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ÉPOQUE DE L'ENTRÉE AU SERVICE DE LÉTAT

nourrissait contre la Pologne pouvaient avoir quelque chance de se réaliser.

Mais à peine Pierre III fut-il monté sur le trône qu'il se jeta aveuglément dans les bras de la Prusse. L'alliance austro-russe, renouvelée sous l'Impératrice Catherine, était surtout basée sur la sympathie personnelle de celte Souveraine pour l'Autriche, car les raisons indiquées plus haut comme devant rapprocher naturellement les deux pays tendaient à disparaître de jour en jour.

Depuis le règne de Frédéric II, la Prusse, que sa situation géographique appelait à devenir la rivale perpétuelle de l'Autriche, et qui ne cessait de s'étendre, avait l'ambition d'une puissance de premier ordre malgré l'exiguïté de ses ressources financières, malgré le chiffre modeste de sa population, qui était celle d'un Etat secondaire. Le but exclusif de sa politique, c'était 1 agrandissement de son territoire et l'extension de son influence ; elle voulait l'atteindre par tous les moyens possibles, en passant par-dessus le droit des gens et la morale universelle. L'alliance de 1791 mérite àpeine d'être mentionnée. Rompue aussitôt que formée, elle montre que les contractants n'avaient guère de confiance dans sa solidité.

Les fréquentes alliances de l'Autriche avec l'Angleterre s'expliquent naturellement par les rapports politiques et géographiques des deux pays. Entre une puissance purement commerçante et une puissance exclusivement continentale, il ne pouvait exister aucun motif de jalousie ; de plus, les Pays- Bas autrichiens offraient les points de contact les plus rapprochés et les plus commodes avec le continent, et Notre force politique formait un puissant contre-poids à la rivalité de la France. Mais les avantages de l'union étaient, surtout dans les derniers temps, du côté de l'Angleterre ; car, pendant que Nous faisions cause commune avec la France, Nous n'avions pas besoin de la Grande-Bretagne, et, depuis que Nous sommes en guerre avec elle, l'appui financier que Nous avons trouvé chez les Anglais est insignifiant à côté des efforts et des sacrifices extraordinaires que Nous avons faits et dont le Royaume-Uni a tiré les avantages les plus considérables.

6 BECUEIL DE DOCUMENTS (m;<-lS15).

Notre entrée dans la triple alliance de 1798 entre TAnjjlcterre, la Russie et la Porte ne Nous servit que pour la part que Nous prenions momentanément à la guerre.

Toutes ces réflexions prouvent combien Notre situation d'autrefois, qui a déterminé la conclusion des alliances, diffère des conditions politiques dans lesquelles Nous vivons actuellement.

D'après la dernière paix, les provinces lointaines que Nous avions dans les Pays-Bas et en Italie, ces provinces dont les premières Nous mettaient en contact direct avec la France, Nous reliaient à la Hollande et séparaient ce pays du territoire français, ont été cédées à la France elle-même, ou bien destinées à former des républiques vassales.

Par suite de la cession des Pays-Bas aux Fi*ançais et de Touverture de l'Escaut , la plus grande partie du commerce qui, voyant ce fleuve barré, s'était transporté à Amsterdam, à Rotterdam et sur d'autres points, viendra probablement reprendre possession du centre commode qu'il avait quitté ; et si la situation se prolongeait, la Hollande pourrait bien être exposée à devenir une province française.

N'étant plus en contact immédiat avec la France, séparé d'elle au point le plus important de Nos Etats et le plus coûteux à défendre, Nous devons à la non-possession des Pays-Bas plus d'un avantage indirect. La rivalité séculaire de la France et de l'Autriche en Italie trouve aujourd'hui un aliment d'une espèce toute contraire. La création d'une République considérable calquée sur le modèle français, qu'il faut considérer comme appartenant réellement à la France ainsi que les autres Républiques et les petits Etats italiens; en second lieu l'établissement de fortes lignes militaires qui menacent la fron- A tière autrichienne ; enfin la destruction de tous les moyens de défense qui auraient pu inquiéter Nos voisins ; tout cela donne , à la République française, dans toutes les affaires de l'Italie, une influence prépondérante que Nous n'avons jamais eue.

D'autre part, la possession si importante des provinces vénitiennes Nous vaut des avantages que la France ignorait aux plus beaux jours de son protectorat. En ce qui concerne ce rôle de j)rotectrice, la situation future de l'Autriche en Italie

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