Le duc me promène dans son pays, qui n'est pas
grand, mais est fort joli.
Le duc fait reconstruire son château de Cobourg en style
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{|()lhi(|U('. Oc. sera (rcs-hcaii , mais <cla rcvij'iidra liicii «lier et poiii-rail bien lui coûter le tiers de ses revenus.
Comme ré(if|uc((e e-.t 1>ani)ie de céans, je jouis hcaucoup de mon séjour ici. Ajoute/, h cela c^uc. depuis trois jours je n'ai pas touché luie pluini»; nie voilà donc on ne peut plus heureux.
5 juillet.
425. llici, je me suis fait montrer, par l'architecte du duc, les plans du nouveau château. C'est un homme qui a beau coup de talent. Les plans sont grandioses. Si le duc les exécutait en entier, tout le duché pourrait bien y passer.
Les nouvelles de Londres m'attristent singulièrement. Quelle terrible l'emme que cette Reine! Quand on sait d'elle ce que je sais, on est étonné de son audace. Et pourtant ou ne devrait s'étonner de rien, quand on songe combien de gens se font ainsi duper. Du reste, soit dit sans choquer les réformateurs du genre humain, les peuples se laissent duper bien facilement. Rien n'est bon comme le peuple, je dirai même comme tous les peuples; mais rien n'est ignorant comme la foule; par conséquent, elle a besoin d'être menée.
Franzensbad, le 7 juillet.
424. Hier, après avoir déjeuné chez la duchesse mère, je quittai Gobourg et j'arrivai ici, où mes collaborateurs et quatre courriers m'attendaient avec impatience. J'ai dû expier mes quatre jours de liberté. Le courrier de Saint-Pétersbourg m'apporte la nouvelle que l'Empereur Alexandre revient un peu à moi. Je suis heureux chaque fois que je vois qu'avec le temps la raison triomphe de la déi'aison. J'ai remporté une victoire sur Capo d'Islria; aussi je n'entends plus parler de lui. Le livre de l'Apocalypse semble fermé pour le moment, et saint Jean' ne prêche plus, à moins que ce ne soit
* Allusion au nom de baptême du comte Capo d'Istria, qui s'appelait Jean.
(^Note de rÉditeur.)
dans le désert. Comme tout irait bien dans ce monde si chacun ^ suivait la direction qui lui est indiquée par son nez ! Cet organe, d'ailleurs assez inutile, semble ne nous avoir été donné par le Créateur que pour nous montrer le chemin que nous devons prendre, de môme qu'on met des poteaux indicateurs au bord des routes pour guider les voyageurs. Les chemins ne font des coudes que lorsqu'il s'agit d'éviter des abîmes ou des marécages.
Carisbad, le 9 juillet.
425. Le procès de Londres, relatif à la Reine, est un tas de fumier qu'on ne saurait toucher sans se salir soimême. Wellington a parfaitement raison; mais j'aurais dû voir le Prince régent il y a un an; dans ce cas, tout aurait pu être empêché. Castlereagh et compagnie n'ont pas été bien adroits dans cette affaire. Il y a deux ans, je les aurais mis à même de faire tourner les choses tout autrement. La peur et le manque d'activité les ont amenés à faire ce qu'ils ne voulaient pas.
Je comprends que ce procès scandaleux fasse une affreuse sensation en Angleterre. Que sera-ce donc quand on dévoilera les détails intimes? Toutes les mères anglaises seront obligées de défendre pendant longtemps à leurs filles la lecture des journaux.
KXPI.dSION 1)1. LA IlKVOLll 1 ION N A I' O L| I A l N K (l8'20). 359
IXPIOSION DE I.A niVOLtTION NAPOMTAINR ET AUTRES ÉVÉNEMENTS.
KXiiiAus iiic i,t ririics paiiticulikiiks, KcniTKs pau MKrri;n?îif;ii
Dr 17 JIMI.LKT AU 16 OCTOimii 1820.
•'i2G. Ile Wt'in/.iei I. — NdmvcIIcs du l.i calastrophc de Naplcs. — Sérieuses iii(iiii(''tii(lcs (le Mctlcriiich au sujet «le la vie «le la princesse Marie (comtesse Ksli"ilia/.v). — L'événement «le Na|)lcs. — 427. Mort «le la princesse Marie. — Désespoir «lu comte Josepli Esteilia/.y. — 428. L'Empereur l'ran- «;ois. — 42!). l'rojet formé par Mettrrnicli d'envoyer toute sa famille à Paris. — 4;jl). Ferme attitude de l'Empereur François et «le Metternicli. — G«>lo\vkin. — 431. Même vie qu'en 181.5. — Préparatifs militaires. — 432. Nombreuses occupations. — 433. Que faire? — Mot de l'Empereur Alexandre. — 43V. La Saint-lNapoléon. — Réminiscence. — 435. Mettcrnich trouve partout de l'écho en Europe. — 4.36. Sur l'ennui et suites «lu sommeil. — 437. Anniversaire de la naissance de Clémentine. — 438. Entrevue des trois Souverains à Troj)pau. — 439. Jour de l'ouverture des conférences. — Membres du Congrès qui sont attendus. — Projet d'une conférence permanente à Vienne. — 4'i0. Départ de la famille de Metternicb pour Paris. — 441. Pratique ou entêté? — 442. Trop tôt ou trop tard? — Les articles de Colnet dans la Gazelle de France. — Le Journal des Dcbals. — 443. Amélioration de la santé de la femme de Metternicli à Paris. — 444. De llollitsch. — Bonnes nouvelles de Saint-Pétersbourg. — 445. Du château de Witzomlrzitz.
Weinzierl, le 17 juillet 1820.
426. Depuis hier je suis ici, dans le château impérial. J'ai tjuitté Garlsbad le 11, suis arrivé à Vienne le 13, et j'ai rejoint les miens à Baden le 14 ; mais je n'ai fait que passer la nuit dans ce dernier endroit. Le 15, j'ai été rappelé à Vienne par la nouvelle de la catastrophe de Naples. Le 16, je suis venu ici, auprès de l'Empereur.
J'ai passé de bien tristes moments à Baden. Depuis trois ou quatre mois Marie n'est pas bien; on constatait chez elle tous les symptômes d'une grossesse. Ces symptômes disparurent pour faire place aux signes irrécusables d'une grave maladie. Affreuse certitude pour nous! Je la trouvai terriblement changée; elle est si brisée, si faible, que je ne puis plus conserver d'espoir. En moins de deux mois j'aurai perdu deux filles. Le Ciel me soumet à de cruelles épreuves; je me
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résigne à sa volonté, et j'espère que mes afflictions me seront comptées dans un monde meilleur.
La révolution de Naples est un événement qui se dérobe à tous les calculs; les conséquences de ce mouvement ne vont pas tarder à appaïaître; il faut donc que le remède au mal ne se fasse pas attendre. Mais y a-t-il des moyens sûrs de le combattre? Je n'en sais rien encore, toutefois, je ne serai pas le dernier à me placer sur la brèche. La destinéem'afait si léger, c'est-à-dire il v aura bientôt si peu de liens qui me ratlacberont à la terre, que je n'aurai nul mérite à déployer toute ma force d âme et de cœur.
Cet événement affectera profondément l'Empereur Alexandre, d'autant plus que les rebelles se targuent de son appui. Depuis 1815, l'Italie est inondée de Russes qui n'ont jamais cessé de travailler à propager l'idée fausse que tous les mouvements dits libéraux trouveiaient un protecteur dans leur Souverain. Or, voici le premier mouvement : deux escadrons de cavalerie reyiversent un ti^ône et exposetit le monde entier à des malheurs incalculables. Cela ne se passera pas à Naples comme à Madrid. Le sang coulera par torrents. Un peuple à moitié barbare, d'une ignorance absolue, d'une supeistition sans bornes, ardent et passionné comme le sont les Africains, un peuple qui ne sait ni lire ni écrire et dont le dernier mot est le poignard, présente une belle matière pour l'application des principes constitutionnels !
Je resterai encore ici demain, et le 19 je retournerai à Vienne, où mon temps se partagera entre la capitale et Baden. A Vienne m'attendent de grandes occupations, à Baden de grands cliagrins.
Vienne, le 25 juillet.
427. J'avais quitté ma fdle le 16; le 20, elle n'était plus! J'ai reçu cette affreuse nouvelle au dernier relais avant Vienne. Je trouvai à la maison ma femme et mes enfants, qui venaient de revenir de Baden. Ma fille était morte à huit heures du matin. Sa mort a été douce et paisible comme sa vie, comme doit