‹ MémoiresChapitre 39 sur 121 · BRUIT QUE FONT LES ARMEMENTS DE LAL'TRICHE (ISOS · texte numérisé non relu

BRUIT QUE FONT LES ARMEMENTS DE LAL'TRICHE (ISOS

réserve dans le cas où il voudrait nous faire la guerre. Il n'a jamais trop de soldats, même dans la supposition contraire. L'Espagne ne peut servir de motif aux yeux de la nation, indignée de la marche politique qu'il a suivie dans ce pays. Le Corps législatif doit se rassembler bientôt, il faut un prétexte au sénatus-consulte ; on se serviia de nous pour demander ce que la nation accorderait de toute manière.

Metternich à Stadion. Paris, le 2 août 1808.

113. Je venais définir le précédent rapport, quand je reçus la note ci-jointe de M. de Cbampagny, en date du 30 juillet*.

Les expéditions que je comptais faire partir étant terminées, je les envoie à Votre Excellence pour compléter les actes, sans les retoucher. Elle verra que les questions ont, sinon clianf^é, du moins pris mie tournure tout à fait différente depuis que l'Empereur a eu connaissance de mes lettres à M. de Champagny en date du 22 juillet.

Il n'y a rien à ajouter à la dernière Note de Champagny, qui est visiblement dictée par l'Empereur lui-même. Il ne veut pas la guerre pour le moment, car il nous la ferait sans plus tarder. Voilà le résultat que je tire d'une pièce qui nous offre une foule de considérations que je ne puis relever, ne voulant pas arrêter le départ du courrier. Il me suffira d'affirmer à Votre Excellence que si nous nous y prenons adroitement, que si nous savons tourner à noire -profit les côtés faibles que nous présente Napoléon, nous pourrons, avec moins de charlatanisme que lui, tirer très-grand profit de la position actuelle des affaires.

Ne nous laissons pas abuser par de gi-ands mots; tout ce qu'il nous dit de ses armées, de leur nombre, est faux. Si soixante mille hommes pouvaient de l'intérieur filer vers le Rhin, où seraient les embarras que lui causent les affaires d'Espagne? Les aperçus ci-joints, que j'envoie à Votre Excellence, sont exacts. Mais sacrifions quelques formes ; empêchons

* Voir note 28, p. 223, t. I. (Note de rÉditenr.)

101 IlECUEIL DE DOCUMENTS (n-;MS15).

les excès s'il s'en commet effectivement; organisons notre force réelle sans donner lieu à des plaintes qui ne portent que sur les parties les moins essentielles de notre orjjanisation militaire; prenons-le au mot, qu'il retire ses troupes, qu'il proclame la paix; punissons en revanche des coupables, s'il en existe à Trieste; cédons à une impulsion pacifique, s'il nous prouve ses intentions par des faits, — et nous aurons atteint un {jrand, un immense but, celui à'ajourncr la guerre.

Je ne puis envoyer à Votre Excellence la réponse que je forai à M. de Cliampagny. Je dois, pour ne pas arrêter le départ du courrier, me borner à la prévenir que je lui écrirai demain , et qu'en basant tout ce que je lui dirai sur le désir le plus constant de l'Empereur de maintenir la paix, je laisserai à ma Cour toutes les voies ouvertes.

Page 1