‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, sur le siècle de Louis XIV et la Régence (volume 5)Chapitre 288 sur 374 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

P. La Combe i la Baslille. — Orage contre les ducs de Cherrense et de Beauvilliers et les attachés à M. de Cambrai. — Sainte magnanimité du duc de Beauvilliers. — Grande et prodigieuse action de l'archevêque de Paris. — Quatre domestiques principaux des enranls de France chassés et remplacés, et le frère de M. de Cambrai cassé. — M. de Meaux consulte M. de la Trappe sur M. de Cambrai, publie sa [lettre] i son insu et se brouille poor toujours avec cet archevêque et avec ses amis. — Duchesse de Béihune, principale ami« de Mme Guyon. — Complaisance des ducs de Cherreuse et de Beauvilliers pour moi sur M. de la Trappe. — Plaisante et fort singulière aventure entre le duc de Cbarost et moi sur M. de Cambrai et H. de la Trappe. — Carelli, empirique, devient grand seigneur.

Cependant l'afTaire de M. de Cambrai étoit à la cour dans une grande effervescence. Les écrits de part et d'autre se multiplioient; le P. La Combe fut mis à la Bastille , duquel on publia qu'on découvrit d'étranges choses. Mme de Maintenon avoit levé le masque, et conféroit continuellement avec MM. de Paris , de Meaux et de Chartres. Ce dernier ne pouvoit pardonner à M. de Cambrai le projet bien avéré de lui avoir voulu enlever Mme de Maintenon jusque dans son retranchement de Saint-Cyr, et les Noailles, si nouvellement unis à elle par leur mariage , avoient auprès d'elle les grâces de la nouveauté auxquelles elle ne résistoit jamais. Son dessein de porter M. de Paris dans la confiance de la distribution des bénéfices, pour énerver le P. de La Chaise qu'elle n'aimoit ni sa société, et de s'introduire dans ce nouveau crédit à l'appui de celui de l'archevêque, lui faisoit embrasser tout ce qui pouvoit

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