‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 109 sur 209 · CHAPITRE Xin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xin

1704. Uuchesse de Nemours rappelée. — Mariage de Nangis et de MUe'de La Uogodtte. — Mariage da vîdame d'Amiens et de Mlle de Lavaidin. — Yisiles du roi, de la rdae et des filles de France, etc.; époque de leur oeisation. Demis d'enfants et leur cause, — Messages ou envois. — Réception d'un valet de pied envoyé par le roi au duc de Monlbazon. — Comte d'Ayen duc par démission de son père. — Mort de Sainte-Mosme. — Mort du baron de Bressé. — Mort de Mmo do Boisdauphin. — Mort de Termes et sa cruelle aventure. — Mort de l'infante de Portugal. — Tessé en Italie; sa bassesse. — Petit combat en Italie. — Conduite de Vendôme. — Flatteiii^ artificieuse de Vaudomont. — Autre action en Italie. — Tessé en Savoie. — La Feuillade en Dauphiné, fait lieutenant Jiénéral seul. — Grand prieur général d'armée. — Le iils unique de Yaudemont feld-marécbal des armées de l'empereur. — Maréchal de Yilleroy et la marquise de Bedmar à Versailles. — - Grande sévérité du conseil de guerre de Vienne. — Progrès des mécontents de Hongrie. — > Yilleroy en Flandre* ^Baron Pallavîcin. — Mariage du fils ainé de TaUard avec la fille unique de Verdun. — Xàllard sur le Rhin ; Coigny sur la Moselle. — Deux cent mille livres d'augmentation de brevet de retenue au maréchal de BoufHers sur sa charge , qui ne sert point. — Adoration de la croix ôtée aux ducs. — Mort du duc d'Aumont; sa dépouille. — Mort du cardinal Norris. — Mort de Mme de Lyonne; ses enfants. — Mort et deuil d'un fils de l'électeur de Bavière. — Duchesse de Ventadour gouvernante survivancière des enfants de France. — Maicclial de Chàteaurcnauld lieutenant général de Bretagne. — Walstein mis en Uberlé. — Phélypeaux et Vemon échangés. — Mort d'iiarlay, con-

236 DIICHESS£ D£ NEMOURS IiAPP£L££. [1704]

MiUer d'État. ^ Mort de Cohorn. — ViHarB en Langnedoç el Mootrevel en Guyenne. — On me fait une opération pour noe. saignée. — Chamillart m'avoit raccommodé avec le rd; Maréchal achève. — Avidité mal reçue du comte de Marsan. — Mort du célèbre Bos- 8uet, évéque de Meauz, et du cardinal de FQratemberg; leur dépouille.

Cette année commença par un acte de bonté du roi , dont il est vrai qu'il auroit pu s'épargner la matière. Puysieux, ambassadeur en Suisse, avoit son irère le chevalier de Sillery attaché de toute sa vie au prince de Gonti plus de cœur encore que d*emploi. n étoit son premier écuyer, et intimement avec son frère. La conduite de Mme de Nemours, de ses gens d'affaires et de ses partisans à Neuchâtel, avoit fort embarrassé les vues et les démarches de ce prince, et souvent déconcerté.tous ses projets. Il étoit ardent sur cette affaire, dont se» envieux lui reprochoient que la richesse lui tenoit bien plus au cceur que n'avoit fait la couronne de Pologne. Puysieux le servit autant , et plus même que ne lui permettoit son caractère, et l'impartialité du roi entre les prétendants. Il n'y en avoit aucun de plus opposé au prince de Gonti, ni de plus aimé et autorisé à Neuchâtel, que Mme de Nemours, qui possédoit ce petit ttat depuis si longtemps, et qui en vouloit disposer en faveur de ce bâtard de Soissons qu'elle avoit déclaré son héritier, et de ses filles. Elle fut desservie auprès du roi, et Puysieux l'eut beau à la donner comme peu mesurée avec un prince du sang, et trop altière sur l'exécution des ordres du roi dans sa conduite, si bien qu'enfin elle fut e»lée en sa maison de Goulommiers. Elle en reçut l'ordre et l'exécuta sans se plaindre, avec une fermeté qui tint encore plus de la hauteur, et, de ce lieu, agit danjs ses affaires avec la même vivacité et aussi peu de mesure contre le prince de Gonti, sans qu'il lui échappât ni plainte, ni reproche, ni excuse, ni le moindre désir dè se voir en liberté. A la fin, on eut honte de cette violence qui duroit depuis trois ans sur une princesse de plus de quatre-

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