RETOUR DE NAPOLÉON D'ESI>AGNE
Tout ce que nous voyons tend manifestement vers la guerre. Le calme apparent du moment est le précurseur de la tempête. La garde impériale arrive ici en poste depuis les Pyrénées. Les corps qui sont en Dauphiné ont ordre de s'arrêter; on parle de mouvements de troupes en Allemagne.
Nous savons depuis peu que plusieurs maréchaux sont
mandés d'Espagne. Je puis indiquer comme positif le retour très-prochain du duc de Danzig. Le maréchal Davoust est également attendu ici au premier jour.
Tout ce qui peut se faire dans les Etats de la Confédération (ce que Votre Excellence est infiniment plus à portée de surveiller que moi) doit servir à éclaircir plus que je ne le puis la véritable position des questions du moment. Il n'est sans doute que trop permis de toujours calculer la marche de Napoléon sur une même échelle ; il y a maintenant une telle identité avec celle qu'il suivit avant les campagnes de 1805 et de 180(), que le rapprochement des suites de cette marche semble en ressortir très-naturellement.
Mais quelle différence entre la position de l'Autriche et de la Prusse dans ces deux années, et celle qui paraît devoir placer maintenant la France en opposition avec nous ! L'Autriche, dans le calme le plus parfait, isolée par les puissances ellesmêmes, qui semblent maintenant lui faire un crime de ce qu'elle se jepose avec dignité surses propres moyens de défense, l'Autriche, dis-je, ne peut sans contredit être taxée d'amener la guerre : — ne pas se livrer pieds et poings liés, ne pas s'exposer à succomber au premier souffle, ne saurait être un crime. Et telle est notre position, notre attitude si inquiétante pour une puissance qui publie qu'elle a cinq fois plus de forces à sa disposition que nous. Si la guerre se fait, ce ne sera pas nous qui l'aurons voulu, on ne saurait trop le répéter.
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