‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 99 sur 209 · AVEC LA FILLE DU DUC DE BEAUVILLIERS · texte numérisé non relu

AVEC LA FILLE DU DUC DE BEAUVILLIERS

leur situation brillante avoient à choisir sur toute la France, prirent un gendre qui n'y croyoit point et qui se piqua toujours de le montrer, qui âé se contraignit, ni devant ni * après, d*aucun de ses caprices ni de son obscurité , qui joua et but plus qu'il n'avoit et qu'il ne pouvoit, et qui s*étant avisé sur le tard d'un héroïsme de probité et de vertu , n'en prit que le fanatisme sans en avoir jamais eu la moindre ▼due en réalité. Ge fléau de sa fiaumlle et de soi-même se retrouvera ailleurs.

Pontchartrain fit en même temps le mariage d*un de ses beaux-frères capitaine de vaisseau , et lors à la mer, avec la fille unique de Ducasse, qu'on croyoit riche d'un million deux cent mille livres. Ducasse étoit de Bayonue, où son frère et son père vendoient des jambons^ Il gagna du bien et beaucoup de connoissances au métier de flibustier, et mérita d'être feàt officier sur les vaisseaux du roi, où bientôt après il devint capitaine. C'étoit un homme d'une grande valeur, de beaucoup de tête et de sang-froid et de grandes ^treprises , et fort aim^ dans la marine par la libéralité avec laquelle il faisoit part de tout,' et la modestie qui le tenoit en sa pla(5e. D eut de fùrieux démêlés avec Pointis, lorsque ce dernier prit et pilla Carthagène. Nous verrons ce Ducasse aller beaucoup plus loin. Outre Fappât du bien, qui fit d'une part ce mariage, et de l'autre la protection assurée du ministre de la iner, o^-ci trouva tout à propos à acheter pour son beau-lirère, de l'argent de Ducasse, la charge de lieutenant général des galères, qui étoit unique, donnoit le rang de lieutenant général , et faisoit faire tout à coup ce grand pas à un capitaine de vaisseau ; elle étoit vacante , par la mort du bailli de Noailles, et n'avoit pas trouvé d'acheteur depuis. -

Un troisième mariage qui surprit fort Ait celui du duc

de Saint-Pierre avec Mme de Rénel, sœur de M. de Torcy, ayant tous deux des enfants de leur premier mariage. Saint- Pierre étoit Spiûoia, sa première femme aussi. 11 avoit

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