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POLITIQUE DE LA PRUSSE APRES AUSTERLITZ

r-efusé de signer aucune des pièces relatives aux arrangements actuels, ce à quoi le Roi a consenti ; ce piince se trouve par ce fait dans l'étrange situation d'avoir deux ministres des affaires étrangères, dont l'un négocie et dispose à son insu de ses provinces, et dont l'autre refuse d'ajouter son nom au sien. On attend ici le comte de Schulenbourg*, pour concerter avec lui les mesures pour l'incorporation du Hanovre.

Il serait difficile de se faire une idée de l'indignation qui règne dans l'armée prussienne : l'esprit militaire s'y était prononcé dans toute son énergie au moment de sa mise en mouvement , et il résiste avec force à tout ce qu'on fait pour l'émousser à jamais.'

Metternich à Stadion. Berlin, le 28 février 1806.

91. Le baron de Hardenberg, avec lequel j'ai eu une longue conversation ce matin, dans laquelle il m'a confirmé les données que renferme ma première dépêche de ce jour et que j'avais recueillies, peu après la signature des articles, à une source sûre, m'a prié de me charger de les transmettre à ma Cour comme communication confidentielle de sa part. II m'a prévenu qu'il nous en ferait plus tard la communication officielle. Lui ayant dit que Sa Majesté Impériale s'en était remise à moi pour le choix de l'époque que je jugerais la plus convenable pour mon voyage **, je m'adressai de nouveau à lui pour lui demander s'il comptait encore me mettre au fait de ses vues sur les relations futures entre nos deux Cours, relations dont la nécessité devenait journellement plus urgente, et qu'en cas qu'il les crût impossibles par suite du triomphe que le parti constamment prononcé contre nous venait de remporter sur lui, je comptais ne plus retai'der mon départ. Il me dit « que son seul espoir résidait dans la réunion la plus intime de nos deux Cabinets ; que je devais trop savoir que ses

* Le comte de Schulenbourg, ministre de Prusse, était, même après Austerlitz, pour le maintien du traité de Potsdam. (Note de t Éditeur.)

** Cela se rapporte au départ de Metternich pour Saint-Pétersbourg, où il avait été nommé ambassadeur d'Autriche. (^Note de V Editeur.)

principes avaient été invariables sons ce rapport ponr en douter, mais que d'antres individus avaient eu grand soin d'entraver constamment ses vues et d'annuler leurs effets» . — « Je resterai dans le ministère , conlinua-t-il , aussi lon{jtemps que le Roi voudra que je conserve le portefeuille des affaires étrangères; je me retirerai entièrement le jour où il m'ordonnera de le lui remettre. Je n'aurai entretenu qu'un point de vue invariable, celui d'écarter HaugAvitz et de travailler à la réunion de nos Cours. Restez ici jusqu'au retour du courrier de Paris : ce n'est qu'alors que nçus saurons si Napoléon regarde notre affaire comme terminée ; je vous viderai le fond du sac à celle époque , je vous parlerai de mes craintes et de mon espoir pour l'avenir, et vous regarderai comme l'organe le plus sûr que j'aie à ma portée pour le transmettre à votre Maître. »

Je lui promis de remplir ses désirs, que j'avais, ainsi que Votre Excellence s'en sera convaincue par mes dernières dépêches, d'avance fait entrer dans mes calculs, et il me parut très-satisfait.

Notre conversation roula sur la marche de la négociation de son collègue, sur le compte duquel il ne ménagea aucun terme ; sur la nécessité que les deux Cours convinssent des arrangements futurs relatifs à l'Empire, sur lesquels, entre autres, il me promit des idées détaillées ; sur ses soins enfin, qu'il bornait dans ce moment à tâcher que les Français au moins évacuassent l'Allemagne. Cette dernière question tient trop intimement à d'autres de politique indépendantes de la Prusse, ainsi qu'à des raisons secondaires, telles que la conduite qu'observera le Roi de Suède, qui ne bouge pas du pays de Lauenbourg, et surtout à la considération majeure de ravant.'ige que retire Bonaparte de l'effarement d'une grande armée, pour que je puisse me promettre des résultats directs de ces soins.

En réitérant au baron de Hardenberg les assurances de la fausseté des imputations que le> parti français n'a cessé de répandre ici sur un projet d'alliance offensive entre les Cours de Vienne et de Paris, il me dit ne jamais y avoir cru, mais

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