‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 192 sur 209 · ET D*£UX, PAR LUI, A MADAME DES URSINS · texte numérisé non relu

ET D*£UX, PAR LUI, A MADAME DES URSINS

lières. Cela pouvoît lai servir pour les choses du conseil, et ôter au roi l'idée fâcheuse qu'il ne pouvoit vivre avec pas un de ses ministres. Je fus surpris qu'il m'accueillît avec une attention très-marquée et suivie , qu'il entamât des propos avec moi pour voir comment j'y prendrois cette recherche; je me tins en garde avec un homme ennemi de ce que j'avois de plus intime et qui ne faisoit rien qu'avec des vues. Ma politesse ne lui suffit pas. L'affaire de Mme des Ursins s'avançoit dans les ténèbres. 11 éloit pressé de s'unir aux Pontchartrain ; c*étoit sur moi qu'il avoit jeté les 7euz pour la former. Il se dégoûta et tourna court sur le premier écuyer, déjà de ses amis et qui, n'ayant pas mes raisons, devint bientôt son homme et fit en un instant l'union qui leur convenoit à tous.

Le chancelier, mal avec Beauvilliers, brouillé, ouvertem^t avec Ghamillart, sans liaison avec Torcy, contre lequd son fils crevoit de jalousie, totalement déchu auprès de Mme de Maintenon, avec peu d'alîaires (rares et souvent plutôt embarrassantes pour lui qu'agréables) directement avec le roi 9 et ne tenant plus à lui que par l'habitude et par l'esprit et l'agrément, fl fut ravi de se Mer à un homme tel qu'étoit Harcourt, et tel qu'il pouvoit si naturellement de^venir, qui avoit avec lui des aversions et des raisons communes d'éloignement, avec qui d'ailleurs il ne pouvoit entrer en compromis ni en soupçon pour son ministère ni pour celui de son fils, lequel, abhorré de tout le monde et d0 ses confrères même, ne faismt que prendre haleine de la peur que le comte de Toulouse lui avoit faite , et étoit trop heureux de se pouvoir lier avec un homme aussi considérable que l'étoit Harcourt au dehors, et plus encore en dedans, dont la protection et les conseils hii pouvoient être d'un usage si utile. Mais, en faisant cette union., Harcourt, qiii tout en douceur donnoit la loi, voulut à découvert que Mme des Lrsins y fût comprise , et qu'il pût lui répondre pour toiyours à l'avenir de leur amitié et de leurs services.

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