SON CARACTÈRE; SA FIN
ancien et -en grande réputation. Il m'avoua son tort et fit
tout ce que je voulus. Chamilly, le marquis d'Huxelles et plusieurs autres continrent le chevalier d'Asfeld, depuis maréchal de France comme eux , et parvinrent à faire embrasser Mélac et lui, et jamais depuis il n*en a été mention entre eux. A tout prendre , Mélac étoit un excellent homme de guerre, et un bon et honnête homme ; pauvre, sobre et frugal, et passionné pour le bien public.
Pelletier de Sousy, tiercelet de ministre par sa direction des fortifications qui lui donnoit un logement partout , jusqu'à Marly, pour son travail réglé seul avec le roi , le devint encore davantage par la place distinguée d*un des deux conseillers au conseil royal des finances, qui vaqua par la mort de Pomereu de l'opération de la taille. Ce dernier étoit fort considéré, fort droit, et celui des conseillers d'État qui avoit le plus d'esprit et de ca})acité, d'ailleurs grand travailleur, bon homme et honnête homme. U étoit extrêmement des amis de mon père et étoit demeuré des miens. G'étoit un feû qui animoit tout ce qu'il faisoit, mais alloit quelquefois trop loin , et il y avoit des temps où sa famille faisoit en sorte qu'il ne vnyoit personne. Après cela il n'y paroissoit pas. C'est le premier intendant qu'on ait hasardé d'envoyer en Bretagne et qui trouva moyen d*y apprivoiser la province.
Une autre mort seroit ridicule à mettre ici sans des raisons qui y engagent. C'est celle de Petit, qui étoit fort vieux, . et depuis grand nombre d'années médecin de Monseigneur. Il avoit dp l'psprit, du savoir, de la pratique et de la probité , et cependant il est mort sans avoir jamais voulu admettre la circulation du sang. Gela m'a paru assez singulier pour ne le pas omettre. L'autre raison est que sa charge fut donnée à Boudin, duquel il n'est pas temps de rien dire, mais dont il n'y aura que trop à parler, et pour des choses très-importantes.
Le roi reçut à Fontainebleau la nouvelle de la liberté du
i± MARÉCHAL DE VILLEROY LIBRE SANS RANÇOiN. [i702]
maréchal de VUleroy. Peu après que l'empereur fut informé du cartel réglé en Italie, il lui fit mander qu'il étoit libre
et ne voulut point galamment qu'il payât sa rançon, qui alloit à cinquante mille livres. Cette liberté coûta cher doublement à la France , mais elle fut très-agréable au roi. Le maréchal eut ordre d'attendre un officier chargé de le conduire de la part de l'empereur à trayers l'armée du prince Eugène.
On vit à Fontainebleau une nouveauté assez étrange : Madame à la comédie publique dans la deuxième année de son deuil de Monsieur. Elle en fit d'abord quelque façon ; mais le roi lui dit que ce qui se passoit chez lui ne devoit pas être considéré comme le sont les spectacles publics.