ABBÉ DE POMPONNE
L'abbé de Pomponne , revenu de son ambassade de Venise et de ses négociations en Italie, vieillissoit tristement dans le second ordre, aumônier du roi. Cela étoit fâcheux à Un fils et à un beau-frère de ministres , qui n'y étoient pas accoutumés , et qui croyoient , par les mauvais exemples récents , les premières places de l'Église faites pour eux. Torcy, tout timide qu'il étoit, ne le put digérer plus longtemps. Il n'y avoit rien à reprendre aux mœurs ni à la conduite de son beau-frère; mais le roi ne lui avoit pas caché son invincible répugnance à placer le nom d'Arnaud dans un siège épiscopal. Torcy se réduisit donc à la ressource que le chancelier avoit procurée à ï'àbbé Bignon son neveu , que la dépravation de ses mœurs avoit exclu de l'épiscopat. La place de conseiller d'État d'Église, qu'avoit le feu archevêque de Reims, n'étoit pas remplie. Torcy fit encore parler le roi sur son beau-frère, qui s'expliqua comme il avoit déjà fait , lorsque cette exclusion engagea Torcy d'employer l'abbé de Pomponne en Italie ; ïnais en même temps le roi en dit du bien, et témoigna être fâché dé l'empêchement dirimant. Làdessus Torcy tourna court sur la place de conseiller d'État, et l'obtint sur-le-champ. L'abbé de Pomponne s'y donna tout entier, faute de mieux , et en prit l'occasion de quitter sa place d'aumônier du roi.
On sentit sur les huit heures du 6 novembre , à Paris et à Versailles , un tremblement de terre si léger, qu'assez peu de gens s'en aperçurent. Il fut très-sensible vers la Touraine et le Poitou en quelques en'droits , le même jour et à la même heure , ëh Saxe et dans quelques villes d'Allemagne voisines. En ce même temps on établit à Paris une nouvelle tontine '.
Le grand prieur , qui n'avoit pu obtenir la liberté du fils de Massenar , dont il a été parlé lors de l'enlèvement du grand prieur en représailles par le père dé cet homme qui étoit dans Pierre-Encise, avoit peu à peu obtenu quelque liberté des Suisses : il vint enfin à bout de l'avoir tout entière , et permission du roi de venir demeurer à Lyon , mais sans apjprocher là cour ni Paris de plus près* Il y demeura dépuis tant que le roi vécut;