II. — Formes
La sanction de la quadruple alliance doit avoir lieu entre les quatre Cours.
Communication confidentielle de l'acte qui renfermera cette sanction doit être faite au Roi de France.
L'établissement du concert diplomatique entre les cinq Cours.
La communication à l'Europe du fait de ce concert. Ad 1. La sanction de la quadruple alliance devra être consignée dans un protoco'e secret;
Ad 2. Le concert à élablir entre les cinq Cours exige :
no RECUEIL DE DOCUMENTS (1818-1822).
Une invitation à la France ;
Un protocole, qui ré<;lera le concert entre les cinq Cours ;
Ad 3. Une communication aux autres Cours pourra avoir lieu, soit sous la forme d'une déclaration des cinq Cours, soit sous celle d'une dépêche uniforme et circulaire des cinq Cabi- ;' nets à leurs ministres accrédités auprès des Cours d'Europe. '
Principes Justes.
502. Le traité de Gliaumont forme la base de la quadruple alliance.
Ce traité renferme des stipulations permanentes, et d'autres qui sont transitoires .
Les traités entre les quatre alliés , subséqueiits à celui de Chaumont, offrent la même différence dans leurs clauses.
Il s'agit aujourd'hui de maintenir : 1* les clauses permanentes de la quadruple alliance ; 2° le casus fœderis contre la France ; 3° de fixer les réunions sur le principe : a. De réunions périodiques, sauf à .convenir six mois d'avance
qu'il n'y a pas lieu de se réunir; h. De réunions extraordinaires provoquées par des intérêts
spéciaux.
XES RÉSULTATS DU CONGRES D AIX-LA-CHAPELLE. 303. Mémoire de Frédéric Gentz *. Aix-la-Chapelie, novembre 1818.
303. Ce n'est m par le nombre ni par l'importance directe de ses décisions que le Congrès d'Aix-la-Chapelle brillera dans les transactions politiques de notre temps. Il n'avait au fond
* Gentz a présenté ce Mémoire au prince de Metternicli en l'accompaj^nant des lignes suivantes : « J'ai esquissé pour mon nouveau correspondant (le prince Soutzo) les principales négociations d'Aix-la-Chapelle; c'est une sorte d'introduction à l'exposé que je ferai des travaux du Congrès. Cette «squisse se termine parles ob8er\'!ations générales que j'envoie ci-jointà Votre Altesse. Il se pourrait bien que Votre Altesse les trouvât un peu (rop elevée<: pour le jjoiiit de vue où Elle se jilace; c'est un peu mon sentiment à moi-même; mais il est difticile, en présence d'un aussi grand objet, de baisser le Ion vo*
i,i:s nrsri.i A'is vr roNr.nr.s daix-i a-( iiaimii r, (ikir). ni
(iiriiiic (|ucK(iitii à <léc.i(UM''\ il s ru <>»( lioiinrul>lciU(>iit ii('(|iiilté. La niofliMiilinii , 1)1 l)i(Mivî'illîin('c , la (li'licale.s>.r avec l<-s(|ii<'llcii <iu a fraitt- dans «'«'s (niift'rciiccs luiit »•<• (|iii s<; rapporlail ;) rëvaciialioM du (cii ihiiic IraiH-ais cl à iirir <|iiiiiilili' (!<• (Ii>.|n> sitions aciessoiirH , pniiirtnil servir de nioddl»; à <l«"> iM'jMtciatioiis liiliircs , et si la France ellc-nicine na pas assez rendu justice à CCS procédés, ils n'en resloronl pas mitins t;on.si{;ués dans ri»istt)ire.
Des considérations du plus {jrand poids déicndaicnt aux Souverains et aux ministres réunis d'aborder, sans nécessité urgente, d'autres sujets de discussion, de Jes aborder surtout dans des formes réjjulicres et officiel les. Mais tous ceux qui ont dû faire l'oljjetde leurs délibérations confidentielles ont été traités dans un esprit de paix, de justice et de sagesse, et pas une résolution n'a été prise, pas un prf>tocole n'a été si{jné, qui n'ait tendu à consolider l'ordre public, ou n cliercber des remèdes à des complications <]u\ pouvaient le compromettre.
Cependant, pour juger le Congrès d'Aix-la-Chapelle, ce n'est pas à ses résultats positifs et matériels qu'il faut s'arrêter ; il faut l'envisager dans l'ensemble de ses effets, dans l'ensemble des relations politiques et fédératives qu'il a établies ou essentiellement affermies, et dans l'influence que l'esprit qui l'a dirigé peut exercer sur les destinées prochaines et futures de l'Europe. Sous ce point de \'ue élevé, le Congrès d'Aix-la-
lontaii-ement. En tout cas, je crois qite Votre Altesse ne trouvera pas ces réflexions tout à fait indijjnes de son approbation, et, si je ne suis pas déçu dans cette espérance, je me trouverai suffisamment rccoin|)ensé. n Le contenu du Mémoire cjul précède ces réflexions finales a été publié dans les « Dépêclies inédites « de Prokesch (1878, I, p. 396). {^J\ote de i Editeur.')
* Un article du traité de Paris du 20 novembre 1815 contenait cette clause, qu'au bout de trois ans les puissances alliées, d'accord avec le Roi de France, auraient à exauiiner si la situation de ce jïays permettait de retii-er les troupes étrangères, ou si l'occupation devait durer jusqu'à l'expiration de la cinquième année. C'est pour décider cette question que se réunit le Congrès d'Aix-la- Chapelle.
A ce Conjjrès assistaient, outre les trois Souverains alliés, les diplomates autrichiens : Metternich, Vincent et Gentz; les diplomates russes : Capo d'Istria, ISesseirode et Lieven ; les diplomates prussiens : Hardenberg, Humboldt, Bernsiot-rf; les diplomates anglais : Wellington, Cnstlereagh, Canning; les diplomates français : Richelieu, Rayneval et Mounier. ÇlSote de l'Edileur.)
Chapelle a été un événement de haute importance, dont l'observateur superficiel ne saisira peut-être que quelques traits détachés, et que l'homme d'Etat, pénétrant jusqu'au fond des choses, est seul en état d'apprécier.
Ne pouvant embrasser ici fout ce qui tient à un aussi vaste sujet, je me bornerai à quelques observations sur la tendance politique et morale des conférences d'Aix-la-Chapelle , sous les trois rapports qui me semblent mériter une attention particulière.