa guider par des principes autocratiques ; il voulait réunir dans sa main tous les éléments de la puissance et, à cet effet, écarter tous les obstacles dont les constitutions particulières des pays et la différence des nationalités qui se trouvaient dans son Empire embarrassaient son chemin. Libéral dans ses paroles et non dans ses actes, il ne l'était assurément pas dans le sens du libéralisme moderne. Ami de l'ordre, il chercha le moyen de l'affermir dans un pouvoir affranchi de toute entrave gênante. Dans tous les cas, Joseph II était plus organisateur que législateur. »

(86) Page 21 5. — La suite de l'Autobiographie est renvoyée, en raison des matériaux que nous avons sous la main, à la seconde partie de cet ouvrage, qui embrasse la période comprise entre 1816 et le mois de mars 1848.

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