‹ MémoiresChapitre 45 sur 121 · LENTREVUE DES SOUVERAINS A ERFURT (18O · texte numérisé non relu

LENTREVUE DES SOUVERAINS A ERFURT (18O

ment politiques se trouve dans le départ de plusieurs employés du département des affaires étrangères. Le chef de division La Besnardière partira demain matin.

Un fait me parait incontestable, c'est que nous ne pouvons rester spectateurs oisifs des conférences qui vont s'ouvrir.

Mcttcrnich à Stadion. Paris, le 22 septembre 1808.

120. Je m'empresse d'avoir l'honneur de prévenir Votre Excellence du départ de Sa Majesté pour Erfurt au moment même oi^i Elle vient de se mettre en route. Elle compte y être rendue le 26 de ce mois et s'y arrêter vingt jours.

M. de Talleyrand a précédé l'Empereur de quatre jours.

M. de Champagny nous a quittés hier. L'ambassadeur de Russie se trouve dans la suite immédiate de l'Empereur.

La veille du jour du départ de M. de Talleyrand, je me rendis chez lui. II m'exprima de nouveau son vœu que notre auguste ]\Iaître pût se résoudre à la démarche personnelle qu'il avait conseillée antérieurement. « Tous les Rois et princes de la Confédération se rendent à Erfurt, ajoula-t-il; le prince qui n'y sera pas aura l'air d'être ou nul ou ennemi. L'Empereur d'Autriche ne peut se trouver dans le premier cas; rien ne peut se faire en Europe sans qu'il offre une gêne ou une facilite'; — moi, je désirerais dans l'occurrence du moment y voir arriver l'Empereur François comme une gêne. "

Il me demanda si, en parlant à Vienne de cette idée de voyage, j'avais fait mention qu'elle était complètement la sienne. Je lui dis que oui. « Eh bien, reprit-il, j'espère que votre Cour y ajoutera un degré d'importance de plus ; dans tous les cas, adressez-moi quiconque vous enverrez à Erfurt; il peut compter sur tous mes soins, et je regarde vos intérêts comme les miens; telle est ma façon de penser tout entière dans un moment de la plus haute importance. »

M'étant rendu chez M, de Champagny pour prendre congé de lui, je trouvai sa porte fermée pour tout le monde excepté pour moi. Il vint au-devant de moi, et me dit qu'il avait cru ne point agir contre mes intentions en informant Sa Majesté

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d'une simple idée que je lui avais exprimée dans le derniei* entrelien que nous avions eu ensemble. « L'Empereur, ajoutat-il, m'a chargé expressément de vous dire que, s'il ne consultait que sa bienveillance particulière pour vous, il 'n'eût pas hésité un moment à vous inviter à l'accompagner ; mais il s'agissait dans cette occasion de faire une exception en faveur de l'ambassadeur d Autriche. L'Empereur n'admet à sa suite aucun membre du Corps diplomatique, hors M. de Tolstoy, et il espère que vous ne verrez pas dans ce fait une marque de faveur particulière pour lui; il a une entrevue avec l'Empereur de Russie ; il lui amène son ambassadeur, parce que l'Empereur Alexandre se fait également accompagner par M. de Caulaincourt; s'il allait voir l'Empereur François, il vous proposerait de le suivre à l'exclusion de tous vos collègues. L'Empereur François vient de se rendre seul à Presbourg dans une circonstance très-solennelle; on ne fait rien de particulier pour le général Andréossy. Croyez que l'Empereur vous rendrait au centuple chaque petit procédé particulier que l'on aurait à Vienne pour son ambassadeur. L'Empereur ne peut, les questions posées ainsi, qu'éviter avec soin d accorder à un autre ambassadeur une préférence diplomatique sur vous, mais il ne peut pas vous en accorder sur un autre. Vous devez retrouver ces soins dans les relations de l'Empereur avec l'ambassadeur de Russie ; tout ce qu'on fait pour lui ne tient pas à des formes officielles, et ce qu'on fait en particulier est rendu à M. de Caulaincourt à Péîersbourg. »

Je dis à M. de Champagny que ma conduite devait avoir convaincu sa Cour que je savais très-bien distinguer les procédés particuliers de faveurs diplomatiques et officielles; que l'Empereur était sans contredit maître de recevoir dans son intérieur et d'emmener dans ses voyages qui bon lui semblerait; que, d'un autre côté, je ne pouvais pas admettre le principe que l'on ne faisait rien à Vienne pour l'ambassadeur de France. — « Il ne m'est pas difficile, ajoutai-je, de prouver qu'on l'v traite avec une faveur particulière et marquée; nous partons du point de vue de la plus parfaile réciprocité vis-à-vis de toutes les Cours ; or, il se trouve à Paris un ambassadeur

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