APPEL DE LA SORBONNE
même les cardinaux de Rolian et de Bissy, hors un petit nombre de désespérés . qui avec les jésuites ne respiroient que sang , fortune et subversion de l'Église gallicane. De degré en degré et de violence en violence qu'ils extorquoient du régent malgré lui, l'affaire en vint au point de faire de la constitution une règle de foi.
Le pape , roidi , contre l'usage de ses plus grands et plus saints prédécesseurs, à ne vouloir donner aucune explication de sa bulle, ni soutTrir que les évêques y en donnassent aucune de peur d'attenter à sa prétendue infaillibilité , encore plus dans l'embarras de donner une explication raisonnable , ou d'en admettre une , ne vouloit ouïr parler que d'obéissance aveugle, et son nonce, à la tête des jésuites et des sulpiciens, trouvoit l'occasion trop belle d'abroger les libertés de l'Église gallicane , et de la soumettre à l'esclavage de Rome , comme celles d'Italie, de l'Espagne, du Portugal, des Indes, pour en manquer l'occasion. Il se mit donc à bonneter les évêques par lui. et par les jésuites et les sulpiciens, pour faire déclarer la constitution règle de foi. Les plus attachés à Rome d'entre les évêques se révoltèrent d'abord contre une proposition si absurde, et que Rome même avoit trouvée telle, comme ils s'étoient révoltés d'abord contre la constitution à son premier aspect. La règle de foi eut le même sort qu'avoit eu l'acceptation de la constitution , et à force d'intrigues et de manèges quelques évêques y consentirent , et le nombre parut s'en grossir.
Dans cette extrémité d'un nouvel article de foi si destitué de toute autorité légitime , puisqu'elle n'est donnée qu'à l'assemblée libre et générale de l'Église , à qui seule les promesses de Jésus-Christ s'adressent d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles, la Sorbonne et quatre évêques crurent qu'il étoit temps d'avoir recours au dernier remède que l'Église a toujours présenté, et approuvé que ses enfants en usassent comme suspensif, en attendant des temps où la vérité pourroit être écoutée, et dont jusqu'au feu roi inclusivement on s'étoit publiquement servi dans les parlements et parmi les évêques , les docteurs, etc. , pour se dérober aux entreprises de Rome. Ce fut l'appel au futur libre concile général. Bentivoglio et toute la constitution jetèrent les hauts cris. Ils sentoient le poids en soi de cette grande démarche; ils géraissoient sous son poids suspensif. Ils sentoient l'eflet terrible pour leur entreprise de la suite qu'ils dévoient craindre de cet exemple, et remuèrent l'enfer pour l'arrêter. Le régent prompt à s'effrayer, facile à se laisser entraîner par ses confidents perfides, s'abandonna à eux pour sévir contre la Sorbonne et contre les quatre évêques, qu'il exila, puis qu'il renvoya dans leurs diocèses.
Ce fut alors que le cardinal de Noailles manqua un grand icoup , comme il en avoit déjà manqué plusieurs fois. Je le voyois souvent chez lui Qt chez moi. Il y vint dans cette occasion raisonner avec moi. Je l'exhortai à l'appel. Il étoit sûr des chapitres et des curés de Paris, des principaux ecclésiastiques et des plus célèbres et nombreuses congrégations de communautés séculières et régulières. Il l'éloit aussi de plusieurs évêques qui n'attendoient que son exemple; et de tous ceux-là il étoit pressé de le donner. Je lui représentai qu'après s'êlre inutilement