‹ Mémoires complets et authentiques sur le siècle de Louis XIV et la RégenceChapitre 36 sur 61 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

M «MKttM»

ft*iit pas révvDV étpHs eti Espagd», uf ftti«ii d«'ili Ah mille.

MoRtsiURT, Aoo/b^AoMf^ FmiûaiA, dM «d pair, A Pftris. G'tst la grfctide5s6 du due de Beâavfillttr ^ PUlippe V lai dûntiâ en arrivant en Espigfiè, doal fi avait été le gouverneur. Elle passa aa duc de Mortemart, qui avait épousé sa flHeuAique ftiérltière, et par la mort d'eux et de leurs enfhnts œtle grandisse eH éteinte depuis mon retour.

MAGEaA, Osoriù y Moscoso, ftétt tadet &ùl eomt^ d'Aitamire, à l'article duquel je remets à parier de leur maison. Najera ou Nagera, car il s'écdt et sd lit des deux ftiçons, terre qui est en Castille, fut érigée en dueiié par les rois eatboliques, 4482, pour Pierre Manrique de Lara^ dit te Vaillant, second comte de Tretigno, et dixième seigneur d'Amusco. Cette grandestt est tombée cinq fois en différentes maisons par des filles héritières. Pendant que j'étais en Espagne, don Joseph Osorio y Moscoso, frère cadet du comte d'Aitamire, eut cette graadesse par son mariage avec Anne de Ouevara y Manrique, qui ^i était i'iiérttièlpa et fille da dixième comte d'Ôfiate.

Nevebs, Mancini, son père, fiis d'une sueur du ca^ diual Mazarin, fut duc à brevet. Il ne put on négliges d'obtenir Tenregistrement de ses lettres, quoique la toute-puissante faveur de son oncle se soit trouvée dans la suite presque la même pour lui par celle de madame de Montespan, dont il avait épousé la nièce, fille de ^BQiâdame de Tbianges sa sœur, dont la faveur était grande aussi auprès du roi, et a duré autant que sa vie qui a dépassé de plusieurs années le renvoi de tnadame de Montespan. M. de Nevers, qui personneliement n'a- 'vait jamais rien mérité du roi, et son fils beaucoup moins encore, fort f&cbé de ne pouvoir espérer que son

DE sABrr^snioN. ti

fils ffti il«e, ebesfibii partout une grandesse à lui &ird épousef . Il trouva eufin Marie-Antcânette Spînola^ fiUa aSiiéei et bérillère de J.«-B. Spioola, qut pour de l'argent «'était fait faire prince de l'empire, en i67T, par l'emr pereur Léopold, et depuis, pi^r Ift même voie, grand 4^£sp8gn# par Charles 11^ dans leura pressants besoins de finances^ Ce mariage ne $e fit pourtant eélébrer qu'en 1709, diBOx ans après la mort du âp^ de Nevers, et son ÛU, qui Jusqu'alors avait porté le nom de eomte de Donzy^ prit celui de prince deVergagne, ïqais sans rang ni biHinear qu'à la mort i^ sAn beau«<père eii Flandre, où il était lieutenant général et gouvemeur d'Ath. Laducbease Sforze, sœur de sa mère, eldaos la plus grande et la plus longue intimité de madame la duchesse d'Orléans, profita de la régenee de M. le duc d'Orléans^ et le fit faire duc et pair sans avoir jamais vu ni cour ni guerre.

NoAiiiLBS, Nooilles. II y a eu tant et tant d'occasions ici de parler et de s'étendre sur le duc de IVoailles, qu'fl suffît de dire qu'avec la faveur de sa famille et e^He de madame de Maintenon, dont il avait épousé l'unique nièce et héritière, fille de son frère, il ne lui fut pa$ difficile d'obtenir en Espagne tout ce qu'il voulut.

OsuNA, Acunay Telles^Giron, La maison d'Aouna, fort nombreuse en branohes tant espagnoles que portu^ gaUfs,'et la maison de Sjlva, prétendent sortir de la mém^ origine aussi illustre qu'anciepne^ et y sont au«torisés par les meilleurs auteurs, qui les. font mascult nement descendre de Fruela, roi de Léon, d^s Asturies et de Galice, par le ric(hhombre Pelage Pelaez, duqutl sont mascuiinement sortis GomezPaez de Siiva,dottt toute la maison de Silva est descendue, et Ferdinand Paez qui le premier prit le nom d'Acuna, du li»ii d'A^ cufia-AUat qu'Alpb«9tM I«% roi da Portugal» lui avait

dooiié, et auquel toute sa postérité oonserTâ le nom. La septième génération masenline de ce Ferdinand Paez, seigneur d'Acufia, fut Martin Tasquez de Aeuna, qui tat comte de Valence, épousa i<* Thérèse, fille et héritière d'Alphonse Telles-Giron, dont il eut un fils qui porta le nom de Tellez-OIron ; ^ il épousa l'héritière de la maison de Pacheco, et en eut deux fils. Jean, l'ainé, porta le nom de*Pachecode sa mère, et Pierre, le cadet, prit le nom de Giron, de la mère de son père. L'ainé de ees deux frères est le chef de la branche atnée de tonte la maison d'Acolia-Pacheco, ducs d'Escalona. Le cadet, mort, i466, mattre de Tordre de Calatrava, est le chef de la seconde branche d*Acuiia-Tellez-Giron, dncs d'Ossone.

Son arrière*petit-fils de mâle en mâle f ot Pierre d'À* cufia-Giron, cinquième comte d'Urenna, vice-roi de Naples, créé, i662, duc d'Ossoneen Andalousie, entre Séville et Halaga, par Philippe IL C'est de roAlesen mAles aînés la cinquième génération que nous avons vue ; savoir : le sixième duc d'Ossone qu'on a vu en son lieu être venu à Paris lors de l'avènement de Philippe Y à la couronne d'Espagne pour y salner son nouveau roi, voir la cour de France et joindre le roi d'Espagne avant son arrivée à Madrid; le même duc d'OssonCi premier plénipotentiaire d'Espagne à Utrecht, et mort en Flandre peu après la signature de cette paix ; et son frère le comte de Pinto, duc d'Ossone, après la mort de son fi*ère, ambassadeur d'Espagne en France pour le mariage du prince des Asturies avec la fille de M. le dnc d'Orléans. On a suffisamment parlé de l'ainé en son temps, et le cadet n'a rien eu qui mérite d'en rien dire.

Saint-Pierre, Spinola^ Génois, de l'une des quatre grandes maisons de Gènes, trop connue et trop nombreuse pour m'y étendre. Qûdqueaoooiituméeaux iion-

DE SAINT-SmON. 101

nenrs, anx grandeurs, aux plus grands emplois et fertile en grands hommes, il est pourtant constant en Espagne que François-Marie Spinola, duc de Saint-Pierre et gendre de Philippe-Antoine Spinola, quatrième marquis de los Batbazez^ grand d'Espagne et général des armées du Milanais, acheta la grandesse de Charles II en 1675; il acheta aussi la principauté de Piombino que l'empereur s'appropria sans le rembourser. Il chercha protection dans ce malheur pour y intéresser la coar de France et d'Espagne, et comme il était yeuf il épousa en 1704, à Paris, la seconde sœur du marquis deTorcy, ministre d'état et secrétaire d'état des affaires étrangères, qui était veuve avec des enfants du marquis de Besnel Glermont d'Amboise. Lui aussi en avait de sa première femme qui ont figuré en Espagne avec beaucoup de réputation à la guerre où l'aîné a commandé des armées et est devenu capitaine général et grand d'Espagne après son père. Le duc de Saint- Pierre, lassé à Paris de ne voir point avancer ses affaires sur Piombino, emmena sa femme errer en Italie, quelque peu en Allemagne, la ramena à Paris, puis en Espagne. Il fut peu de temps à Bayonne majordome major de la reine douairière d'Espagne, sœur de la mère de l'empereur et de l'électeur palatin; mais voyant que ion crédit à Vienne ne lui servait de rien, il la quitta et s'en alla à Madrid où sa femme fut dame du palais de la reine et fort bien avec elle. Je les trouvai ainsi à Madrid où je les vis fort et en reçus toutes sortes de prévenances et de civilités. Elle avait enfin apprivoisé la jalousie et l'avarice de son mari, qui d'ailleurs était un homme d'esprit, fort instruit et de bonne compagnie, avec des manières naturellement fort nobles et fort. polies. Les étrangers s'assemblaient chez eux, et des Esp«gnol9 quelquefois aussi; on y jouait quand on vou*

m MËMOIBES

lait, et ih ne laiMaient pas de doimor asses BcmTfl&t i maDgcr. Depatt mon départ, le duc de Saint-Pierre fut liouverneuf de don Carlos, et enfin chevalier du Saint- Esprit, li avait de la valeur, avait pea de temps comr mandé une armée, et était eapitaine général de Charles II. Il mourut à Madrid, fort vieux, en 1727. C*éUit un grand homme blond, maigre, bien frit, de bonne mine, et qui sentait fort son grand seigneur. Sa veuve demeura longtemps à Madrid, où, ennuyée enfin de la vie peu gaie et peu libre qu'on y mène, elle obtint permission de venir faire un tour en France, Elle y a cooservé tant qu'elle a pu sa plai:e et ses appointements de dame du palais de la reine d'Espagne qu'elle amusait de ses lettres, et le cardinal Fleury des réponses qu'elle en recevait. Ce manège ne lui valut pas la moindre chose en France, et lassa la reine d'Espagne, qui la rappelait inutilement, et qui lui ôta enfin sa place et ses appointements, tellement qu'elle est demeurée pour toujours à Paris avec beaucoup de goutte, très-peu de bien, et moins encore de considération, quoique bleu dans sa famille. Elle n'a point eu d'enfants du duc de Saint-Pierre.

^opOLE, Cantelmi, Une des meilleures maisons du r^aume de Naples. Lors de l'avènement de Philippe Y à la couronne d'Espagne, le cardinal Cantelmi était archevêque de Naples, et son frère le duc de Popoli grand maître de l'artillerie de Naples, de la conduite desquels le roi, et le roi son petit-fils, furent extrêmement contents. Ce duc de Popoli avait succédé à ce duché de son frère aine et & presque tous ses biens fort considé* râbles dans le royaume de Naples par son mariage avec la fille de son frère aine, qui n'en avait que deux, et point de garçon. Ce dernier duc de Popoli était un grand homme brun , bien fourni , avec un beau visage

DE MlliT4IOION. 108

imile, ^i sentait son grand soigneur, et un général id'armée avec toutes les manières, grandes, avantageuises, polies^ {1 ne se pouvait rien ajouter à son extérieur, il avait beaucoup d'esprit et de conduite, encore plus de manège et d'intrigue, beau parleur, et disant ou tai- .saot ou accommodant tout ce qu'il voulait a ses vues, avec )>eaucoup d'insinuation et de grâces, haut par nature, bas à l'excès quand il croyait en avoir besoin, ambitieux, avare à l'excès, encore plus poltron, faux, double, ei(trémement dangereux, et ne souciant que de son argent et de sa fortune à laquelle il sacrifia toutes choses.

H passa à Paris allant en Espagne. Le roi, qui cherchait à attacher au roi son petit-fils les grandes maisons et les grands seigneurs de ses nouveaux royaumes, et fort content de tout ce que ces deux frères* avaient fait à Naples, le reçut avec distinction ^ lui, en habile homme, tira sur le temps, fit valoir ce que pouvait à Naples le cardinal son frère qui en était archevêque, leur grande parenté, leurs amis, et demanda l'or, dre que le roi lui promit, et dont il lui envoya les marques longtemps même avant qu'il eût reçu le collier du roi d'Espagne, qui lui donna aussi celui de la Toison. Les révolutions qu'on a vues en leur lieu ayant mis toute TEspagoe en armes, le duc de Popoli servit et eut des commandements, qui avec la considération de sa personne, et à l'aide de ses intrigues et de ses propos avantageux, le portèrent promptement au dernier grade militaire d'Espagne, qui est capitaine général, dont il s'acquitta fort mal à la tète de l'armée de Catalogne, qu'il remit au duc de Berwick, et s'en retourna à Madrid comme on allait commencer le siège de Barcelone. Lorsque Philippe Y se donna des compagnies de gardes du corps sur le modèle inconnu jusqu'alors en Espagne

t64 MlMOaES

de celles dtt roi son grand-père j le dttc de Popeli, d^ grand maître de l'artillerie, obtint la compagnie des gardes du corps italienne, et la qnerelle da banquiUo étant survenue, qu'on a vue en son lien, le roi d'Espagne fit grands d'Espagne ceux des capitaines de ses gardes du corps qui ne l'étaient pas, entre autres le due de Popoli. Enfin il devint gouverneur du prinee des Asturies, puis son majordome major à son mariage.

Je le trouvai dans cet éclat en Espagne, et toutefois le seigneur de la cour le plus parfaitement déerié. Sa femme, à qui il devait tous ses grands biens, et qu*on disait fort aimable de figure et de manières, avait été faite dame du palais de la reine qui l'aimait fort, et sa réputation sur la vertu était entière. Elle mourut un peu étrangement, et il passait publiquement pour l'avoir empoisonnée par jalousie, jusque-là que la reine le lui a souvent reproché. Il en avait un fils unique qui portait le nom de prince de Peltorano, bon garçon, point du tout méchant^ et ayant même de la valeur; mais étourdi, fou, débauché à l'excès. Son père, en ne lui donnant rien ou fort peu par avarice, l'avait rendu escroc, et il le fut et grand dissipateur toute sa vie. Le duc de Popoli voyant ses instructions, exhortations, représentations, punitions inutiles, imagina un moyen de le contenir. Il était compatriote et ami intime du vieux duc de Giovenazzo, pèrcdeCellamare; il lui demanda en grâce de tenir son fils à son côté, de le mener avec lui faire ses visites, et de le veiller et tenir de près comme il aurait pu faire lui-même. Il crut que, quel que fût son fils, le respect et la présence de ce vieillard le retiendraient, lequel pour son esprit, ses talents, les places qu'il avait remplies, était dans une grande considération et respecté de tout le monde. Ce bon homme eut assez d'amitié pour le duc de Popoli pour lui accor-

DE âftINT-SaiOPi. IIS

tr sa denandet en sorte que le jeune Peltoràno était lez lui et avec lui du matin au soir^ et raccompagnait trtout où il allait, et qu*il n'avait pas un instant de ibre. Voiei de quoi il s'avisa :

Il sut par iiasard qu'un seigneur, dont j'ai oublié le ttom, ne serait pas sûrement chez lui, et il proposa au duc de Giovenazzo de Palier voir, parce qu'il le visitait quelquefois, et qu'il y avait du temps qu'il n'y avait été. Le bonhomme le loua de oette attention et de son désir d'aller voir un homme auprès duquel il y avait toujours à apprendre, et lui dit qu'il l'y mènerait l'après-dinée. Peltoràno, sûr de son fait, prit ses précautions. Les maisons de Madrid, même les plus belles, n'ont point de cour, au moins y sont*elles fort rares. Les carrosses arrêtent dans la rueoùonmetpiedàterre; on entre par la porte qui est comme nos portes cochères dans un lieu large et long, qui ne reçoit de jour que par la porte, et qui a des recoins très-obscurs, et l'escalier est au fond par lequel on monte dans les appartements. Arrêtés à la porte de ce seigneur, on leur vint dire qu'il n'y était pas; tout aussitôt le Peltoràno pria le vieux duc de loi permettre de descendre un moment pour un besoin dont il était fort pressé; il saute à bas et entre dans ce porche couvert ; le temps qu'il y fut parut un peu long au l>onhomme, et il. était prêt d'envoyer voir s'il ne se trouvait point mal, lorsque Peltoràno revint et monta en carrosse tranquillement avec beaucoup d'exeuses. Comme le carrosse partait et se mettait au pas, comme on va dans Madrid, une courtisane sort du porche, se jette au carrosse, se pend par les mains à la portière, crie et injurie le Peltoràno, disant qu'il l'esoroque, qu'il lui a donné ce rendez-vous, qu'il lui a promis quatre pistoles, et qu'il s'en va sans la payer. Le vieux duc tout effaré la veut chasser ; elle crie plus

iérty fn'elte s^a pa^, qu'elle ne qmillttni peÊÊ% fiiM qu'elle ne le soit, et qu'elle criera à teut le peuple qu'ib la veulent affronter ; elle fit tant de bruit, et avae aae telle résolution, que le bonhomme, eomblé de honte, de eoltee et d'indignation, tira quatre pistoles de sa poehe qu'il lui donna pour se déliYrcr d'elle, tan^a que le Peltorano, qui n'ayait pas un sou sur lui, s'était tspi dans le eoin du earrosse, et riait sous cape dv désarroi du bon Tieiliard, par qui il s'était fait mener h son reo-» des- vous, et à qui oieore il le faisait pajer. Le duc de fiiovenazzo, délivré pour son argent de cette effrontée^ s'en alla droit chez le duc de Popoli, à qui il ecmta son aventure, lui remit son fils pour ne s'en plus Jamaif mêler, et lui déclara qu'il ne s'exposerait pas à un second af&ont. Le Peltorano fut bien pouillé et ehapitré^ ne fit qu'en secouer les oreilles, et n'en devint pas plas sage , il ne fit qu'en rire et conter son joli exploit.

C'est ce garnement-là qui épousa la fille du maréchal de Boufflers, comme on Ta vu en son lieu, et que je trouvai à Madrid dame du palais de la reine, et fort bien avec elle et avec tout le monde, sur un pied d'estime et de con^ération. Son beau-père en avait beaucoup pour elle, et son mari aussi, qui la laissait vivre i la française, voir qui elle voulait, et donner presque tous lesjours à souper, où mes enfants et ceux quiétaient venus avec moi soupalmt souvent, et passaient leuri soirées jusque fort tard, avec fort bonne coo^iagnie d'étrangers dont le mari profitait aussi, et ils y jonaïent quelquefois. Le duo de Popoli, qui no logeait pas avec eux, mais au palais, le savait bien, et le trouvait boO) la r^ne aussi, quoique là-dessus assez difficile; maisiU eonnai9sai«ikt le mari qui avait faut plus d'une fois d'étrange^ présents à sa femme, et ils lui voulaient adoveir les malheurs d'avoir un tel mari. A la fin depuis moi

DE ainmsBiOFi. êm

Hfait samsiix mal gsériB et refiris nugmoilèrait; <Me se touroft cntlèrmeiit A te cléTtiitiM jwqii^à 4i«'«Ue vcml vt quitter sa flace et ae retirer dans un ceai^eiit. £a retnefait'aiaiiaitcitk plaignait ia retint taQl;<iu'ellep»t$ mis ente , -vaincae par ses prièrea, elle ^ eeaseatit, nais à eondlth» qu'elle irait dans les desmleeadès tm- Us, dont an appartement qn'cUe loi fenait accomaHMkr, qu'elle Tiendrait voir lia reine, et que la reine Tirait Toir par la emmanif eatiim dn palais à ce naaTent, ^'«Ito garderait toojemra sa place sans en fldne de Cmciioiia l^ir les r«ppenâre q[aand il lii pkiiraft, et ajouta «na pension bêsx arppolBtements deçà place. Eile fatigéaémienwntTCgrettée de toat le monde. Sa retraite ne fût que de deux ma trois ans qn'elle y passa dans la phis grande pièli c^^beavcoop de «ouifrances, au bont desquels «Ile y mourat, tandis que son mari, devenu très^càe parla mort de son père, dissipait les trésors qu'il avait amassés. Il eut dans -la suite des aventores âbeheuses qui le firent enfermer, et longtemps, plus d'une fois en Espagae et en Italie.

k l'égard dn père , dès qn'#n i'avait va deux ou trois fois, OD s'apercevait aisément de presque tant ee qu^i était avec ses compHnaents outrés. Malgré sa figure imposante, on sentait le ûinx de loin, et l'affrontenr 'cn tous ses propos , à tel point q4ie }e n'ai Jamais compris comineat il « pu parvenir à nne si grande lortmie. Ses grands emplois de capitaine des gardes èa corps «t de gonvemenr du prince des Âsturîes, et son talent d'Éitrigne dt de cabale le taisaient compter, mais au i<md tout le monde s'en défiait et le méprisait.

J*ai déjà dit qu'il fnt 4e seul seigneur dont je nereças a\2cune civilité, si on excepte les compliments à perte de vne dont il m'accablait quand Je le rencontrais, ce q«i iii'aTTîvait qu'an palaiç , encore rarement ; anssi me

108 MENOmES

m'en contraignis-Je pas en propos , et en ne Ini rendant aucune sorte de devoir, n se fit écrire une seule fois et fort tard à ma porte; j'avais été eliez lui en allant la seconde fois chez le prince des Asturies. En partant pour mon retour, je ne manquai à aucune visite nooimême, quelque nombreuses qu'elles fussent, excepté li sienne, et je pris mon temps de m'envoyer faire écrire chez lui que j'étais au Mail à faire ma cour à leurs majestés catiioliques, et qu'il ne pouvait l'ignorer .Pendant cette promenade où la reine , toujours à côté du roi, faisait toujours la conversation avec le peu de gens considérables qui l'accompagnaient , et une conversation fort agréable et familière, je pris la liberté de lui demander où elle me croyait alors ; elle se mit à rire et me dit: « Mais ici où je vous vois. — Point du tout, madame, repris-je, je suis actuellement chez le duc de Popoli , où je prends congé de lui , » et de là en plaisanteries , car elle ne l'aimait point , tout Italien qu'il fût.

Il ne la fit pas longue après mon départ. U mourut dans le mois de janvier suivant, regretté de persoDoe. On lui trouva un argent immense que son avarice avait accumulé. Le duc de Bejar fut majordome mi^or da prince des Asturies en sa place.

3. Sessb', c'est Sbssà, Folch'Cardonne, Ce duebé, dans le royaume de Naples , fut donné par Ferdinand le Catholique au grand capitaine Gonzalve de Cordooe , qui n'eut point de mâles, et dont la fille héritière porta ce duché en mariage k Fernandez de Gordoue , comte de Cobra , de sa même maison. Elle en eut un fils que Philippe II fit , en 4666 , duc de Baéna , qui est un liei à huit lieues de Cordoue , et qui par sa mère fut anaai duc de Sesse. Il ne laissa que deux filles : Françoise, l'atnée, veuve sans enfants d'Alphonse de Zonjga,

marquis de Gibrafeon , fit cession de ses duchés à Antoine Foich de Cardonne, descendu du premier comte deCardonne , second duc de Somma au royaume de Naples , fils du premiet duc de Somma , et de Bcatrix, sœur cadette de Françoise. C'était un seigneur dont Philippe II estimait fort l'esprit et le sens. C'est de lui que descend de mâle en mâle le duc de Sesse , que j'ai fort vu en Espagne , qui ne ressemblait guère à celui dont on vient de parler. Celui-ci était un grand garçon, fort bien fait, ayant la tête plus que verte , aimant fort le vin , chose fort rare dans un Espagnol, et d'ailleurs étourdi et débauché à merveille, par conséquent méprisé, quoique assez dans le monde, mais fort rarement.au palais. Il n'était point marié.

Saint-Simon, Saint-Simon, et mon second fils conjointement avec moi pour en jouir tous les deux ensemble et en même temps.

SoLFEBiNO, Gonzague^ cadet d'une branche de Castiglione. Son père, fort pauvre déjà. Tétait devenu tout à fait par les guerres d'Italie, de sorte qu'il envoya ce fils en France avec un petit collet, dans l'espérance qu'il y attraperait quelque bénéfice pour vivre. Il était noir, vilain, crasseux, et paraissait un pauvre boursier de collège. Personne ne le recueillit, personne même ne lui parlait dans les appartements de Versailles ; il n'entrait que dans les maisons ouvertes, où on ne lui disait mot, et encore n'allait-il que dans fort peu. Il importuna tellement le roi de sa présence qu'il revint une fois de Trianon, où tout le monde pouvait aller lui faire sa cour, quelques jours plus tôt que ce qu'il avait fixé, et ne put s'empêcher de dire, tout mesuré qu'il était toujours, qu'il n'avait pu tenir davantage à voir à tous les coins d'allées, et à toutes les portes de son passage, ce petit

Page 1