HENRI DE ROHAN DUC ET PAIR
principale pièce de son sac , et toute la force des cris de ceux qui la protégeoient.
La ûa de tout cela fut qu'elle en fut pour sa honte , et ses protecteurs pour leurs cris, et que M. de Nemours épousa Mme de Guise en 1566. Mlle de La Garnache disparut et alla élever son poupon dans l'obscurité où il vécut et mourut. Après plusieurs années , comme la suite infatigable et le talent de savoir se retourner est encore un apanage spécial de la maison de Rohan , Mlle de La Garnache se remontra à demi , essaya de faire pitié à Mme de Nempurs, et d'obtenir quelque dédommagement par elle. Elle la toucha enfin , et Mme de Nemours obtint personnellement pour elle , et sans aucune suite après elle , l'érection de la seigneurie de Loudun en duché sans pairie, en 1&76.
Mlle de La Garnache alors reparut tout à fait sous le nom de duchesse de Loudun, et jouit du rang de duchesse, qui fut éteint avec ce duché par sa mort. Telle est la première époque d'un rang dans la maison, et non à la maison de Rohan, qui, avec toutes ces alliances si grandes et si immédiates, n'en avoit jamais eu , et n'y avoit jamais prétendu.
René H de Rohan , frère de la duchesse de Loudun , et fils comme eUe d'Isabelle de Navarre , ne figura point non plus que ses autres frères , mais ils n'eurent point de postérité, et il en eut. Ses deux fils et ses deux filles firent tous parler d'eux, et comme leur père qui s'étoit fait huguenot , et encore plus comme leur mère qui fut une héroïne de ce parti, ils l'embrassèrent. Elle étoit veuve de Charles de Quellenec, baron du Pont, qui périt à la Saint-Barthélémy, et fille et héritière de Jean L'archevêque, seigneur de Soubise, et d'une Bouchard Aubeterre. Elle et ses deux filles se sont rendues fameuses dans la Rochelle , où elles soutinrent les dernières extrémités, jusqu'à manger les cuirs de leurs carrosses , p'.ndant le siège que Louis XIIl y mit.
Sa fille aînée , plus opiniâtre s'il se pouvoit qu'elle , mourut de regret de sa prise fort peu après au château du Parc en Poitou , où elles avoient été reléguées en sortant de la Rochelle. La mère y mourut deux ans après en 1631 , et l'autre fille les survécut jusqu'en 1646, toutes les deux point mariées. Elles avoient une autre sœur entre elles deux , qui fut la première femme d'un prince palatin des Deux-Ponts, en 1604, et qui mourut en 1607.
Leurs deux frères furent Henri et Benjamin de Rohan , seigneur de Soubise. Henri fut le dernier chef des huguenots en France. Le duc de Sully, surintendant des finances, et si bien avec Henri IV, et huguenot aussi , le favorisa fort auprès d'Henri IV dans la haine du maréchal de Bouillon. Henri IV le fit duc et pair en 1603, et moins de deux ans après, M. de Sully lui donna sa fille en mariage.
C'est ce grand homme qui se signala tant à la tête d'un parti abattu , et qui, réconcilié avec la cour, s'illustra encore davantage par les négociations dont il fut chargé en Suisse , et par ses belles actions à la tète de l'armée du roi en Valteline, où il mourut de ses blessures en 1638, avec la réputation d'un grand capitaine et d'un grand homme de cabinet. Il ne laissa qu'une fille , unique héritière , qui porta tous ces grands biens en mariage en 1645 , malgré sa mère , à Henri Chabot , à condition