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RAPPORT PRINCIPAL SUR LA MISSION DE PARIS

Si nous admettons comme une vérité démontrée que tous nos efforts, que toute notre activité politique doivent se borner à gagner du temps, à retarder toute guerre, nous ne pouvons nous dissimuler que, lors même que la conduite noble et désintéressée de Votre Majesté serait capable de contenir jusqu'à un certain point le torrent qui menace de nous détruire, il n'est pas en notre pouvoir de Tarréter tout à fait.

Si Napoléon a décidé d'attaquer la Russie, Votre Majesté ne peut, dans l'état de choses actuel, que détourner la guerre de cette puissance et l'attirer sur Elle-même au lieu de la laisser se porter vers le Nord. Elle ne peut qu'exposer l'Autriche à la première attaque, pendant que la Russie rassemblera des forces dans l'intérieur de l'Empire. Quant à triompher dans cette lutte à laquelle nous ne sommes pas préparés, nous ne pouvons en avoir la moindre espérance.

Ainsi que Votre Majesté a daigné s'en convaincre par la lecture de l'annexe n° 2, Napoléon nous fournit une nouvelle matière à de mûres et sérieuses réflexions. La situation est neuve pour nous. Nous avons le choix des partis à prendre !

Napoléon nous présente trois alternatives : union de l'Autriche avec la Russie; alliance effective de l'Autriche avec la France; neutralité de V Autriche.

Il m'est impossible de faire entrer la première alternative dans mes calculs. Les forces militaires de Votre Majesté seraient paralysées même avant qu'on en fît usage; l'ennemi sera dans la capitale de l'Empire, la Galicie sera en pleine insurrection avant que nous ayons, sur quelque point en arrière, soixante-dix mille hommes en état de se battre. Dans une pareille situation , il est évident qu'on ne saurait espérer la réalisation de ce rêve si souvent caressé, mais toujours déçu, d'un soulèvement en masse qui n'est possible qu'à la condition d'avoir été précédé de succès considérables. Quant à l'avantage que Votre Majesté peut se promettre de la coopération de la Russie, et, dans l'hypothèse ci-dessus, du secours de la Russie, l'histoire des guerres antérieures montre ce qu'on peut espérer. Si la Prusse comptait encore pour quelque chose, il faudrait que tout calcul favorable cédât à l'expérience du

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passé et à la connaissance positive de la Jervie volonté qu'a le Roi de ne chercher son solul, dans le cas où la guerre viendrait à éclater, que dans Vunion avec la France.

Il ne reste donc plus que deux cas possibles : celui d'une union active avec la France, et celui de la neutralité de l'Autriche.

Consentir à toute réunion des forces militaires de l'Autriche avec celles d'une puissance dont le but exclusijest la destruction de l'ordre de choses qui a existé jusqu'à ce jour, et qui ne vise qu'à dominer seule, ce serait faire la guerre à des principes sacrés, immuables, et par conséquent aux intérêts les plus directs de rAutricbe. Le caractère propre de la situation de rAutriche est la hauteur morale d'où les événements les plus funestes n'ont pu la faire déchoir. Votre Majesté est le point central; Elle est le véritable, l'unique représentant qui reste encore d'un ordre de choses consacré par le temps et reposant sur le droit éternel, immuable. Tous les yeux sont fixés sur Votre Majesté; or, il y a dans ce rôle une grandeur que rien ne saurait remplacer.

Le jour où des troupes autrichiennes marcheront côte à côte avec les bandes françaises et confédérées, et prendront part avec elles h une guerre de destruction, ce jour-là Votre Majesté aura déposé ce noble caractère. Moralement, nous descendrons, dans ce cas, au nivenu des confédérés; politiquement, nous tomberons dans toutes les fautes que le Cabinet russe a commises dans les derniers temps. // n'y aurait vraiment que l'impossibilité absolue d'agir autrement qui pourrait nous forcer à jouer ce rôle.

La neutralité dans tout ce quelle a de strict offre, conformément aux idées fort justes exprimées par Napoléon (dans son entretien du 20 septembre), plus d'un danger sai)s aucun avantage. Il est incontestable qu'il y a danger pour nous dans un trop grand affaiblissement de la puissance de la Russie, et qu'il y a danger égal dans la possession de la Galicie après le rétablissement du Royaume de Pologne. Par une stricte neutralité, nous n'évitons ni l'un ni l'autre de ces périls.

Une fois la paix avec la Russie conclue et le résultat de la

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