DISTINCTIONS EN SORBONNE
jusqu'à la destruction de la Ligue sous Henri IV, aucun d'eux n'a été traité d'altesse que le duc de Lorraine souverain , et l'aîné ou le chef de leur maison.
De ceux qui ont pour ainsi dire régné en France parmi les troubles qu'ils y formèrent, nul n'a été plus respecté ni plus grandement traité que le duc de Mayenne, qui , pendant sa gestion de lieutenant général de l'Etat et de couronne de France , n'omit aucune de celles qui sont réservées à la personne et à l'autorité de nos rois. Il fît , en son propre nom, des déclarations et des édits qui furent enregistrés au parlement; il fit des maréchaux de France qui en exercèrent les offices, et dont quelques-uns les conservèrent en faisant leur traité avec Henri IV ; il punit de mort et d'exil, et donna grâce de la vie-, il disposa en roi des charges, des emplois, des bénéfices de toutes les sortes, et grand nombre de ses pourvus gardèrent leurs places à la paix.
On ne peut donc pas croire qu'au temps de l'exercice de l'autorité et de la puissance royale qu'il exerça en plein dans son parti qui étoit presque toute la France et Paris surtout , personne de ce parti lui eût osé ni voulu même refuser aucun des honneurs et des distinctions , même nouvelles, qu'il eût voulu s'arroger. Les histoires et les Mémoires de ces malheureux temps rapportent une infinité d'actes de M. de Mayenne, et de lettres de toutes sortes de personnes à lui écrites. Dans pas une de ces pièces il ne se trouve d'altesse. C'est vous partout, et jusqu'à son propre secrétaire ne lui écrit jamais autrement. Il est donc vrai qu'il n'imaginoit pas de prétendre ce traitement, comme alors ni le duc de Lorraine ni aucun autre souverain qui se faisoient donner l'altetse , n'imaginoient pas le térénissime .
Ce superlatif ne leur est venu dans la tête et dans l'usage que longtemps depuis, lorsque leurs cadets se sont fait traiter A'altesse, pour se distinguer d'eux, et cette distinction a été de courte durée. Les mêmes qui s'étoient fait donner Valtesse comme les souverains, ont pris aussi le «^r^ntjjïme presque aussitôt qu'ils l'ont vu inventer, et de là est venue de nos jours Yaltetse royale qui n'étoit que pour les enfants de nos rois, descendue au leur, et à cause de cela Monsieur et Madame la quitter, et M. de Savoie, M. le grand-duc de Toscane, et longtemps après M. de Lorraine, la prendre sous prétexte d'avoir épousé des petites-filles de France qui en étoient traitées, tandis que les ducs de Lorraine et de Savoie , gendres de nos rois et leurs beaux-frères , s'étoient contentés de la simple altesse.
Depuis M. de Mayenne, aucun de sa maison n'a été sur les bancs de Sorbonne jusqu'à un fils de M. le Grand, et longtemps après, un autre, tous deux de nos jours, et qui trouvèrent ces distinctions établies en Sorbonne pour beaucoup moins qu'eux, et qui les ont eues.
Le cardinal de Guise, archevêque de Reims, mort à la suite de Louis XIII , pendant le siège de Saint-Jean-d'Angely , n'a jamais été que sous-diacre , et n'avoit jamais songé à entrer en licence, beaucoup moins M. de Guise de Naples, archevêque de Reims, aussi dans son enfance, et qui ne l'a jamais été que commendataire. D'autres maisons souve-