‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 61 sur 74 · Partie financière de l'expédition contre Naples · texte numérisé non relu

Partie financière de l'expédition contre Naples

Cette question participe à l'ensemble des questions relatives à cette grave entreprise. Elle touche à la fois au passé, au présent et à l'avenir.

Dans la question financière, le passé ne peut se régler sur le présent; il est donc nécessaire de ne point se faire illusion sur l'avenir, afin d'éviter les faux calculs, aussi déplorables en finance qu'en toute autre chose.

Nous avons lait de grandes dépenses, et nous en faisons toujours. Il faudra peut-être les continuer encore.

Rien n'est volontaire dans ces dépenses, comme rien ne peut paraître tel à tout homme doué de bon sens et ami du bien dans la totalité de l'affaire.

l.M.XI'l.niTION NAPOLITAINE (l«21). -iRS

Tj!» qtirslion, la première de toutes, a dû tUrc do prime abord ccllr-ri : vciit-oii ou peut-on abandonner la révolution de Naples à clK'-niêine, à ses propres remèdes (car toute révolution, comme tout mal, porte en elle-même sa propre punition), ou bien faut-il lui opposer une digue njatériclb;?

La solution de cette alternative n'a pu être douteuse. Nous pouvons déplorer la révolution en Espa{jne et l'abandonner à elle-même; mais il n'en a pu être ainsi de la révolution espagnole tiansplantée sur lo terrain de Nnnics. Son triompbc dans la Péninsule italienne eût été bien plus prompt que sa ré[)ression, que toutes les punitions qu'elle pourrait s'infliger par elle-même.

Nous avons donc dû appeler à notre secours des moyens matériels considérables. Nos {inanccs ont été obligées à de grandes dépenses ; rien en ceci n'est dépense de fantaisie ; tout, au contraire, est une cliarge imposée par la première des nécessités, celle de subsister.

INIon devoir est de tàclier d'imposer le moins de charges possible à nos finances et de travailler en même temps à ce que les dépenses deviennent autant que possible de simples avances. C'est à quoi j'ai visé, en faisant toutefois un calcul à la fois financier et politique.

Gomme calcul financier, je préfère le certain à l'incertain, et je n'aime jamais me flatter de l'impossible.

Comme calcul politique, j'ai dû examiner le véritable état des choses à Naples, et tâcher de ne pas établir un plan sur des maux inévitables pour l'avenir.

La révolution napolitaine a détruit de fond en comble les finances du royaume. Elle a été amenée en partie par la fiscalité aveugle du système de ^I. de Medici : ne voyant dans l'administration de l'État qu'une caisse de crédit, il a chargé les provinces bien au delà de ce qu'elles auraient dû l'être, et à force de tendre son arc, il l'a brisé.

Le Roi m'a assuré avoir vu les comptes qui établissent qu'au moment de son départ de Naples, la révolution avait non-seulement englouti tout ce qui restait du produit des opérations financières antérieures, mais qu'e//e coûtait de fait, dans le

cours des premiers six mois, plus de quarante millions de ducats.

J^' avenir financier de Naples offrira nécessairement deux charges : l'entretien de l'armée d'occupation ; la consolidation des dépenses occasionnées par la révolution. Restait à savoir si à ces deux charges nous pouvions enjoindre une troisième, savoir, le remboursement des dépenses faites par les finances autrichiennes pour frais d'armements, etc.

Ma conviction a été qu'en faisant trop, nous risquerions de ne faire rien. Mais cette vérité démontrée, je me suis demandé si je ne ferais pas bien de tirer un parti utile de ce qui, en toute conscience et vérité, n'a pour moi d'autre valeur que celle d'une impossibilité réconnue et prouvée.

Notre but doit être de réprimer la révolution, de consolider le repos, et non d'amener des chances de mouvements nouveaux.

Dès lors, trouvant l'Empereur entièrement d'accord avec mon point de vue, vous nous avez vus faire la déclaration au protocole que vous possédez depuis longtemps. Ce protocole vous aura prouvé que nous avons cherché à faire tourner en un appât politique ce qui se présentait à moi comme une impossibilité financière. Nous avons fait sonner haut que nous ne demandions rien, et nous avons attaché une récompense ou une punition pour la nation à ce même rien, à cette véritable non-valeur, en nous assurant ainsi la chance de pouvoir peutêtre faire rentrer sous le titre de punition ce à quoi nous renoncions comme récompense.

J'entre dans tous ces détails, mon cher comte, que votre bon esprit et votre grande connaissance des affaires et de la situation politique vous auront fait deviner dans le temps, afin de vous supplier de ne pas attacher trop de calculs à une rentrée que je regarde bien moins comme liée à une bataille et à d'autres faits de guerre, qu'à des considérations de possibilités ou d'impossibilités financières, lesquelles doivent également être influencées fortement par des considérations politiques que le temps peut seul décider, c'est-à-dire par le maintien du repos dans le royaume de Naples. Vous voyez que j'ai eu

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soin (rt'l;il)lir des ;ill('rii;i(ivos en |niiu;i|>c, de nous mtîii.'ifjor (les droits iiu-oiiicstaldirs. Ce sera à la suf^esst; el à la [)t-(id(riice à eu rrjjler l'usage.

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