‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence (volume 4)Chapitre 123 sur 319 · LES SIX PORTEURS DE LA REQUÊTE [1717J · texte numérisé non relu

LES SIX PORTEURS DE LA REQUÊTE [1717J

me Ta très-certainement et très-nettement assurée telle. De même conséquence et fausseté , et ce que le procureur général m'a certifié être également faux , c'est ce que Dangeau ajoute du même samedi 19 juin, jour qu'il raconte cette protestation faite dans la grand'charabre par les deux bâtards en personne , que le parlement résolut de se rassembler le lundi matin pour répondre à la protestation des bâtards^ et qu'en attendant^ ils envoyèrent recevoir les ordres de M. le duc d'Orléans ladessus. Puis de ce lundi 21 juin, jour où il marque l'entrée des deux princes du sang au parlement pour lui demander de ne pas recevoir la protestation des bâtards, il ajoute que le parlement envoie les gens du roi au roi pour recevoir ses ordres sur ce qu'ils auront à faire sur la protestation des bâtards. Après quoi il n'en parle plus , non plus que de chose non avenue. Or de façon ou d'au Ire il y auroit eu des ordres au parlement là-dessus, et le parlement eût envoyé au régent pour les avoir, car au roi qui n'étoit pas d'âge à en donner, ce n'eût été qu'une forme , et du samedi il n'auroit pas attendu au lundi pour cela , ni s'il avoit envoyé dès le samedi au régent comme il l'insinue , il auroit encore moins envoyé au roi deux jours après. Après cet éclaircissement nécessaire, revenons.

MM. de Châtillon, de Rieux, de Clermont et de Beaufremont qui, avec les quatre autres qu'on a nommés ci-dessus, avoient été au Palais- Royal présenter au régent le mémoire ou requête dont on a parlé, qui ne l'avoit pas voulu recevoir, furent aussi ceux qui allèrent présenter au parlement la requête sur l'afïaire des princes du sang et bâtards, accompagnés de MM. de Polignac et de Vieuxpont. On a fait connoître les quatre premiers. A l'égard des deux autres, Polignac étoit un petit bilboquet qui n'avoit pas le sens commun , conduit et nourri par son frère le cardinal de Polignac , à vendre et à. dépendre . qui étoit de tout temps de M. et de Mme du Maine, et leur plus intime confident. Le pauvre petit Polignac obéit et ne sut pas seulement de quoi il s'agissoit; je dis l'écorce même , car il en étoit entièrement incapable : jamais deux frères ne furent si complètement différents en tout. Vieuxpont étoit un assez bon officier général , qui ne connoissoit que cela , et qui logeoit chez son beau-père, le premier écuyer: où il vivoit dans la plus aveugle dépendance. On a vu ailleurs ce que c'étoit que Mme de Beringhen et le duc d'Aumont son frère, à quel point ils étoient vendus au premier président , et le premier écuyer d'ailleurs son ami intime , et d'ancienneté tout aux bâtards. Son gendre , sottement glorieux d'ailleurs et fort court d'esprit, goba aisément ce prestige de noblesse, crut figurer , et obéit à beau-père et à belle-mère , et aux jargons du duc d'Aumont. Le crime étoit complet, 1» de se prétendre être la noblesse ne pouvant être que des particuliers , par toutes les raisons palpables qu'on en a vues ci-dessus: 2° de s'assembler contre la défense expresse à eux faite par le régent; car faire une requête souscrite de trente-neuf signatures et présentée au parlement par six seigneurs en personne n'est pas chose qui se puisse sans s'être concertés , et pour cela nécessairement assemblés; 3" se mêler de choses supérieures à tous particuliers comme tels: 4" d'oser implorer l'autorité du parlement pour arrêter h-

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