‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, sur le siècle de Louis XIV et la Régence (volume 5)Chapitre 225 sur 374 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Mort de Molinos. — Conlinualion de l'affaire de l'archeTêque de Cambrai. — Mandemenls théologiques de MM. de Paris et de Chartres. — Instruction tur les états d'oratson de M. de Meauz. — Maximes des saints de M. de Cambrai. — Ducs de Chevreuse et de Beauvilliers perdus auprès de Mme de Mainlenon. — M. de Cambrai se résout à porter son affaire i Rome. — Son intime liaison avec le cardinal de Bouillon et les jésuites. — Leur» intérêts communs. — Cardinal de Bouillon Ta relever i Rome le cardinal de Janson, et obtient pour son neveu la cnadjutorcrie de son abbaye de Cluny. — Embarras des jésuites et leur adresse. — Succès des Mojcimet des saints et de \' Instruction sur les états d'oiaison. — Maximes des saints mises i l'examen. — Examinateurs. — Mort de l'évêquc de Metz; sa fortune. — M. de Paris, commandeur de l'ordre. — M. de Meaux, conseiller d'Etat d'Église. — M. de Cambrai porte son affaire i Rome. — Lettres aa pape de part et d'autre. — Réponses du pape. — M. de Cambrai exilé pour toujours dans son diocèse. — Mort de la duchesse douairière de Noailles.

— Sa charge. — Sa famille. — M. de Troycs; sa famille, sa vie, sa retraite.

— M. d'Orléans de nouveau et durement condamné contre M. de La Rochefoucauld. — Abbé de Coislin; sa fortune; est fait évéque de Meti. — Place décidée pour le premier aumônier derrière le roi i la chapelle. — Réconciliation du duc de La Rochefoucauld et de l'évèque d'Orléans. — Mort de La Hilliëre, gouverneur de Rocroy, ami de mon père. — Comédiens ilaiient chassés.

Molinos, ce prêtre espagnol qui a passé pour le chef des quiétistes, et pour en avoir renouvelé les anciennes erreurs, étoit mort à Rome dans les prisons de l'inquisition , tout au commencement de cette année , et cela me fait souvenir qu'il est temps de reprendre l'affaire de M. de Cambrai. J'ai laissé Mme Guyon dans le donjon de Vincennes, et j'ai omis bien des choses curieuses, parce qu'elles se trouvent dans ce qui a été imprimé de part et d'autre. Il faut néanmoins dire, pour l'intelligence de ce qui va suivre, qu'avant d'être arrêtée, elle avoit été mise entre les mains de M. de Meaux, où elle avoit été fort longtemps chez lui, ou dans les filles de Sainte-Marie de Meaux, où ce prélat s'étoit instruit à fond de sa doctrine, sans avoir pu lui persuader de changer de sentiments. On peut juger qu'elle les avoit épurés en effet, ou du moins en apparence , de tout ce qui étoit reproché de sale et de honteux à cette doctrine, et à ce qui lui avoit été reproché de sa conduite avec le P. Lacombe, et de ses bizarres voyages avec lui. Sans des précautions les plus scrupuleuses là-dessus, elle n'auroit pu surprendre la candeur et la pureté des mœurs des ducs de Chevreuse et de Beauvilliers , de leurs épouses, de l'archevêque de Cambrai , et de bien d'autres personnes qui faisoient l'élite de son petit troupeau. Mais, lasse enfin d'être comme prisonnière entre les mains de M. de Meaux , elle avoit feint d'ouvrir les yeux à sa lumière , et avoit signé une rétractation tellç

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