‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence (volume 4)Chapitre 283 sur 319 · LA PÉROUSE DUPE BE PENTERRIEDER · texte numérisé non relu

LA PÉROUSE DUPE BE PENTERRIEDER

d'Utrecht. Il jugea même que le roi d'Espagne ne seroit pas fâché que ces traités fussen' enfreints, pour avoir la liberté de recouvrer les États autrefois dépendants de sa couronne, et pour reven r contre ses r-nonciations à celle de France. Enfin La Pérouse, sou fié d'ai leurs par les émissaires de Penterrieder , se persuada que la France et l'Espagne s'ent?ndoi ni ensimbh et que le régent n'avoit laissé aller Monti à Madrid que pour gagner Ail éroni , et qu'il y avait réussi. Cett ! opinion néanmoins contredisoit u:"> autre d'scours tenu quelques jours auparavant. On disoit qu'Albéroni assuroit la cour d'Angleterre que, si l'empereur vouloit renoncer à l'Espagne et promettre pour un fils de la reine d'Espagne l'expectative de Toscane et de Parme , le roi d'Espagne uniroit ses forces à celles de l'empereur pour le mettre en possession de la Sicile.

Ainsi tout Conspiroit, selon l'opinion publique, à l'agrandissement de l'empereur. Toutefois ses ministres prétendoient , mais sans faire pitié à personne , que chacun vouloit alors faire la loi dans l'empire. Penterrieder le dit ainsi à Londres à l'occasion d'une déclaration que le ministre de Moscovie fit à Bernsdorfl\ Elle portoit que le czar ne pourroit s'empêcher de protéger le duc de Mecklembourg son parent , si on entreprenoit de l'opprimer sous de vains prétextes. On croyoit alors que la paix entre la Suède et la Moscovie seroit incessamment conclue, et comme il n'étoit question que d'un accommodement particulier, le roi de Prusse avoit lieu de se croire abandonné. Mais le czar démentit les bruits publics. Il écrivit au roi de Prusse , et l'assura positivement qu'il détestoit les traités secrets , et qu'il n'avoit jamais pensé à en conclure.

C'est en cet état que se trouvoient, à la fin de cette année 1717 , les aflaires générales de l'Europe. Elle finit en France par la mort de la maréchale de Duras à soixante-quinze ou soixante-seize ans, sœur du dernier duc de Yentadour, fort retirée dans une terre près d'Orléans. G'éloit une femme singulière, boiteuse, fort grosse et de beaucoup d'esprit. J'avois oublié d'en faire mention; car elle mourut dès le mois de septembre. Mais tout à la fin de l'année, on envoya en Bretagne quatre lettres de cachet, pour ordonner à quatre gentilshommes de Bretagne qui y avoient paru les plus opposés aux volontés de la cour, d'y venir rendre compte de leur conduite. Leur nom étoit MM. de Pire, Bonamour , Noyan et Guesclairs.

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