‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 72 sur 74 · I.A MISSION l)i; 1 A l IS I SCIIII' K A VIKNNR (I82'J) :,-,l · texte numérisé non relu

I.A MISSION l)i; 1 A l IS I SCIIII' K A VIKNNR (I82'J) :,-,l

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Comme il nr s';i{jit pas (riMilrcinclrc les droits de .souveraineté du (m\uuI Sei{;Mcur, il est clair que les idées (jiie le-. ('nl)inc(s pounaieiil mettre en avant sur la condition future des Grées devront, sans toucher aux relations fondamentales outre le (îouveruement turc et ses sujets elirétieiis, se restreindre à de-. <d)jets de législation et d'administration.

L'Autrielie est, certes, aussi loin de réclamer pour ellemême que de reconnaître à aucune autre puissance le droit de s'immiscer, sous quelque rapport que ce soit, dans les affaires intérieures d'un Etat étranger, tant c|ue des innovations introduites dans son régime ne compromettent pas directement la sûreté des États voisins. Mais il existe dans la position actuelle de l'Empire ottoman des circonstances qui avertissent les puissances européennes, et qui doivent pénétrer les ministres de la Porte eux-mêmes, de la nécessité de quelque remède efficace pour obtenir, non pas un repos momentané, acheté par des flots de sang, mais une pacification solide et permanente, sans laquelle lexistence de cet Empire, et avec elle la paix de l'Europe, ne seraient point assurées. C'est dans cette nécessité que se trouve non-seulement le seul principe de droit qui justifierait et dirigerait les démarches des puissances en abordant vis-à-vis de la Porte les questions d intérêt général, mais aussi le seul moyen à leur disposition pour déterminer cette puissance à ne pas repousser ces démarches.

Pour travailler sur cette base, il est avant tout indispensable que le Gouvernement ottoman procède à un acte de véritable amnistie, et qu il le fasse observer et exécuter dans toute son étendue. Il est également indispensable que les insurgés se soumettent à cet acte.

Les provinces ottomanes sur la rive gauche du Danube sont placées sous des régimes particuliers. La pacification des deux Principautés ne sera pas difficile; il suffira de leur évacuation, du rétablissement de l'ancien ordre de choses, et du maintien des droits que leur garantissent les traités.

Ce n'est donc qu'à la Morée et aux îles que se réduisent, à m. 37

r.TS RECUEIL DE DOCUMENTS (1818-1822).

proprement parler, les dilficultés de la question. Mais ces parties du domaine européen de la Porte se trouvent de nouveau sous une grande variété de régimes ; et la différence de leur position à cet égard provient surtout de leur plus ou moins de contact avec la population musulmane et les autorités locales.

Il semble, toutefois, que les vœux raisonnables, les vœux compatibles avec les droits de souveraineté de la Porte que puissent former les populations chrétiennes de ces pays en général, seraient très-convenablement classés sous les trois titres suivants :

1° Libre exercice de leur culte;

2° Dispositions législatives pour la sûreté de leurs personnes et de leurs biens;

3" Administration régulière de la justice.

Ce n'est pas au Cabinet autrichien à entrer dans une analyse détaillée de ces objets, ni à examiner comment les principes généraux pourraient être appliqués aux circonstances et aux localités différentes. Plusieurs des données qu'exigerait un examen pareil nous font défaut. Mais nous n'hésitons pas à admettre qu'il existe des besoins, qu'il existe des griefs, et que l'intérêt commun du Gouvernement et de ses peuples doit dès lors porter à la recherche des moyens de satisfaire aux uns et de remédier aux autres. Nous savons d'ailleurs qu'il y a bien des lois et des règlements administratifs que le temps, la mauvaise volonté ou la négligence ont fait tomber dans l'oubli, mais dont on pourrait faire usage pour faciliter l'établissement d'un régime plus complet et plus adapté aux circonstances présentes. Enfin, quelles que soient les difficultés de la tâche, il nous paraît que le principe général une fois établi, elles ne sauraient être considérées comme insurmontables.

Résumé et conclusion.

Si, comme nous le croyons, les questions se trouvent clairement présentées et définies dans le développement précé-

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1° lit" Divaii ayant admis l'ii iifiiic/'i)f ri'\»'(iili<>n jilrinc cl tMilicic (les traités, et ne s\''lan( (It'halhi en dernier lien (jne sur I c|)0(|U(' et le mode (h* Tappiicalion, il lainlra insi.>>l(;r sans relâche sur 1 évacuation immédiate des l'rinci[)antés, ainsi que sur le rétablissement de leur ancien régime et de tout ce qui y tient. Les dernières ouvertures du Caliinet de Russie renferment à cet é{][ard des avis et des aperçus fondés, qu'il serait certes utile de faire valoir.

2° Représenter au Gouvernement ottoman la nécessité de publier un nouvel acte d'amnistie pour les provinces insurgées, avec désignation d'un terme pour le retour de l'ordre, mais joindre en même temps à cette représentation l'assurance que les puissances alliées, si la Porte veut profiter de leurs bons offices, réuniront tous leurs efforts pour déterminer les insurgés à se soumettre à cet acte au terme prescrit.

3" Demander à la Porte la nomination de plénipotentiaires, prêts à se réunir dans tel lieu et à telle époque indiqués avec ceux qui seraient désignés par Sa Majesté Impériale de toutes les Russies, ainsi que par les Cours d'Autriche, de France, de Grande-Bretagne et de Prusse, afin de traiter et de convenir des mesures regardées par les cinq puissances alliées comme nécessaires pour assurer à l'Empire ottoman une paix prompte, solide et durable, et pour rétablir les relations diplomatiques et amicales suspendues aujourd hui entre la Russie et la Porte.

Afin de pouvoir entrer dans cette voie, il s'agira d'abord de savoir si les puissances alliées sont d'accord sur le point de vue établi et la marche tracée dans la présente pièce ; il s'agira ensuite de s'entendre sur les moyens les plus aptes à faire connaître à la Porte ce qu'il est de son intérêt, autant que de celui des puissances, qu'elle comprenne et accepte.

En calculant la véritable position des choses, les distances et les nécessités, rien ne semble ni prématuré ni trop tardif dans les idées que renferme le présent mémorandum.

Metternich à Tatistsclieff (Lettre confiJenlielle), Vienne, le 19 avril 1822.

G19. En remettant à Votre Excellence les différentes pièces destinées à être placées sous les yeux de Sa Majesté Impériale de toutes les Russies, il me reste à Teutretenir d'une idée en faveur de laquelle me semblent parler la raison et l'expérience, et que néanmoins je ne puis toucher envers Votre Excellence que dans les formes les plus confidentielles, attendu qu'il m'est impossible d'en pouvoir préjuger les moyens d'exécution.

J'ai dû faire entrer dans mon mémorandum (n" 618) de ce jour l'observation que, si Sa Majesté Impériale de toutes les Russies approuvait les idées consignées dans cette pièce, il s'agirait avant tout d'établir et de constater l'identité tie vues et d'opinions des cinq Cabinets, et de se mettre tout de suite d'accord sur les moyens les plus propres à faire entendre à la Porte ce que dans son intérêt, non moins que par égard au vœu des puissances, elle doit comprendre et accueillir.

Rien sans doute ne faciliterait autant cet accord préalable qu'une réunion des Monarques et des Cabinets. Le mois de septembre prochain est fixé pour la rencontre de Leurs Majestés Impériales. Toutefois, relativement au but que je viens d'indiquer, ce terme peut paraître éloigné. L'époque de la réunion peut-elle être avancée? Ce n'est pas à nous à le décider, et l'Empereur mon Maître ne se permet même pas d'énoncer une opinion sur une question liée à une somme de considérations particulières qu'il doit être réservé à son auguste ami et allié d'apprécier. Il suffira à Sa Majesté Impériale d'assurer combien pour sa part Elle serait prête à concourir à l'entente la plus prompte entre les Monarques au moyen d'une réunion anticipée. Elle ne peut, du reste, se refuser d'attacher à la possibilité d'en rapprocher le terme, la valeur d'un gain de temps précieux et d'un grand moyen de négociation de plus, puisqu'aucune démonstration n'en imposerait davantage à la Porte que l'annonce seule d'ime pareille réunion.

Comme, cependant, du moment que Sa Majesté l'Empei-eur

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