La complication présente entre la Russie et la Porte
Ottomane offre deux branches de questions différentes, qu'il est d'abord indispensable de ne pas confondre dans l'exposé de l'état des choses, et que, pour l'ordre et la clarté de la marche, il faudra séparer encore, dans le cas même où Ton réussirait à les réunir dans une seule et même négociation.
Les premières sont celles que nous nommons de droit strict; les secondes, celles que nous nommons d'intérêt général.
Les questions tenant au droit strict sont toutes décidées ou doivent l'être d'après les traités et conventions subsistant entre l'Empire de Russie et la Porte.
Les questions d'intérêt général doivent trouver leur solution dans le besoin, commun à la Porte et à la totalité des puissances chrétiennes, de consolider les relations entre l'Empire ottoman et ses sujets chrétiens, de manière que la tranquillité intérieure des provinces ottomanes, au lieu d être constamment menacée par des troubles et des soulèvements, soit assurée par des dispositions justes, sages, également convenables aux droits et à la dignité de la Porte, au bien-être de ses sujets chrétiens, à la tranquillité des Empires voisins et au maintien du grand système pacifique de l'Europe.
i.A MISSION nr 1 Al iSTsr.iir.Fr a viknni: (im'jj). r.-s
PosihDii (icliicllc (le la tirtjocKtlion.
1° TiU lUissio a lo droit inconicsfable d'oxifjer lo maintion .shu^t (lo toutes los stijjulations consijjiit'os dans ses di(f('ren(s traites et conventions avec la Porle. IMusieurs de ces stipulations ayant été enfreintes par les mesures que la Porte a prises depuis répoquc de la malheureuse insurrection des Grecs, la Russie a demandé à la Porle, comme première condition du rétablissement de ses rapports paciliques avec elle, la remise en vijjueur(ît l'exécution pleine et entière desdites stipulations. IjCs puissances alliées de la llussie ont soutenu cette juste demande de tous les moyens d'action morale que leur fournissait leur position vis-à-vis de la Porte. Le Divan a invariablement reconnu son devoir d'exécuter les traités et conventions existantes, et il a explicitement déclaré vouloir s'y conformer; mais il a ajouté à ces déclarations des restrictions fondées sur de prétendues difficultés temporaires ou locales, restrictions qui ont rendu impossible jusqu'ici tout rapprochement entre la Russie et la Porte.
2" D'un autre côté, Sa Majesté Impériale de toutes les Russies a jugé dès le commencement de la crise actuelle que, pour arriver à un arrangement définitif, il serait impossible de ne pas s'entendre sur les questions que nous nommons ici d'intérêt général. La conscience éclairée de Sa Majesté Impériale, ses principes religieux, l'intérêt particulier qu'Elle prend au bonlieur de ses coreligionnaires, enfin les sentiments d humanité dont son àme est remplie, ont engagé l'Empereur à déclarer dans plusieurs de ses communications directes avec le ministre turc que, tout en condamnant la rébellion des Grecs, il ne saurait rester indifférent aux mesures qui décideraient du sort futur de cette partie intéressante des sujets de la Porte en Europe. Cependant cette questionn'ayant jamais été distinctement traitée entre le Cabinet de Russie et les autres Cabinets alliés, ceux-ci ne l'ont pas non plus articulée à Constantinople, et aucune proposition à cet égard n'a été et n'a pu être adressée de leur part au Divan.
Tel est rétat exact où se trouvent aujourd'hui les négociations avec la Porte.
Objets que ces négociations embrasseraient à l'avenir.
Sa Majesté Impériale de toutes les Russies, appliquant ces principes de justice, de modération et de bienveillance, auxquels le Cabinet d'Autriche n'a cessé de rendre l'hommage le plus éclatant, à une affaire qui offre sans aucun doute des considérations d'un grand poids pour la dignité personnelle du Souverain de la Russie et pour les intérêts de son Empire, a invariablement annoncé la résolution de ne point séparer ces considérations, quelque graves qu'elles puissent être, de celles qui se rattachent au maintien intact du système politique, base et condition unique aujourd'hui de la tranquillité de l'Europe et de la conservation de l'ordre social. Cette résolution généreuse impose aux Cabinets alliés le devoir de réunir de leur part tous leurs efforts pour amener l'affaire en instance à un dénoûment également propre à satisfaire aux vues justes et ma<ynanimes de Sa Majesté l'Empereur Alexandre, et à préserver l'Europe des dangers que les troubles du Levant pourraient lui créer, soit dans le présent, soit dans un avenir prochain.
Afin de nous former une idée nette de la marche à suivre pour arriver à ce double but, envisageons encore la question dans ses deux grandes divisions établies ci-dessus.
1° Le maintien et l'exécution des traités existants ne sauraient donner lieu à aucune difficulté. Lerespectdù anxtraités est la base du droit public européen, et la Porte, à moins de vouloir renoncer à la place qu'elle a occupée jusqu'ici parmi les puissances de l'Europe, ne peut pas même hésiter à reconnaître ce principe.
2" Les questions d'intérêt général doivent être fondées sur des vœux justes en eux-mêmes, et acceptables au tribunal d'une bonne politique comme à celui de l'humanité. Ces vœux doivent par conséquent combiner l'avantage de ceux à qui on les adresse, avecles intérêts bien entendus de ceux en faveur