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RAPPORT PRINCIPAL SIR LA MISSION DE PARIS

é l'abri duquel elle pourrait plus librement, et peut-être de la seule manière possible, réaliser ses idées ambitieuses.

Dans toute cette question, Votre Majesté n'arriverait qu'à être entraînée dans les embarras de la Russie, sans pouvoir espérer le moindre profit, et qu'à s'exposer au danger manifeste d'avoir des complications avec la seule puissance que l'Autriche ait à craindre : c'est là une vérité incontestable. Je prie donc Votre Majesté de daigner me donner ses ordres, et de me dire si, pour le cas probable où le négociateur russe reviendrait sur cette question, je puis donner suite aux principes que j'ai posés dans le résumé ci-dessus; si je dois, par conséquent :

1° Continuer d'éluder la proposition d'alliance en alléguant les motifs que j'ai invoqués aujourd'hui;

2' Insister, en m'appuyant sur les raisons que j'ai également exposées plus haut, pour que cette proposition soit séparée des autres points sur lesquels porte la négociation.

RAPPORT PRINCIPAL SUR LES RÉSULTATS DE LA xMISSION DE PARIS.

177. Metternich à l'Empereur François (Rapport), Vienne, le 17 janvier 1811. — Résolution souveraine de Sa Majesté, relativement à ce rapport, ilatée du même jour.

177. Je n'aurais pas tardé à soumettre respectueusement à Votre ^lajesté, aussitôt après mon retour, un rapport principal sur les résultats politiques généraux de mon séjour à Paris, si ce travail, entrepris avant de m'être initié de nouveau aux détails de l'intérieur, m'avait permis d'exposer à Votre Majesté, dans un document unique et complet, la véritable situation de la Monarchie dans le système politique actuel de l'Europe.

Tourner ses regards vers le dehors sans tenir compte des forces de l'État comme il convient de le faire, et, réciproque-

ment, calculer ces dei-nières sans prendre en considération la situation politique extérieure, cela est non-seulement inutile, mais encore vraiment dangereux. J'essayerai donc de faire à Votre Majesté un tableau général et complet, mais concis, de l'état actuel des choses; je m'efforcerai de rester étranger à toute illusion et à tout préjugé. C'est sur cette base seulement qu'on peut asseoir un plan politique. Combien il est nécessaire de concevoir ce plan à une époque où il dépend encore plus ou moins de nos propres calculs, où nous pouvons encore mettre dans notre conduite de ces nuances qui déterminent ordinairement la marche de l'ensemble, c'est ce que nous apprend l'expérience de tous les temps, et particulièrement celle d'un récent passé. Le présent travail fera voir, d'ailleurs, que parmi les puissances européennes nous sommes presque la seule qui puisse encore choisir ses moyens d'action.

Un singulier mélange de force et de faiblesse, de besoin d'organisation et de désordre, la soumission et le sentiment d'une oppression intolérable, voilà ce qui frappe l'observateur impartial quand il considère la France et les Etats confédérés. Tout le monde est convaincu que la première, que l'inévitable conséquence de la disparition de Napoléon, du maître en qui seul toute la force est concentrée, serait une révolution. C'est précisément ce sentiment que Napoléon exploite pour arriver à la réalisation de ses projets, c'est là peut-être ce qui l'aide le plus puissamment. Selon moi, c'est dans la conviction, partagée par tant de Souverains et de sujets, que la tyrannie sous laquelle ils gémissent n'est que passagère, que réside la véritable cause de la possibilité d'exécuter tant de plans gigantesques et destructifs conçus par un seul homme, l'élévation extraordinaire de cet homme unique ne suffirait jamais à produire l'état de choses que nous avons journellement sous les yeux. Napoléon seul vit et agit dans le présent; les peuples européens vivent tous dans l'avenir, et c'est ainsi qu'il réunit les anneaux extrêmes de la chaîne, sans que l'Europe le remarque. Secrets à leur naissance et dans la première phase de leur développement, les plans du INIonarque français sont et restent sa propriété exclusive, jusqu'au moment où, passant

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