CHAPITRE DLXX
Echappé avec toot avantage de tous les piégea du cacdinal Duboii, j'en aperçoia aon dépit à travera aea louangea. — Audience particulière qui m'eat accordée. — Manégea de la reine. — Service de Grimaldo. — Office à don Patricio LauUez. — Attachement du roi d'Espagne aux jésuites peu coufornie au goût de la reine. — Bontés ou compliments singuliers de la reine pour moi. -— Audience particulière du comte de Géreste. — Je consulte Grimaldo sur les bontés de la reine. — Kon accueil qu'il me fait. — Confiance et amitié qui a^établissent entre nous. — Pompe de leurs majealés catboliquea allant à Notre-Dame d^Atocba. — Départ de mademoiselle de Mont* prnsier de Paris. — Leurs majestés catboliquea donnent une longue audience è Maulevrier et à moi seuls, étant au Ut, contre fout otage. — Étrange habitude de Maulevrier. — Départ de leurs majestés catholiques pour Lerma. -» Je présente enfin une lettre du roi à Tin fan te. — Je reçois chez moi les compliments de la ville de Madrid. — Lettre curieuse du cardinal Dubois è moi sur rechange des princesses. — Santa- Grus chargé de cet échange. — Je prends avec lui d^utiles précautiona è l'égard du prince de Rohan chargé par le roi du même échange.
Ce ne fut pas sans un grand plaisir que je fls, le 26 au matin, lendemain de la signature, les dépêches que je devais envoyer après mon audience de remerctment qui devait terminer cette même matinée, par lesquelles je rendais compte de tout ce qui s'était passé par un
courrier qui ne pat être dépêché que le surlendemain 28 novembre. J'étais aisément parvenu à éluder les commissaires et à faire signer par leurs majestés catholiques eiles-mémes, contre tout usage et exemple, nonseulement un instrument du contrat du futur mariage du roi et de Finfante, mais deux instruments dont j^en- Toyai un au roi signé de leur main par ce courrier, ce (pii était bien pins qu'il ne m'avait été demandé, puisque le cardinal Dubois se contentait d'une simple copie signée du seul secrétaire d'état. J'avais fait passer l'entreprise de M. le duc d'Orléans sur le prince des Asturies sans aucune difficulté et lui avais renvoyé sa lettre à ce prince où la qualité de frère était omise. Les témoins du mariage, je ne les admis qu'à condition qu'ils ne paraîtraient tels que dans un acte séparé , signé du seul secrétaire d'état, et qu'eux ne signeraient quoi que ce fût. J'étais sorti du piège qui m'avait été si bien tendu sur l'instrument du contrat en français, tellement à mon avantage, que l'infamie en sauta aux yeux de leurs majestés catholiques et de tout ce qu'il y avait de plus illustre en Espagne rassemblé dans la cérémonie de la signature, et que leurs majestés catholiques voulurent bien me promettre de signer un instrument en Imçais si je persévérais à le désirer. Enfin , la joie du sujet de mon ambassade qui m'attira en foule les premières visites dès le matin du lendemain de mon arrivée, de tous ceux même qui étaient en droit et en usage d'attendre auparavant la mienne, et si j'ose le dire, l'adresse que je sus employer pour la place que je pris et que je conservai à la signature, me tirèrent des étranges filets où le cardinal Dubois avait bien compté de me prendre.
Le tour des louanges excessives qu'il me donna en r^nse aux dépêches de ce courrier , et dont il farcit
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c^le du roi et celle de M. le dac d'Orléans, et les bagatelles qu'il cota sans oser les désapprouver ouvertement^ comme la difficulté des témoins, celle de l'iustrameiit ep français> qui du moins était la faute de son silence, celle de la petite table pour signer, celle de n'avoir pas été à Notre-Dame d'Atocha, toutes choses auxquelles je $us très-bieu répondre, me montrèrent le dépit, caché sous tant de fleurs et de parfums, qu'il ressentait de me voir échapper contre toute espérance h tant de sortes de parties qu'il avait pris tant de soin de me dresser. Il loua surtout ma modération à l'égard de Maulevrier en tombant sur lui, soit qu'il le blâmflt en effet, ou qu'il voulût me cacher par le mépris et le peu de confiance qu'il me témoigna pour lui, qu'il eût part en sa noire et hardie friponnerie, trop profonde et trop adroitement ourdie, et exécutée avec trop d'effronterie pour la croire du seul cru de Maulevrier, dont la malice, quelle qu'elle pût être, était trop dépourvue d'esprit pour pouvoir lui en attribuer plus que la simple exécution. Je ne parle point ici de la lettre du roi à l'infante qui était lors en* core à venir. Ce ne fut qu'une niche en comparaison des autres pièges et niche dont je me donnai le plaisir d^ lui mander comment je m en étais tiré par le secours du marquis de Grimaldo; mais s'il eut le chagrin de ma voir hors des prises qu'il s'était si bien su préparer, pour ce qui regardait les affaires et les fonctions de l'ambassade, on verra qu'il sut bien s'en dédommager sur ma bourse , et que ce ne fut pas sa faute si je ne revins pas sans avoir pu recueillir le fruit qui, uniquement, m'avait fait désirer cette ambassade.
Tout à la fin de la matinée de ce même mercredi 26» je fus introduit seul, car Maulevrier s'excusa d'y venir avec moi sur les dépéehes qu'il avait à faire, je fus, disje, à l'audleace que j'avais moi-même demandée au roi
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d'Espaga^i la veille, pendant la lecture du coutrat de mariage, et qu'il m'avait accordée. Je vis, dès en appro; chant de leurs majestés catlioiiques, l'importance du service que m'avait rendu le marquis de Grimaido» parla lettre qu'il m'écrivit le soir tout tard de la veille, dont J'ai parlé ci-dessus, et de ma réponse; car la reine, dès avant que je fusse proche du roi et d'elle, s'avança à moi, et me dit d'un air fort libre : « Ho çà, monsieur, poiDt de façons ; vous avez envie de dire au roi quelque, chose en particulier, je m'en vais à la fenêtre et vous laisser faire. » Je lui répondis la même chose que ce que j'avais mandé en réponse à Grimaldo, à quoi j'ajoutai qu'il était si vrai que je n'avais rien à dire au roi eu particuUeri que si j'avais eu le déplaisir de ne la pas trouver auprès de lui, j'aurais été obligé de lui demander à elle une audience pour lui faire les mêmes remerctments qu'au roi de touf ce qui s'était passé la veille« t Non, non, reprit-elle avec vivacité, je vous laisse ave« le roi, et je me rapprocherai quand vous aurez fait, v Et en disant cela , elle gagna la fenêtre comme en deux sauts légersi car il y avait assez loin par la grandeur de ce salon df s miroirs où j'étais seul avec leurs majestés catholiques, tellement que, je me mis à la suivre, lui protestant que je n'ouvrirais pas la bouche devant le roi qu'elle ne fût retournée près de lui, qui, pendant tout cela, demeura immobile; enfin la reine se laissa vaincre et revint près du roi où je la suivis. Elle aurait su également par le roi ce que je lui aurais dit sans eWe^ et ne me l'aurait jamais pardonné.
Je commençai alors par les remerctments de tout ce qui s'était passé la veille, en attendant ceux dont je serais chargé par le roi dès qu'il aurait reçu le compte que j'avais l'honneur de lui en rendre. On peut juger que ce que je dis ici en deux mots se débita à leurs ma-
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jestés catholiques d'autre sorte , et que les grâces de l'infante, à se tenir si convenablement et si longtemps en place et à signer, ne furent pas oubliées, non plus que la beauté si surprenante de l'illumination de la place Ifajor, la magnificence singulière du bal, et les grâces de leurs majestés catholiques et du prince des Asturies, •t des jeunes infants à danser, tous articles que j'étendis assez à mesure du plaisir que je voyais qu'elles y prenaient, et sur quoi la reine se mit fort à louer le roi d'Espagne, et à me faire admirer jusqu'à sa beauté, dont il ne fit que sourire. Il me demanda si je n'enverrais pas un courrier; je répondis que l'instrument signé de leurs mains était trop précieux pour le confier à la voie ordinaire : il me parut qu'ils en avaient fort envie, et que ma réponse leur plut.
Je passai de là à l'office en faveur de don Patricio Laullez , dont je m'étais procuré l'ordre , et dont on a vu que j'avais parlé à Grimaido qui en avait prévenu leurs majestés. Je me mis donc , tant que je pus , sur mon bien-dire , par la passion que j'avais de rendre utilement à cet ambassadeur les services que j'en avais premièrement reçus. Il me parut que le roi d'Espagne m'éconta là-dessus avec satisfaction, mais beaucoup plus la reine , qui en mêla quelques mots à mon discours en regardant le roi avec un désir très-marqué d'en attirer des grâces à Laullez.
Le roi d'Espagne interrompit ce propos pour me dire, sans occasion et tout à coup, qu'il désirait que l'infante fût mise sous la conduite d'un jésuite , pour former sa conscience et lui apprendre la religion ; qu'il avait eu toute sa vie confiance aux pères de la compagnie , et qu'il me priait de le demander de sa part à M. le duc d'Orléans. Je répondis que j'exécuterais avec beaucoup d'exactitude et de respect le commandement qu'il me
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faisait, et que je ne doutais point qne M. le duc d'Or-
léans ne cherchât à lui complaire dans toutes ies choses qui n'avaient aucun véritable inconvénient. Je remarquai qu'il prolongea cette proposition qui pouvait être plus courte, et qu'il me regardait cependant fixement, commecherchant à voir ce quej'en pensais moi-même. Ce désir me parut en lui d'autant pi us aff ectionné,que la reine qui entrait toujours dans tout ce qu'il disait, et qui l'appuyait , ne dit alors presque rien , et que le peu qu'elle dit fut très-faible, le roi poussant toujours sa pointe.
Après quelques autres affaires de simple recommandation, Taudience se tourna en conver/sation. Ils me menèrent aux fenêtres voir leur belle vue sur le Mançanarez, la Casa del Campo presque vis-à-vis, et la campagne au delà; on parla de plusieurs choses indif* férentes qui conduisirent à des choses de leur cour, et moi à leur témoigner la satisfaction que j'avais d'avoir riionneur de les approcher dans tous les moments où cela était permis. Là-dessus la reine regarda le roi, puis me dit avec un air de bonté qu'il ne fallait point qu'il y eût d'heure pour moi, ni d'étiquette; que je pouvais les venir voir à toute heure, quand je voudrais, sans audience et sans avoir rien à leur communiquer ; que le roi et elle seraient ravis de me voir ainsi familièrement , et que je leur ferais plaisir d'user de cette liberté. Je ne manquai pas de répondre à une grâce si peu attendue et si unique de la meilleure façon que je pus ; après quoi je leur dis que le marquis de Grimaldo devait leur avoir rendu compte que le comte de Géreste, frère du marquis de Brancas , désirait avoir l'honneur de présenter au roi une lettre de son frère. Je fus congédié après un peu moins d'une heure d'audience ou de conversation , en me disant que Géreste allait être appelé. Il le fut en effet quelques moments après que
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Je fos sorti. L^ mtrqtils de Bnmcas atait tu permission d^éerire au roi d*Espagne , et il avait chargé son frère d'y ajouter quelque chose de bouche en présentant sa lettre. Je t'attendis ; il me dit que cette audience s^étail tout à fait passée à sa sathfoctloû.
Quoique en me retirant d'auprès de leurs majestés catholiques, la reine m'eût encore répété de ne me point arrêter aux usages pour les Tolr à toute heore quand je voudrais, et de ne pas craindre d'en abaser, et que le ton et l'air du discours fussent tout à Mt naturels et avec beaucoup de grâce , Je cms dersfr en foire la confidence à Grimaldo et hs consulter là-dessus. Je craignis que ce convi redoublé de chose qui sans exception n'était accordée à personne, ne fût qu'on exeès, si J'ose user du terme, de politesse, où la joie et le désir de la marquer les jetaient, dont fusage, qieietque discret qu^il fût, pourrait les importuner. J'eus peur aussi qu'en usant sans l'attache pour ainsi dire de Grtmaldo, n n'en conçût de la Jalousie et de la froideur à mon égard, hii sans qui je ne pouvais rien ftiire, quelque privance dont Je jouisse, et je compris qu'abandonnant ià-dessus ma conduite à son jugement, Je le gagnerais véritablement, et que je ne pourrais mal faire.
Je descendis donc dans sa cavachuela au sortir de i'atidience. Je lui racontai tout ce qui s'était passé , et lui dis que , pour l'usage ou non-nsage de cette liberté de voir à toute heure et sans audience leurs majestés catholiques quand je voudrais, je venais franchement à son conseil , résolu deme conduireen celanniqueroent pat ce qu'il jugerait à propos que Je fisse , ee que j'assaisonnai de tout ce que je crus le pins propre à le flatter et à l'onvrir sincèrement. Après les préambules de re« merciments et de compliments sur ma confiance , fl mt dit qnepnisque Je voulais qn'il meparlftt franchement^ il
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meeonseillaitde regarder rinTitatfon de la rdne comme une politesfe, «me honnêteté sit)gn!ière qu'elle avait voulu me faire , mais dont le roi et elle ne seraient pas fort aises que j'asasse, et quMIs s'en trouveraient bientôt iAporttinés ; que de ptns Je n'avancerais rien dans ces pârtienliers, si j'y voulais mêler des affaires sur lesquelles ils ne me répondraient point sans s'en être consultés, et que cela les embarrasserait davantage; enfin qu'ils me verraient sûrrement de meilleur œil dads les t^mps de II était permis à tout le monde de les voir, tÊt en audience quand j'aurais raison et occasion d'eti demander, et qu'il s'offrait à moi pont tous les offices et toutes tes choses où je voudrais l'employer auprès de leurs majestés , soit de ma part , soit comme de luliDéme. Je te remerciai fort de son conseil, que Je Tasserai que je suivrais , comme je ils en effet, et f acceptai SCS offres avec tous les témoignages de confiance et dereconnaissanee qu'elles mérîtaifmt, et Je me trouvai parfaitement de l'un et de l'autre ; de cette fiaçon je fus avec ee ministre sur un pied d'amitié, de liberté , dâ confiance qui, outre les agréments, les facilités et fà commodité qu-il me procura , rht fut aussi extrêmement utile.
L'après^dtnée de ce jour, mercredi 28, le roi et Ih reine d'Espagne allèrent en pompe à Notre-Dame d'Âtocha , c'est la grande dévotion du pays , qui est tout an boet et comme hors de la ville, joignant le parc Ai fiuen-Retiro . L'église est grande, médiocrement bette pour l'Espagne , desservie par une grande communauté de dominicains logés dans un vaste et superbe monastère. Le roi, sans entrer dans le couvent, met pied à terre à un petit corps de logis où on trouve d'abord ub escalier de quelques marches, deux assez grandes pièces de la dernière desquelles le roi et la reine en»
trent dans ane grande tribune^ et leur saite dans nue autre fort longue à tenir vingt personnes tout du long.
Les descriptions des lieux ne sont point de mon sujet, maisje ne crois pas devoir me dispenser de décrire comment le roi y va en cérémonie avec la reine, conome il fit àcettefois, et comme il est d'usage que les rois d'Espagne y aillent de la sorte toutes les fois qu'une calamilé ou une occasion de remercier Dieu publiquement oblige à des prières ou à des actions de grâces publiques, et toutes les fois encore que les rois partent pour un voyage long et éloigné et qu'ils en reviennent à Madrid. Voie! donc Tordre de la marcbe : un carrosse du roi où sont ses quatre majordomes; trois autres, mais du corps, pour les gentilshommes de la chambre ; un du corps plus beau rempli par le grand écuyer, le sommelier da corps, le capitaine des gardes en quartier; un carrosse du roi vide; le carrosse où le roi et la reine sont seuls; un carrosse de la reine vide, un carrosse de la reine où sont sou grand écuyer et son majordome major. Mais ce carrosse ne va plus, parce que le majordome major n'y veut pas céder la première place au grand écuyer qui Ta de droit sur lui et sur tous, dans le carrosse^ulement ; ainsi le grand écuyer de la reine se met dans le carrosse du roi, avec son grand écuyer, et y a place iœmédiatement avant le capitaine des gardes du corps en quartier. Ainsi, après le carrosse vide de la reine, ma^ che le carrosse propre de sa camarera major, carrosse encore une fois non de la reine, mais de la camarera major, à quatre mules, à ses armes et à ses livrées, entouré de toute sa livrée à pied, son écuyer à cheval, à sa portière droite, et elle seule dans son carrosse; deux carrosses de la reine remplis de ses dames du palais ; deux autres carrosses de la reine qui ne sont pas du corps et
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plas simples que les précédents, remplis de seûaras de hanor;Vin carrosse de la reine, non du corps etplusmii eneore que les deux précédents, dans lequel esUVassafeta toate seule, puis deux carrosses semblables à ce dernier remplis des camaristes de la reine. Le carrosse à huit cherauxavec un postillon, dans lequel sont le roi et la reine, est environné de valets de pied à pied^ de plU'v sieurs officiers des gardes du corps à cheval, avec cha* con leur premier écuyer à leur portière, tous à cheval, et force gardes du corps devant et derrière, avec les trompettes et les timbales sonnant. Les régiments des gardes espagnoles et wallonnes, partie en bataille dans la place du palais, partie en haie dans les rues, les officiers à leur tète et les drapeaux déployés, saluant dans laplaee avec force tambours battant au champ. La marche se fait au plus petitpas ; les cochers des carrosses du corps du roi et de la reine et de ceux réputés tels, ainsi que le cocher de la camarera major, sont chapeaux bas. Ceux des carrosses des majordomes du roi , des senaras de honor^ de Vassafeta et des camaristes, ont leurs chapeaux sur leur tête.
Une des plus belles, des plus larges, des plus droites et des plus longues rues de Madrid, fait le principal du chemin. Il y demeure un grand nombre d'orfèvres. Toutes les boutiques sont ornées de gradins chargés avec élégance de tout ce que ces orfèvres ont de plus riche; les autres boutiques à proportion par tontes les rues. Tous les balcons, dont il y a quantité à Madrid, et les fenêtres de tous les étages magnifiquement ornés de tapis^pendants larges et bas, et de coussins sur les fenêtres, remplies entièrement de spectateurs et de dames parées, et tout cela admirablement illuminé au retour, ainsi que la place Major par où le roi revint. Il faut convenir que ce spectacle est admirable par son ordre, car