RESULTATS DU CONGRES DE LAYBACH
552. — Metlernich à l'Empereur Alexandre (Mémoire), LaybacVi, le 6 mai 1821. — 553. Metteniich aux envoyés d'Autriche près les Cours étrangères (Dépêche-circulaire), Laybach, le 12 mai 1821. — 554. Déclaration du 12 mai 1821 f Annexe du n° 553).
352. Au moment de la sépaiation des Monarques et de leurs Cabinets, qu'il me soit permis de déposer entre les mains de Votre Majesté Impériale un mot de reconnaissance et d'hommage. De reconnaissance. Sire, car vous la méritez, non de ma part, non de celle de l'Autriche, mais de celle de la société tout entière.
Vous devez me rendre la justice que j'ai depuis longtemps discerné le mal qui s'est démasqué dans le cours des derniers temps avec une intensité redoutable. Vous devez de même,
* A Laybach étalent réunis, en fait de Souverains : les Empereurs d'Autriche et de Russie et le Roi de Naplcs; en fait de diplomates : Metternich, Vincent, Gentz, pour l'Autriche; Nesseirode, Capo d'Istria, Pozzo di Borgo, pour la Russie; Hardenberg et Bernstorff, pour la Prusse; de la Ferronnays, Caramanet Blacas, pour la France; les lords Clanwiiliam, Stewart et sir Robert Gordon, pour l'Angleterre. Lorsque les trois puissances du INord eurent décidé qu'il y avait lieu d'intorvenir à main armée dans les affaires de Naples. If s envoyés français et anglais cessèrent de prendre part aux conférences.
{JSole de l' Editeur.)
Itl'.Sri.TATS 1)1! CONOIll-.S DK LAYllACII (IK2I). 503
Siro, iTconnald (' (|nc si j'ai romiu le mal, j»* n'ai pas désespéré (lu remède. Ce remèdi* a opéré; il se iiumme l'uiiioii morale inliiue entre Voire Majesté Impériale et ses augustes alliés, libres eiieore de leurs actions. Le mérite, Sire, vous appartient, car votre situation était plus lihre et certes moins ra[)prochée du danger que celle des autres Monarques. Votre Majesté Impériale a fait un bien immense; sa conscience doit le lui dire, c'est la seule récompense f|ue puisse ambitionner tout liomme de bien ; c'est la seule qui puisse atteindre I bommc placé par la Providence au-dessus des autres hommes.
Il n'est qu'un hommage que je puisse trouver digne de Votre Majesté Impériale.
Placé ainsi que je le suis vis-à-vis de l'Empereur mon Maître et de Votre Majesté Impériale, de graves devoirs pèsent sur moi.
Le premier et peut-être le plus difficile à remplir, c'est celui de rechercher et de trouver la vérité. Le jour oiî j'aurais perdu la confiance dans mes propres calculs, je me regarderais comme coupable aux yeux de mon Maître et à ceux de Votre Majesté Impériale.
Mon hommage , Sire, doit se borner à vous dire toute ma pensée.
La société était peidue sans ressource, sans les mesures qui ont été prises dans le cours des dernieis mois. Ces mesures n'eussent point arrêté sa chute, si elles n'avaient été appuyées sur les principes les plus corrects.
Tel ayant été le cas, l'auroi'e d'un avenir meilleur commence à poindre. Le jour succédera, si nous continuons à marcher sur la ligne sur laquelle nous nous trouvons placés. Un seul principe faussé, et nous rentrerons dans la nuit, puis le chaos succédera à cette nuit.
Deux moyens existent pour que nous continuions à maintenir notre ligne. Je n'en connais pas un troisième.
Une confiance récipioque et illimitée ;
Une entente franche sur les bases de notre marche.
Cette confiance, Sire, est ce que l'esprit a le plus de peine à saisir.
504 IIECUEIL DE DOCUMENTS (1818-1822),
Elle eût été et elle serait à jamais une difficulté insurmontable, si la Providence n'avait créé deux Souverains tels que Votre Majesté Impériale et l'Empereur François. Vous vous connaissez, et on ne se connaît jamais que quand on s'est bien compris.
Afin d'établir l'accord le plus entier sur la marche dans l'avenir le plus prochain et à la fois le plus décisif pour le sort de l'Europe, il faut le fonder sur des principes clairs, précis, aussi simples que possible, et régler leur application sur des engagements réciproques non moins clairs et précis. De grandes distances vont nous séparer; il faut remédier à cet inconvénient.
Je vais poser les principes et indiquer les engagements à prendre.