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BRUIT QUE FONT LES ARMEMENTS DE LAUTRICIIE

Tous les raisonnements s'arrêtent à la lecture de pièces telles que le sont celles que m'adresse M. de Champagny. L'Empereur veut-il nous faire la guerre? — veut-il sonder nos dispositions à la lui faire? Quelque peu probable que puisse paraître cette dernière supposition, — n'est-elle pas néanmoins possible? Mais l'une ou l'autre ne peut rien changer au

parti que nous avons à prendre

Votre Excellence se convaincra que j'ai borné ma lettre de ce jour à des explications aussi franches que simples, aussi dépourvues de phrases oratoires que fortes de raisonnements et de faits. Il ne reste dans ce cas à Napoléon que de ne pas répondre; c'est ce qu'il a fait relativement à mon expédition du 22 juillet, mais c'est aussi ce qui me fait désirer de pouvoir l'approcher le plus tôt possible ; désir assurément bien désintéressé !

La crise actuelle est sans doute la plus pénible que puisse traverser la Monarchie autrichienne. Son sort, son existence dépendront du parti que croira devoir prendre l'Empereur. Annuler des mesures purement conservatrices serait se livrer pieds et poings liés à l'homme qui jamais n'a payé des concessions que par des exigences nouvelles; — provoquer directement la guerre et sortir par conséquent du système que Sa Majesté a si sagement adopté, serait de la démence. Il s'agira donc de trouver un moyen terme qui, conciliant la sûreté de l'Empire avec l'excès des égards que nous impose notre propre conservation plutôt que nos relations avec la France , nous fasse atteindre le seul but auquel il est raisonnablement permis d'espérer de pouvoir arriver, celui de reculer le plus possible l'explosion dont Napoléon ne cessera jamais de nous menacer. J'ai indiqué dans un des rapports de ma dernière expédition un plan de réunion d'un ou de plusieurs noyaux de troupes, dans une position assez reculée pour pouvoir offrir à l'ennemi une ligne d'attaque contre laquelle il se risque moins que contre des corps éparpillés pouvant être coupés ou tournés; manœuvre vers laquelle il vise constamment. Ne serait-il pas possible de tirer un avantage politique d'une mesure qui, au fond, serait militaire et conservatrice, en me chargeant de

déclarer à Napoléon «que pour donner une preuve nouvelle de l'intention de Sa Majesté de ne pas agir hostilement vers un point quelconque occupe par les armées françaises ou par les alliés de la France, pour déjouer même dans leur principe les odieuses imputations de la calomnie, Sa INIajesté a ordonné une dislocation rétrograde de ses armées >» ? La chose est-elle possihle? est-elle militairement faisahle? — Ce n'est pas à moi à en décider, mais je crois de mon devoir de suggérer à ma Cour un moyen de plus A opposer des faits à des imputations, la seule, mais la plus digne et, par conséquent, la plus forte des mesures que l'on puisse opposer aux lubies d'un hommejqùi n'est jamais assez emporté par la fougue pour ne pas désirer revêtir d une teinte de droit et de raison les entreprises les plus odieuses, mais trop emporté malheureusement pour ne pas renverser, en dernier résultat, tout ce qui lui paraît un obstacle à ses vues ridiculement gigantesques.

M. de Champagny, dans sa Note, parle de la Russie; son assurance que jamais elle ne viendra à notre secours prouve les inquiétudes qu'en a l'Empereur.

Il parle à' arrangements futurs en Europe ; ces derniers ne peuvent porter que sur la Turquie, car il n'a pas besoin de notre coopération pour tous ceux qu'il peut compter établir dans les Etats soumis à son influence. Telles sont les mesures que, comme le prétendent beaucoup de personnes, les Etats de la Confédération pourraient bientôt lui soumettre plus directement, pour satisfaire ses vues sur un titre nouveau par lequel il remplacerait celui de protecteur

Quant à la marche des troupes 'de l'intérieur de la France vers le Rhin, celte supposition n'est pour le moment qu'une vaine menace. Il peut créer une armée nouvelle; nous avons dejniis vingt- ans vu des exemples trop étonnants de pareilles créations pour douter de celle dont on nous menacé' maintenant; mais il est de fait qu'il ne'peut pas, dans ce'moment, feire marcher sur le lihin ce qui mériterait le nom d'inie armée.

Il faut à TEmpéreur une conscription nouvelle. Ses armées en Espagne exigent'des renforts considérables; il lui faut une

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