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ÉPOQUE DE L ENTRÉE AU SERVICE DE LÉTAÏ (1801-1S

mière ligne la paix de Lunéville, conclue en Notre nom et en celui de TEmpire; ce traité mérite toute Notre attention.

Le rapport parvenu à la Diète, et adressé aux électeurs ainsi qu'aux princes les plus considéra! )Ies avant la signature de l'acte, présentait un tableau saisissant des circonstances douloureuses qui hâtèrent la conclusion de la paix au nom de l'Empire avant même que ses différents membres eussent donné leur assentiment. Notre conduite patriotique et la réserve du droit d'intervention accordé par la constitution aux Etats en matière de paix commune, furent accueillies alors avec la plus vive reconnaissance par les États qui avaient été mis les premiers au courant de la situation, et depuis par la Diète tout entière.

Les principes que Nous avons nns en avant dans cette négociation prouvent une fois de plus, et cela d'une manière irréfutable, combien Nous avons à cœur, même dans les circonstances les plus défavorables, de maintenir dans la limite du possible la constitution de l'Empire et de protéger tous ses membres.

Agissant comme chef de l'Empire, autorisé par l'exemple des traités signés en 1714 à Rastadt et à Bade, Nous avons accepté provisoirement au nom de l'Empire les dures conditions que les événements militaires ont imposées aux vaincus; mais ces conditions ne sont pas plus onéreuses que les sacrifices consentis en 1798 et en 1799, au congrès de Rastadt, par la députation de l'Empire chargée de négocier la paix ; même Nous avions cherché à rendre ces derniers moins cruels, autant que les circonstances Nous le permettaient.

En se reportant au traité de Bàle signé parla Prusse en 1795, en comparant la paix de Lunéville avec la paix particulière que chaque Etat de l'Empire, copiant la Prusse, a signée en dépit de la constitution, tout esprit impartial reconnaîtra que Nous étions animé de sentiments bien différents, et que Nous voulions éviter jusqu'à 1 apparence d'un procédé inconstitutionnel.

Toutefois, ce qui précède ne saurait s'appliquer aux malveillants dont les intérêts seraient compromis par l'applica-

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tion sérieuse des principes que Nous avons affirmés. Aussi la Cour de Prusse, dont les actes inconstitutionnels ont dépassé toute mesure dans le cours des six dernières années, ne reculera-t-elle désormais devant aucun moyen pour réaliser ses projets, qui sont nettement indiqués dans les articles séparés de la paix de Bàle; elle mettra tout en œuvre pour étendre à toute TAllema^jne le protectorat qu'elle a exercé depuis cette époque sur l'Allemagne du Nord. On verra la politique prussienne recourir à ses ruses habituelles, à ces ruses que l'on ne connaît que trop, pour Nous rendre hostiles les principaux États de l'Empire qui antérieurement déjà ont été dociles aux instigations du Cabinet de Berlin, pour leur faire combattre Nos bonnes intentions et pour leur faire parler un langage qui amènera le Roi de Prusse à se présenter comme un médiateur appelé par tous les vœux, sans qu'il ait l'air de se mettre en avant. L'occasion d'employer ce procédé est fournie par les négociations que l'Empire doit poursuivre pour arriver à la paix générale, et dont il faudrait, par toutes ces raisons, charger une députation de l'Empire aussi peu nor.bieuse que possible.

Le principal point de vue sous lequel il faut envisager toute négociation avec le Cabinet de Dresde, est et reste celui-ci : c'est qu'il importe d'écarter autant que cela peut se faire, ou au moins de diminuer l'influence de la Cour de Prusse. A cette heure où l'existence de 1 Empire tout entier est en jeu, il ne faut négliger aucune occasion de rendre le prince électeur et le ministère attentifs à cette grande vérité, que l'existence politique de la Saxe est inséparable de celle de lEmpire , et que celle-ci ne peut être sauvée au moment décisif que par le sacrifice de tous les intérêts particuliers et par l'union la plus étroite entre les membres de l'Empire et son chef.

La situation de Dresde et la présence du nombreux corps diplomatique qui se trouve ordinairement dans cette A'ille en font, même en temps ordinaire, un poste excellent pour observer les Cours étrangères et particulièrement la Cour de Prusse. Cela est vrai surtout à l'heure actuelle. Le Cabinet de Berlin, qui, à Berlin même, met le plus grand soin à cacher sa marche

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politique à tout ministre étranger, et notamment à l'envoyé d'Autriche, y réussit plus i-ifficilement dans une Cour qu'il tient à dominer par tous les moyens et sur laquelle il veut peser de tout le poids de sa supériorité. Le fait que Notre ministre à Dresde a été souvent dans le cas de connaître les vjies de la Prusse, principalement en ce qui touche les affaires de l'Empire, plus tôt et plus exactement que le ministre accrédité à Berlin lui-même, suffira pour engager Notre envoyé à donner toute son attention à la politique de cette Cour et à la suivre dans ses voies les plus cachées.

La situation tendue qui existe en ce moment entre Nous et la Russie a coupé court à toute communication directe avec Saint-Pétersbourg. Dresde est donc le point le plus rapproché où un de Nos envoyés puisse se rencontrer avec des chargés d'affaires russes; indépendamment de cela, le grand nombre de sujets russes, appartenant pour la plupart aux premières familles, qui se trouvent dans cette ville, facilite à Notre représentant le moyen de se renseigner sur cet Empire fermé presque entièrement au reste de l'Europe, et d'apprendre des nouvelles qui peuvent être d'une grande importance pour Nous. Il importe toutefois de faire parmi ces nouvelles un choix convenable, attendu qu'elles proviennent la plupart du temps de gens bien informés, il est vrai, mais en général mécontents, qui ne voient pas ou qui ne veulent pas voir les choses sous leur véritable jour.

Dans une des Cours les plus importantes de l'Empire, la présence du chargé d'affaires français pourra donner lieu à plus d'une observation intéressante, et permettra de pénétrer les vues de la France relativement aux questions qui touchent au corps germanique. La surveillance de ce représentant peut donner encore d autres résultats importants dans des questions qui intéressent l'intérieur de Notre Monarchie, notamment en ce qui concerne l'insouciance avec laquelle le gouvernement de la Saxe voit se propager cet esprit de vertige tout nouveau qui fait de grands progrès dans la majeure partie des États protestants d'Allemagne. Le voisinage de l'ÉIectorat et de Nos Etats, joint à la présence continuelle d'un agent français à

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Dresde pendant les dernières années, a permis à ce dernier d'étudier.nos institutions militaires, et lui a facilité le moyen d'enrôler des amis et des partisans jusqu'au cœur de la Monarchie. Quant aux moyens de parvenir à son but, le chargé d'affaires français était puissamment secondé par la complaisance des nombreux Polonais qui se trouvaient à Dresde : stimulas par la promesse que leur a faite le Gouvernement français de , reconstituer un État polonais, dans lequel les principaux rôles leur ont déjà été distribués d'avance, ils acceptent toutes sortes de missions et sont les espions les plus actifs. Le prince électeur, obéissant à l'influence de ses principes religieux et à son attachement sans bornes pour la nation polonaise, permet à tous les individus de cette nation, même aux plus décriés, d'entrer dans ses États et d'y séjourner.

Toutefois, l'action révolutionnaire de l'agent français n'est pas limitée à cette partie de l'Empire; depuis qu'Alquier a quitté Munich, les nombreux clubs secrets qui sont répandus en Allemagne font partie de la sphère d'action de l'agent de Dresde.

Il serait superflu de rappeler à Notre représentant qu'il doit observer avec un soin scrupuleux tout ce qui pourrait se rapporter à ce point, qui intéresse de si près le repos de Nos États.

Le voisinage de TÉlectorat de Saxe met fréquemment Notre envoyé dans le cas d'avoir à entamer des négociations qui ont pour objet les affaires intérieures de Nos provinces ou les intérêts particuliers de Nos sujets. Chaque fois qu'il se présentera une question de ce genre, il recevra des instructions spéciales. Enfin il expédiera un rapport par semaine, et davantage si les circonstances l'exigent : de plus, à la fin de chaque année, il rédigera un rapport général qui contiendra une revue aussi exacte que possible de l'état intérieur, de la statistique, de la situation politique, financière et militaire de la Saxe.

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