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IMPRESSION PRODUITE PAR LA PAIX DE PRESBOURG

indubitable alors, ne pouvait s'atteindre huit jours plus tard.

ÉBAUCHE D UN PLAN POLITIQUE, PAR METTERNICH. Janvier 1S06.

89. La paix de Presbourg , le rôle qu'ont joué en dernier lieu la Russie et la Prusse , ont sapé les derniers fondements de Tindépendance des puissances prépondérantes. Le seul moyen possible pour la conservation des anciens alliés me paraît le suivant :

1" Tirer une ligne qui de l'embouchure du Weser irait, en suivant le cours de ce fleuve, joindre le Harz ; de là, le cours de la Saale jusqu à la naissance de l'Erzgebirg; les frontières boisées et montagneuses de la Bohème, Tlnn, les frontières épurées du pays de Salzbourg et du Tyrol , le Tagliamenlo jusqu'à son embouchure dans l'Adriatique. Le nord de l'Allemagne étant moins couvert par le Weser que les autres parties derrière ladite ligne, la Prusse conserverait la principauté de Minden et tel autre point propre à servir de corps avancé sur la rive gauche du Weser.

2° Une seule ligne de forteresses n'établissant point l'équilibre entre les moyens d attaque et de défense, on établirait une seconde chaîne de forteresses sur l'Elbe , dans l'intérieur de la Bohême, sur l'Enns et en Carniole. Les places de l'Oder, de la Silésie prussienne et autrichienne, du Riesengebirg, Pless et Theresienstadt, des places à construire sur le Danube, la Save et la Bukowine, serviraient de troisième ligne.

3° Les trois puissances principales — l'Autriche , la Russie et la Prusse — entreraient en une alliance purement défensive, dont les conditions seraient :

a. Un abandon total des intérêts de l'Europe occidentale en dehors de cette ligne, sur laquelle la France exerce une influence impossible à détruire pour le moment.

b. La stipulation expresse de l'intégrité de l'Empire ottoman,

c. Une offre de médiation de la part des puissances réunies entre la France et l'Angleterre, soutenue par une décla-

102 RECUEIL DE DOCrMENTS 11773-1815).

ration à cette dernière , que la Confédération de l'Orient romprait ses relations de commerce en cas de refus de traiter.

d. La cession de la Dalmatie, qui, réunie au.\ îles ex-vénitiennes, formerait un Etat indépendant sous la garantie de l'Autriche, de la France, de la Russie et de la Prusse. La réunion de Tlstrie vénitienne et des îles du Quarnero avec les provinces autiichiennes et la Croatie.

e. L'Autriche offrirait, en compensation, l'abdication de la couronne impériale romaine, à condition de son extinction perpétuelle.

f. La réunion du Hanovre avec la Prusse , contre la cession de ses provinces westphaliennes et du pays d'Anspach.

g. La Russie ferait la paix avec la France à ces conditions, et reconnaîtrait le titre impérial et royal de Napoléon et les nouveaux Rois.

h. On ne s'opposerait pas à un système fédératif dans l'occident de l'Europe, à la tète duquel se trouverait la France.

i. La Confédération de l'Orient deviendrait offensive le jour même où la France se porterait aux moindres projets d'extension au delà de la ligne, et elle se regarderait comme ne formant qu'un seul tout.

k. Le système militaire des trois puissances serait établi sur une échelle et un plan à convenir, et dans lequel les armées prussiennes et saxonnes formeraient l'aile droite ; les armées autrichiennes, le centre et l'aile gauche ; la Russie, l'armée de réserve. Cette dernière entretiendrait toujours à cet effet un corps de cent cinquante mille hommes dans ses possessions polonaises, et placerait le reste de son armée en échelons, propres à se porter dans le moins de temps possible vers le point où ses opérations seraient le plus utiles.

/. La Confédération de l'Orient déclarerait par un manifeste le but de son établissement et les bases sur lesquelles il repose.

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