‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence (volume 4)Chapitre 306 sur 319 · Jésuite confesseur de Louis XIV · texte numérisé non relu

Jésuite confesseur de Louis XIV

6. Marie de Rohan, née en décembre <600; elle avait épousé en t6t7 Charles d'Albert, duc de Luynes ; veuve en 1621, elle se remaria l'année sui-

recherches à ce bonhomme-ci ; mais assurément cela ne servira de rien, et vous apprendrez précisément tout ce qu'elle lui dira. Il persiste à croire ce que je vous ai écrit du roi et de Mlle de La Vallière , et pense que ce qu'il en dit il y a quelque temps est absolument vrai.

« Comme j'ai appris depuis peu que le P. Leclerc, que je pensois qui devoit être confesseur du roi après le P. Annat, le sera de Monsieur, je puis vous assurer que , si cela est de quelque chose , j'aurai des habitudes et des liaisons aussi étroites avec lui que j'en ai auprès du bon père. »

L'influence de Mme de Chevreuse inquiétait particulièrement Fouquet , et il chargea la personne qui lui transmettait ces renseignements de découvrir les projets de cette dame. Il en reçut, le 21 juillet 1661 , la réponse suivante : « Je n'ai pu rien savoir de plus particulier de chez Mme de Chevreuse ; mais depuis peu le bonhomme de confesseur est venu ici pour voir la personne dont j'ai eu l'honneur de vous parler autrefois. Il lui a conté tout ce qu'il savoit, et, entre autres choses, lui a dit que depuis quelque temps Mme de Chevreuse lui avoit fait de grandes recherches; qu'elle lui avoit envoyé Laigues ' plusieurs fois; qu'il lui avoit parlé fort dévotement pour le gagner, mais surtout qu'il lui avoit parlé contre vous, monseigneur. Je ne m'étendrai point de quelle sorte; car ce bonhomme-ci a dit qu'il l' avoit conté à M. Pellisson^. Il nie suffira donc de vous faire savoir sur cela que le bonhomme de cordeiier se plaint un peu de ce qu'en faisant unr éclaircissement à la reine mère, vous l'aviez comme cité; et que lui disant qu'elle alloit à Darapierre^ parmi vos ennemis , et qu'on lui avoit dit des choses contre vous , comme elle nioit qu'on lui eût jamais parlé de cette sorte, vous lui dites de le demander au père confesseur ; que le lendemain la reine lui avoit dit qu'elle ne pouvoit comprendre comment vous saviez toutes choses, et. que vous aviez des espions partout.

« La reine a encore dit qu'elle voyoit une cabale dans la cour fort méchante qu'elle ne connoissoit point et qu'elle ne pouvoit encore pénétrer '' ; qu'elle a su que depuis peu on avoit fait coucher le roi avec une jeune personne, de laquelle ce bonhomme n'a pu redire le nom; et que la reine avoit encore ajouté que le roi se relâchoit fort sur la dévotion ; qu'il ne se confessoit ni ne communioit pas si souvent , et que le P. Annat étoit un pauvre homme , et si timide qu'il n'osoit dire aucune chose au monde au roi, de peur que cela n'allât contre ses intérêts.

ce II a encore dit que la reine mère , en parlant des mécontentements qu'elle avoit sur Madame ^, lui avoit assuré qu'elle étoit une

vante avec Claude de Lorraine, duc de Chevreuse ; elle mourut le \ 2 août i 679. Mme de Chevreuse, dont le nom reparaît plusieurs fois dans ces lettres, était une des ennemies de Fouquet.

1. Laigues était le mari de conscience de Mme de Chevreuse. Voy. les Mémoires du jeune Brienne.

2. Pellisson était un des principaux commis de Fouquet. , 3. Château de Mme de Chevreuse.

4. Il s'agit probablement de la cabale de la comtesse de Soissons. h. Henriette d'Angleterre, femme de Philippe d'Orléans.

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