‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence (volume 4)Chapitre 247 sur 319 · PRINCE DE SAXE SE DÉCLARE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

PRINCE DE SAXE SE DÉCLARE CATHOLIQUE

dont il devoit et n'avoit pas profité à la mort du roi , où il étoit en année de premier gentilhomme de la chambre.

Le prince électoral de Saxe , catholique dès qu'il étoit à Rome , avec une permission du pape de le demeurer caché, le déclara en ce tempsci à Vienne, où il étoit allé voyager et voir l'empereur; le roi de Pologne son père étoit du secret et avoit fort contribué à le faire catholique , pour lui frayer le chemin à lui succéder en Pologne. Mais la mère et l'épouse de ce roi, qui étoient des piliers de leur religion, y étoient si opposées, que le roi de Pologne ne put, depuis qu'il fut catholique, avoir presque de commerce avec l'électrice sa femme que des moments rares quand il alloit en Saxe, où même ce n'étoit qu'en visite, sans qu'elle voulût demeurer dans le même lieu que lui ni qu'elle voulût ouïr parler d'aller en Pologne , ni souffrir le titre , ni aucun des honneurs, ni des traitements de reine. Le roi son mari supportoit cela avec toujours beaucoup de considération pour elle , mais il s'en consoloit avec ses maîtresses. L'électrice sa mère étant morte , il ne fit plus difficulté de laisser déclarer son fils catholique.

L'abbé de Louvois refusa Tévêché de Clermont, sous prétexte de sa santé, en effet parce qu'il s'étoit attendu longtemps aux plus grands postes, et qu'il se trouvoit vieux pour en accepter un si médiocre. Il n'étoit pas sans mérite, il avoit de l'esprit, du monde et du savoir, et remplissoit, par lui-même et avec réputation, la belle place dans les lettres de bibliothécaire du roi. A peine commençoit-il à poindre lors de la mort de son père, qui éloit perdu bien auparavant. Barbezieux. crosse par le roi comme un jeune homme des débauches et des disparates duquel il étoit très-souvent mécontent, n'eut pas loisir de mûrir et de s'accréditer assez pour vaincre auprès du roi les soupçons que les jésuites et Mme de Maintenon , par Saint-Sulpice , lui donnoient sans cesse de l'éducation ecclésiastique du neveu de l'archevêque de Reims , que les jésuites avoient toujours regardé comme leur ennemi, et donné, par conséquent, pour un dangereux janséniste. Ce manège avoit perdu l'abbé de Louvois dans l'esprit du roi , et quelques bagatelles de première jeunesse, qu'en ce genre il ne pardonnoit jamais. Ainsi l'abbé de Louvois avoit vu les premiers postes lui échapper. Mais il n'avoit pu s'accoutumer à en perdre l'espérance, depuis même que sa situation étoit devenue ordinaire par la perle du ministère de son frère et de son oncle. Il étoit demeuré assez de crédit et d'établissements parmi ses frères et sœurs pour la nourrir , et tout attendre de la facilité du régent. Quand il vit ses espérances trompées parTévèché de Clermont , il ne put eu digérer l'humiliation , et il aima mieux hasarder de ne sortir point du second ordre. Le P.Ma3sillon,père de l'Oratoire, célèbre par ses sermons, en profila. Crosat, le cadet, paya pieusement et noblement ses bulles.

Mme la duchesse de Berry fit donner au vieux Saint-Viance , très-galant homme , qui avoit été lieutenant des gardes du corps, et lieutenant général, cinquante mille livres, et deux mille livres de pension pour son gouvernement de Cognac, de douze mille livres de rente, sans obliger à résidence, et fit présent de ce gouvernement à Rion.

Mme d'Argenton, longtemps depuis que M. le duc d'Orléans reiil

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