LA MISSION DE TATISTSCHEFF A VIENNE ET SES RÉSULTATS
CIG. Taiistscheff à Metternich (Noie verbale), Vienne, le 8 mars 1822. — 017. Tatistsclieff à ^Nletternich (Note verbale). Vienne, le 14 mars 1822.
— 618. Mémoire rédigé par Metternicli, pour l'Empereur Alexandre, sur l'état de la complication orientale. Vienne, le 19 avril 1822. — 619. .Mctternicli à Tatistsclieff (Lettre confidentielle). Vienne, le 19 avril 1822.
— 620. Metternich à Nesselrode (Lettre), Vienne, le 19 avril 1822. — 621. Metternich à Lebzeltern à Saint-Pétersbourg (Dépêche), Vienne, le 22 avril! 8 22.
616. La Porte déclarerait, par un office, directement au ministère impérial russe ;
* Le bailli de Tatistsclieff avait été envoyé à Vienne par l'Empereur
5T2 r.ECUElL DE DOCUMENTS (1818-1822;.
« Qu'elle accepte toutes les conditions énoncées dans la lettre du ministère impérial au grand vizir et dans la Note du baron de Strogonoff en date du (î (18) juillet.
« Que la Russie est autorisée par ses traités et par les droits de pi'otection qu'ils lui accordent en faveur des Grecs, à exiger l'inviolabilité de la religion qu'elle professe, la reconstruction des églises, et une juste distinction entre les innocents et les coupables.
« Que la Russie sera pleinement satisfaite sur ces trois points.
«Mais que, pour le moment, vu les circonstances où se trouve la nation musulmane, la Porte est au regret de devoir se borner :
« 1" A faire évacuer complètement et sans le moindre délai les principautés de Valacbie et de Moldavie;
« 2* A confier provisoirement l'administration de ces contrées aux Divans respectifs, sous la présidence des caïmacans grecs, dont le choix serait fait par la Porte, d'après les règles établies pour la nomination des hospodars;
« 3" A envoyer sur les lieux un ou plusieurs plénipotentiaires turcs, en demandant à l'Empereur d'y envoyer de son côté un ou plusieurs plénipotentiaires russes;
Alexandre, qui, d'une part, sentait la nécessité de se détacher, jusqu'à un certain point, de son Cabinet, qui voulait la [juerre, et qui, d'autre part, espérait trouver dans une entente directe avec le prince de Melternicli les moyens de sortir d'une situation qui était en opposition avec ses sentiments, sans pour cela sacrifier sa difjnité et tout en ménageant l'opinion publique. Ces négociations furent conduites directement entre Metternich et Tatistschelf ; elles furent toutes confidentielles et eurent lieu même sans le concours de l'ambassadeur de Russie près la Cour de Vienne, le comte de Golowkin , qu'on n'avait pas, en sa qualité d'instrument de Capo d'Istria , initié aux véritables intentions qui avaient motivé la mission de TatistscVieff à Vienne. Relativement aux pourparlers qui ont eu lieu pendant les mois de mars et d'aviil entre l'homme de confiance de l'Empereur de Russie et le chancelier d'Etat autrichien, il existe des documents officiels; mais nous devons renoncer à les reproduire, vu qu'ils entrent trop dans des détails spéciaux et nous éloigneraient ainsi du but de cet ouvrage. Toutefois, les lecteurs qui voudront se renseigner plus amplement à cet égard trouveront un recueil complet de ces documents officiels dans \'IIisloi)-c de la sécession des Grecs, par Prokesch, où l'on trouve aussi, en son lieu, la reproduction fidèle des pourparlers dont il vient d'être question. (Note de V Editeur, \
LA MISSION DF, TAT I STS<;iI F IF A Vif NNE (1802). M3
" 4' A munir les j)l(!iu|»(il(Mi(i;iii('s (urcs des pouvoirs ni'rossaircs pour relier avec les plcniputenliairr.s russes uon-s<'ule- I ment tout ce qui «•oncrmo rexécutioii des traités dans Icg Principautés et leur administration provisoire, mais encore pour concerter avec eux les mesures auxrpiellcs la Porte associerait la Hussie, en vue d'assurer une existence lietireuse et paisible aux provinces chrétiennes de TKmpire ottoman, que les traités ont placées sous la protection de Sa Majesl»; Impériale, et que des événements <lépi(jraldes entraînent dans Tabîme des révolutions. »
Tatistschcff à Mottcrnidi (Note verbale), Vienne, le 14 mars 1822.
017. Le soulèvement qui vient d'avoir lieu dans l'Empire ottoman a mis deux peuples en présence. Ces peuples sont destinés à vivre sous un même sceptre; il est de leur intérêt, comme de celui du Souverain, que des scènes telles que celles qui viennent de se passer ne se renouvellent pas. Il n'est pas moins de 1 intérêt de l'Europe entière que la paix intérieure dans le Levant ne risque pas d'être troublée à tout propos, et cet intérêt de l'Europe est fortement aufjmenté par la disposition générale des esprits dans cette partie du monde.
Les mesures communes dans une négociation qui s'établirait entre les puissances alliées et la Porte Ottomane auront pour objet :
1° De faire cesser la guerre dans les provinces qui se trouvent en état d'insurrection ;
2" D'en assurer la possession tranquille a la Porte Ottomane;
3" D'amener un arrangement au moven duquel tous les habitants paisibles des pays insurgés, et tous ceux qui poseraient les armes, jouiraient du libre exercice de leur religion, posséderaient sans inquiétude leurs propriétés, et verraient leuis biens, leurs personnes et leur existence commune placés sous une garantie constante et réelle. . •
Que la Porte conserve la suzeraineté sur la nation grecque établie en Morée et autres pays qui se sont soulevés et demain-
dent leur affranchissement absolu ; que ces pays soient compris dans la circonscription de l'Empire ottoman; que le domaine utile reste au profit du Grand Seigneur, et que le repos de l'Europe ne soit plus troublé à l'avenir par une guerre intestine d'un des co-États, complication qui renaîtrait sans cesse si l'on ne parvenait à établir entre les parties contendantes des rapports nouveaux.
MEMORANDUM DE METTERNICH POUR l'eMPEREUR ALEXANDRE.
Vienne, le 19 avril 1822.
Aperçu général.