MA CONDUITE AVEC LE RÉGENT
ne manquoit rien à la forme de l'expédition. La reine ensuite leur dit :-:r;icieusement que, puisqu'ils obtenoient ce qu'ils deraandoient , il n'y ;ivoil plus de lieu à association ni à assemblées, que le roi déclaroit 1 association finie, et défendoit les assemblées à l'avenir. La reine en- Miite leur fit des honnêtetés et le Mazarin des bassesses, et chacun se ivtira. Telle fut la fin de cette affaire, bien différente aussi de celle de i"17. Cette révocation subsista tant que les troubles firent craindre, ij rès quoi elle tomba. La reine remit MM. de Bouillon et les tabourets .supprimés. On a vu ailleurs comment celui de la princesse de Guéméné enfanta par différents degrés les mêmes avantages à MM. de Rohan que MM. de Bouillon avoient obtenus , et que celui de Mmes de Senecey et de Fleix les fit enfin duchesses , et en même temps M. de Foix , leur fils ei petit-fils, duc et pair'. Après cette digression nécessaire, revenons Hii 1717.
Je me tenois avec M. le duc d'Orléans sur ces mouvements de la prétendue noblesse et sur l'affaire des bâtards , qui lui étoit si connexe dans la même conduite que je gardois avec lui sur le parlement ; je m'étois contenté de lui démontrer les intimes rapports de ces deux affaires et leurs communs ressorts ; quel étoit son plus puissant intérêt sur la dernière , et qu'à l'égard de l'autre il éprouveroit bientôt que le prétexte frivole des ducs ne dureroit que jusqu'à ce que le parti de M. et de -Aime du Maine fût assez bien formé et fortifié pour aller à lui directe- Mii-'ut et à son gouvernement. Après cette remontrance, je laissois aller le cours des choses, persuadé que ce que je lui dirois ne feroit qu'augmenter ses soupçons que je ne lui parlois que par intérêt et par passion, et que le duc de Noailles, Effiat, Besons, Canillac et d'autres qui l'obsédoient rendroient inutiles les plus évidentes raisons. A la fin pourtant il s'aperçut qu'il avoit laissé aller trop loin ces deux affaires, et du (langer qui le menaçoit. Malgré mon silence avec lui là-dessus , il ne put s'empêcher de m'en dire quelque chose. Je répondis avec un air d'indifférence que je lui avois dit ce que je pensois là-dessus, que je n'avois rien à y ajouter, que c'étoit à lui à juger de ce qu'il lui convenoit de faire, et je changeai aussitôt de discours. Il me parut qu'il le sentit, et il ne m'en dit pas davantage. Cependant les princes du sang ne cessoient de le presser de juger leur différend avec les bâtards, et à la fin il dit à M. le Duc qui les jugeroit incessamment; mais qu'il vouloit prendre avis de beaucoup de personnes, dont il choisiroit plusieurs dans les différents conseils. Cela fut su, et la duchesse du Maine alla se plaindre au régent qu'il vouloit faire juger cette affaire par des gens qui ne savoient point assez les lois du royaume.
On ne peut qu'admirer que des doubles adultérins osent invoquer des lois pour se maintenir dans une disposition sans exemple , faite directement contre toutes les lois divines et humaines , contre l'honneur des
-I. "Voy., sur la promotion de ducs et pairs où fui compris M. de Foix, t. 4*', p. 439. Gaston de Foix, qui prit le litre de duc de Randan , élail fils de la comtesse de Fleix el pelil-fils de la marquise de Senecey. La pairie de Randan fui déclarée mâle el femelle. Les précédents éditeurs ont changé le lexte de Sainl-Simon en metlanl MM. de Foixt leurs- Ji h et petits-Jîlt.