‹ Mémoires complets et authentiques sur le siècle de Louis XIV et la RégenceChapitre 56 sur 61 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

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heureuï. D'ailleurs, je trouvai si peu d'esprit etderes^ sources que j*en fus doubleoieot affligé pour le roi Jacques et son parti, et pour le personnel d'un seigneur &i brave, si affectionné et si parfaitement honnête homme. Je ne lui dissimulai pas non plus que j'avais fait à Hyghens les chaînes de notre cour et mon impuissance à cet égard, de sorte qqe nos entretiens, où iï me confia aussi ses déplaisir^ sur les méprises du roi Jacques et les divisions de son parti, n'aboutirent qu'à des regrets communs et à des espérances bieu frêles et bien éloignées. Le Gendre était très-bon chirurgien; le roi Taimait ^t laf eine aussi, parce qu'elle n'avait personne ee main pour le remplacer. C'était d'ailleurs un drôle hardi, souple, intéressé, qui se faisait compter, et qui, tant qu'il pouvait, se mêlait de plus qu4 de son métier, mais sage« mei^t et sans y paraître.

. Eicœur étaitplus en sa place, aimé, estimé, bien avee le roi et la reine, capable dans son métier, obligeant, iM^n-» faisant, fort français, qiji n'était pas sans intérêt et sans songer à ses affaires, mais sans intéresser l'honnête homme, et qui longtemps après mou retour voyant Byghens mort et la Roche aussi, auxquels il était fort attaché. Servi à la place d'Hyghens, et le Gendre ayant l'estampille qu'avait la Roche, obtint à toute peine de se retirer, et vint mourir en France, où il vécut, eu effet, en homme de bien et fort dans la retraite. Je n'eus point de commerce que d'honnêteté avec ces deux derniers qui ne pouvaient pas m'être d'un grand usage.

Le marquis de! Surco était un Milanais de fortune, fin, délié, de beaucoup d'espntetde jugement, grand et bien fait, qui avait été à Milan capitaine des gardes du prince de Yaudemont , et depuis, son espion en Espagne, par conséquent impérial fort dangereux, homme de beaucoup de manège et d'intrigue , et dont la eorrup-

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tion du cœur et de l'ambition avait beaucoup profité à récole d'un si bon maftra, et si heurAui en ce genra. Un extérieur froid et réservé cachait ses sourdes menées, toujours bas vnlet de qui pouvait Je plus, et ne luisant jamais sans vues le pas en appArenea ie plus indifférent. Sa souplesse, son intrigue, les voiles épais dont il savait se couvrir, une ambition, m appareniw tranquille 9 en effet in plus active et la plus infatigable, nnA dévotion de eommande , une eonnaissanee parante àé ceux à qui il avait alfoire , une gfandc «dreaaft à savoir learplake, las gtgaer^ s'en servir, la poitièresl à ift place de aoos-gouveriustfr du j^eee des Àsturiei, et, ce qui seandaiisa toute lacour, à la clef de gentilboiamf de la ebambre do roi. Sa femme, faite exprés pour lui, grande , bien faite eomme lui , et de bon air, qu*ll avaii bien dressée, avait aussi beaucoup d'esprit al d'intrigur^ et elle était ainsi arrivée par la cabale italienne, dont je parlerai en son temps , à être senora de honor de la reine et assez bien avec elle , de façon qu'il se pouvait dire qu'en gouverneur et en sous-gouverneur du prinee des Asturies , quoique chacun en son genre, il eût été difficile de choisir deux plus insignes et plus dangereux fripons , et plus radicalement incapables de donner la moindre éducation à un prince , tous deux aussi maJr honnêtes gens Tun que l'autre, tous deux pleins d'art, d'esprit et de vues, mais del Surco plus encore que ie Popoli, et moins affiché que lui pour ce qu'ils étaient l'un et l'autre. Ils se connaissaient bien tous deux, par conséquent, ne s'aimaient ni ne s'estimaient; mais Ile sentaient tous deux qu'il était de leur intérêt de ne pas se brouiller et d'avoir lair de s'entendre , et leur intérêt était leur maître absolu. Je reçus peu de civilités du Surco, sous prétexte de l'attachement de sa charge, mais beaucoup de sa femme, dont les manières étaient

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très-aimables , ce que n'avait pas son mari , dont le dedans à l'esprit près , et le dehors me rappelèrent souvent M. d'O, dontdel Surco avait aussi l'impertinente importance, car pour le Saumery, il n'en avait que la corruption, et d'ailleurs n'allait pas à la cheville du pied du Surco.

Valouse , gentilhomme d'assez bon lieu, du comtat d'Avignon , élevé page de la petite écurie , produit par Dumont au duc de Beauvilller pour être écuyer de M. le duc d'Anjou, parce qu'il était bon homme de cheval, sage et de bonnes mœurs, suivit ce prinee en Espagne, et y devint un des fréquents exemples qu'avec de la sagesse et de la conduite on fait fortune dans les cours sans avoir aucun esprit. Il fit son capital de s'attacher au roi , à ses supérieurs, de ne se mêler d'aucune intrigue, de ne donner d^ombrage à personne , d'être réservé en tout, et appliqué à son emploi, souple à qui gouvernait, avec indifférence dans tous les changements, appliqué à plaire au roi, et aux deux reines l'une après l'autre , point répandu dans la cour, fous prétexte de l'assiduité de ses fonctions; bien avec tout le monde, sans nulles liaisons particulières, et inutile à tous par le ifon-usage, de résolution prise, de sa faveur pour qui que ce fût ; d'ailleurs aussi ne nuisant à personne. Il fut bientôt majordome de semaine , puis premier écuyer , après le duc del Arco, et totalement dans sa main , et "Vivant sous lui grand écuyer comme sous son maître, dont il était fort bien traité. Il poussa enfin, longtemps après mon retour , jusqu'à être chevalier de la Toisond*Or,et mourut comme il avait vécu sans s'être marié et sans avoir amassé beaucoup de bien, dont il ne se soucia pas.

JeTavais connu dans la jeunesse des princes, je le retrouvai tel que je l'avais laissé. J*en reçus toutes sortes

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de prévenances , je lui fis aussi tontes sortes de poli* tesses , mais sans particulier, sans liaison qu'il ne sou* haitaitpas et qui m'aurait été fort inutile. Il obtint aussi une clef de gentilhomme de la chambre, et fut préféré pour être de service au rare défaut du marquis de Santa- Graz et du duc del Aroo, mais cela longtemps aussi de^ puis mon retour.

Hersent était fils d'un homme de qui j'ai parlé à l'occasion du départ de Versailles de Philippe V. Il ressemblait à son père pour l'honneur et la probité , mais non pour la liberté, la familiarité, la confiance du roi, et une sorte d'autorité qu'il avait usurpée, que nul autre que les ministres ne lui enviait, parce qu'elle était utile au bien et à tous , et qu'il ne se méconnaissait point. Le fils n'en avait ni l'esprit ni le crédit, ni la considération, quoique sur un pied d'estime , et mêlé et fort bien avec tout le monde, en se tenant pourtant assez dans les roe« sures de son état. J'en reçus toutes sortes d'attentions, mais je n'en tirai pas grand fruit.

Le cardinal Borgia revint de Rome à Lerma, pendant ma petite vérole, du conclave, où le cardinal Conti avait été élu. C'était un grand homme de bonne mine , oncle paternel du duc de Gandie, et neveu d'un autre cardinal Borgia, aussi patriarche des Indes. Son adieu au cardinal Gonti, frère du pape, le caractérisera mieux que tout ce que j'en pourrais dire. Parmi les compliments de regrets réciproques de leur séparation, Borgia dit à Gonti que tout ce qui le consolait était Tespérance du plaisir de le revoir bientôt, et que dans peu un autre conclave le rappellerait à Rome. On peut juger comme le frère du pape trouva ce compliment bien tourné. Borgia était un très-bon homme , qui n'avait pas le sens commun, et dont sa famille et le défaut de sujets ecclésiastiques avait fait la fortune. La difficulté de la main

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BOUS empêcha denoos visiter; mais forée dTilités an palais et partout où nous noas rencontrions , et quelquefois âe§ envois de compliments de l'un chez l'autre. Son rang et sa charge lui attiraient quelque sorte de considération ; mais de sa personne, il était compté pour rien. Le roi et la reine Taimaient assess, et ne se contraignaient point de s'en moquer.

On a vu en son lied le tempa et la façon dont le roi d'Espagne se forma une garde ^ le premier de tous ses prédécesseurs, et ce qui se pa^sa en cette occasion. La copie de celle du roi, son grand-père, en fut si fidèle que ee seul mot instruit de sa composition , de son service, de ses uniformes, en sorte qu'à voir cette garde on se croyait à Versailles. Il en était de même dans les appartements à l'égard des garçons du palais et des garçons tapissiers, quoiqu'on hien plus petit nombre que les garçons du château et des tapissiers à Versailles, où on s'y croyait aussi à les voir et leur service. Il en était de même pour la livrée du roi , de la reine et de la princesse des Asturies ; et tous les services des compagnies des gardes du corps et des régiments et des gardes, de leurs capitaines, de leurs colonels, de leurs ofdciers entièrement semblables à ceux d*ici, sinon qu'il n'y a que trois compagnies des gardes du corps, dont les capitaines et le guet servent par quatre mois chacun , au lieu de trois ici, où il y a quatre compagnies.

Armendariz, IleOtenant général assez distingué, était lieutenant colonel du régiment des gardes espagnoles. C'était un homme d'esprit ^ remuant, insinuant, intrigant ^ impatient de l'état suhatterne, qui avait ses amis et son crédit , et que le marquis d'Ayéfone était importuné de troute^ assez souvent sur son chemin dans les détails H sot les grâces k répandre dans le régiment. Mais l'extérieur était gardé entre eux , et J'ai souvent

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trouvé Armendariz chez le marquis d'Ayétone , d'un air assez libre^ quoique respectueux. Il était fort poli, agréable en conversation, bien reçu partout , assez souvent chez màï. Il avait de la réputation à la guerre ; on prétendait qu'il ne fallait pas se fier à lui ailleurs. Avant mon départ, il fut nommé pour succéder au marquis de Valero^ sur le point de revenir de sa viceroyauté du Pérou, qui se trouva fait duc d'Arion et grand d'Espagne en arrivant à Madrid*

Il ne faut pas aller plus loin sans dire un mot de ce qui est connu en Espagne sous le nom de iitoUidos, Ce sont les marquis et les comtes qui ne sont point grands. La plaie française a gagné l'Espagne sur ce point, mais d'une manière encore plus fâcheuse, en ce que ce n'est pas simple licence comme ici, et, dès là , facile à ré'former quand il plaira au roi de le vouloir. Mais en Espagne ^ c'est concession du roi en lettres patentes enregistrées au conseil de Gastille ou d'Aragon sur une terre, et dès là érection 9 ou , sans terre , sur le simple nom de celui que le roi veut favoriser d*un titre de marquis ou de comte , tellement que, quelque infimes qu'ils soient en grand nombre, tels que le marchand Robin, directeur de la conduite de Maulevrier, et le di^ recteur de la vente du tabac à Madrid, tous deux faits comtes peu avant mon arrivée en Espagne , et comme quantité d'autres qui ne valent pas mieux , ces gens-là sont véritablement marquis et comtes , et quels qu'ils soient d'eux-mêmes » ii& y sont fondés en titre qui ne peut leur être disputé , au lieu qu'en France , qui veut se faire annoncer marquis ou comte le devient aussitôt pour tout le monde qui en rit, mais qui l'y appelle, sans autre droit ni titre que Timpudence de se l'être donné à soi-même. Ainsi en Espagne comme en France , tout est plein de marquis et de comtes , les uns de qualité ,

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grande ou moindre , les autres , canailles ou peu s'en faut, pour la plupart; ceux d'ici, de pure usurpation de titre, ceux d'Espagne, de concession de titre. Mais cette concession ne les mène pas loin. Ces titres ne donnent aucun rang , et depuis qu'il n'y a plus d'étiquette et de distinction de pièces chez le roi pour y attendre, ces ^i7o/a{2o^ ne jouissent d'aucune distinction. Les marquis et les comtes de qualité sont honorés et considérés de tout le monde, selon leur naissance, leur Age, leur mérite, leurs emplois, comme le sont aussi les gens de qualité qui n'ont point ces titres et qu'on appelle don Diègue un tel , etc., et ces autres marquis et comtes en détrempe sont méprisés autant et plus que s'ils ne 1 etaient pas , et en cela , ils font mieux que nous ne faisons en France.

Il faut pourtant dire que ces titolados peuvent avoir un dais chez eux, mais toujours avec un grand portrait du roi d'Espagne dessous , qui est la différence du dais des grands d'Espagne, qui n'ont jamais de portrait du roi dessous , mais des ornements de broderie ou leurs armes , ou rien du tout dans la queue , et tout unie comme il leur plaît. Ces dais avec le portrait du roi descendent , s'il se peut , encore davantage. Hyghens en avait un ainsi comme premier médecin , que j'y ai vu plusieurs fois , et j'y appris qu'il était commun à d'autres fort petites charges. Mais toutefois on n*a pas un dais avec le portrait du roi sans titre et droit de l'avoir, mais le portrait du roi qui veut, chez soi, comme on veut , sans dais.

Cette matière me conduit à celle de Vexcellence, On ne se licencie plus de la refuser sous aucun prétexte, comme on faisait autrefois sous prétexte de familiarité et de liberté , par des gens fâchés de ne l'avoir pas euxmêmes. Je ne sais comment cet abus s'est enfin aboli;

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mais ebtre grands ou autres qui ont Fexcellence , il arrive quelquefois qu'ils se tutoient et s'appellent par leurs seuls noms de baptême, par familiarité, et non pour éviter ce qu'ils se doivent réciproquement. L'excellence, autrefois réservée aux grands et aux ambassadeurs étrangers, s'est peu à peu infiniment étendue. Les fils aînés des grands , les successeurs immédiats à une grandesse, les vice-rois et les gouverneurs de province , les capitaines généraux et les conseillers d'état^ les chevaliers de laToison-d'Or, ceux que le roi nomme à une ambassade, même le cas arrivant qu'ils n'y aillent pas (et le marquis de Yillagarcias dont j'ai parlé naguère l'avait acquise de cette sorte), à plus forte raison ceux qui ont été ambassadeurs , enfin le gouverneur du conseil de Gastille , tous ceux-là et leurs femmes ont l'excellence , tellement qu'il importe fort de savoir à qui on parle, pour ne pas offenser ceux qui l'ontàquion ne la donnerait pas,et peut-être davantage ceux à qui on la donnerait et à qui on ne la devrait pas. C'est la méprise qui m'arriva, dont je fus fâché après, mais qui aurait pu être plus désagréable. Ce fut à Lerma, au sortir de la cérémonie du mariage du prince et de la princesse des Asturies , à la fin de laquelle je venais d'être déclaré grand d'Espagne de la première classe , conjointement avec mon second fils , et l'alné déclaré chevalier de la Toison-d'Or. Je venais d'être accablédes compliments de toute la cour. Ma journée , qui avait commencé de bon matin , était loin d'être finie, et moi sortant de maladie, fort fatigué. Je profitai donc d'un tabouret qui se rencontra dans unedes premières salles, ayant autour de moi ce que j'avais mené de plus considérable. Je me reposais de la sorte, lorsqu'un jeune homme bien fait, un peu noir, s'en vint me faire des compliments empressés et fort polis , avec un air de

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respeet et de déférence. Je crus le reeonnattre parfaite^ fnetif ; Je me leVaf , toi répondis sur le méffie ton, je Bfittltiplial mes remefelments et Je raceabîai à' excellence* Il eot beati me témoigner sa honte de me voir debOtit pour lai, Je pria cela pour un rafitnenient de politesse, ]P n'avais garde de me rasseoir, n'ayant pas d'autre siégé à lui présenter ; enfin 11 s'en alla pour me laisser rasseoir. Dès qu'il fut retiré, l'abbé de Saint- SlMOd me demanda quel plaisir je prenais â confondre ce pantre garçon qui me vensit marquer ses respects et Sa joie, et à l'accabler d'excellence et de moqueries. Surprise mon tour, je lui demandai si je pouvais en user autrement avec le marquis de CogOlludo, Hls afné du duc de Medlna-Gœll. «Le marquis de Gogolludo! reprit l'abbé; mais vous n'y songez pas ^ c'est le fils de madame dePleinosuf , dont l'embarras nous a fait pitié.» Eu effet ^ c'était lui-même. La Fare l'avait amené avec lui (^Ornme je partais de Madrid pour Lerma. Je n'avais fait qu'entrevoir ce jeune homme lorsqu'il me le présentUj et je ne l'avais ni vu ni rencontré depuis, séparé jusqu'à la veille de ce jour'là par la petite vérole. lis se mirent tous à rire et à se moquer de moi ; mais ils convinrent tous qu'il ressemblait beaucoup au marquis de GogolludOt De lui faire des excuses de l'avoir trop bien traité, il n*y avait pas moyen ; de lui laisser penser que Je m'étais moqué de lui, était encore pis : l'expédient fut d'en faire le eonte à la Fare.

Venons maintenant à la maison de la reine d'Espagne.

Maison de la reine.

Majordome major.

Le marquis de Santa-Gruz.

Je ne parlerai point des trois m^jordomet» de semaine dont Mngiiy était un.

Prtmier médecin.

M. S^rvi. J'ai |)arlé de lui il n'y a pas longtemps.

Catnarera major,

L.a comtesse douairière d*AItamire^ Angela Foich, de Cardon ne et Aragon.

Dama du palaii.

Lia pi'ioceAid de Rdbecq.

La dacheMe de Saint-Pierre.

La princesse de Peltorano.

La comtesse deTaboada.

Senorat de honor.

Mesdames Rodrigo. Albiville.

Carillo. Monteher.

Nieves. O'Galogan.

I)el Surco. Cucurani.

Ri8<îtfidalègrè.

Àstafeta»

Dona Laura Piscatori, nourrice de la reine.

Confesseur.

Don Domingo Gtierra .

Grand écuyer.

Le duc dé Giotenaz^o, cW-à-dire notre prince de Geltamare.

Premier écuyer.

Le marquis de Saint-Jean, et son (ils en survivance.

La comtesse d'Aitamire était fille du sixième duc de Ségorbe et de Cardontie. Son mar! mourut en 4698, étant ambassadeur d'Espagne à Rome. Elle était mère du comte d'Altamireet du duc deNajara, et belle-mère du comte de San^Ëstevan de Gormaz. On a vu ailleurs dans quelle union elle, le marquis de Villena ¥i le marquis deBedmar et leurs enfants vivaient ensemble, ce qui redoubiait leur considération. Cette comtesse d^AItamire était une des plus grandes dames d'Espagne, en tout genre,*d*une grande vertu et de beaucoup de piété.

Avec un esprit qui n'était pas supérieur, elle avait toujours su se faire respecter par sa conduite et son maintien, et personne n'était plus compté qu'elle par la eonr, par les ministres successifs, par le roi et la reine mêmes. Elle fut d'abord camarera major, après l'expulsion de la princesse des Ursins, et toujours également bien avec la reiue, et sur un grand pied de considération. Elle faisait fort assidûment sa charge et fort absolument, toutefois poliment avec les dames, mais dont pas une n'eût osé lui manquer, ni branler seulement devant elle. Elle était petite, laide, mal faite, avait environ soixante ans et en paraissait bien soixante et quinze. Avec cela, un air de grandeur et une gravité qui imposait. J'allais quelquefois la voir. Elle était toujours sur un carreau, au fond de sa chambre ; des dames sur des carreaux ou des sièges, comme elles voulaient ; on me donnait un fauteuil vis-à-vis d'elle. Je la trouvai une fois seule, elle ne savait pas un mot de français ni moi d'espagnol, de manière que nous nous parlâmes toujours sans nous entendre que par les gestes; elle en souriait parfois et moi aussi. J'abrégeai fort cette visite.

J'ai parlé ailleurs de la princesse de Robecq, de la duchesse de Saint-Pierre, et de la princesse de Pettorano. La comtesse de Taboada n'était point laide, et ne manquait pas d'esprit ni de vivacité ; j'ai parlé de son mari et de son beau-père le comte de Maceda, grand d'Espagne.

Parmi les senoras de honor^ il y en avait plusieurs qui avaient de L'esprit et du mérite. La femme de Sartine, qui avait été cameriste et bien avec la reine, le devint à la fin. Madame de Nievès, très-bien avec la reine, était gouvernante de l'infante, et vint et demeura à Paris avec elle, et s'en retourna aussi avec elle. On

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loi trouva, eu ce pays, de l'esprit, du sens et de la raison ; je ne sais si cela fut réciproque. Madame de Riscaldaiègre était une femme bien faite, qui avait beaucoup de mérite, qui était considérée, et qui aurait été fort propre à bien élever une princesse. Madame d'Aïbivile était une Irlandaise âgée, qui méritait aussi sa considération. Le mérite de madame de Cucurani était d'être ûlle de I*assafeta qui était Parmesane, nourrice de la reine, et qui, toute grossière paysanne qu'elle était née et qu'elle était encore, conservait un grand ascendant sur la reine, étant la seule qui, par l'économie des journées, pouvait chaque jour lui dire quelque mot tête à tête, et qui avait assez d'esprit pour avoir des vues, et les savoir conduire. Enfin ce fut elle qui fit chasser le cardinal Albéroni, dont on ne serait jamais venu à bout sans elle. Comme elle était extraordinairement intéressée, il y avait des moyens sûrs de s'en servir. D'ailleurs, elle n'était point méchante. Pour son mari, ce n'était qu'un paysan enrichi, dont on ne pouvait rien faire, et qui n'était souffert que par l'appui de sa femme. Mais celle-ci était redoutée et ménagée par les ministres et par toute la cour.

Don Domingo Guerra, confesseur de la reine, n'était rien ni de rien, lorsque j'étais en Espagne. Il était frère de don Michel Guerra, de qui je parlerai bientôt, et n'en tenait pas la moindre chose. Le plus plat habitué de paroisse aurait paru un aigle en comparaison de ce confesseur. Il n'est pas de mon sujet de parler d'un peu de crédit qu'il eut assez longtemps, depuis mon retour, qui n'en fit qu'un abbé commandataire de Saint-Ildephonse et un évêque in partibus^ quoiqu'il l'eût enflé jusqu'à penser au cardinalat, et à se croire un person« nage, mais avec qui personne n'eut à compter. Les deux Saint- Jean, père et fils, étaient d'espèce à

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donner de la surprise de les voir premiers écuyers de ta reine. Je n'ai point su par où elle les prit en si grande amitié, (fui, du temps que J'étais en Espagne, était déjà fort marquée. C'étaient des gens cachés, mesurés, respectueux avec tout le monde^ qui se produisaient peu, qui ne faisaient nulle montre de leur faveur, qui ne voulaient être mal avec personne, ni liés avec aucun. Sagesdans leur conduite, ils ne donnaient aucune prise. Comme ils ne voulaient faire que pour eux et rien pour personne, pour mieux ménager leur crédit pour eux, éviter l'envie et cacher leurs vues, ils s'enveloppaient de modestie et d'impuissance, et ne servaient ni ne des*servaient personne. Le père avait bien commencé} quant au fils qui avait plus d'esprit et de montant, long* temps depuis mon retour on fut subitement épouvanté de le voir tout d'un coup grand écuyer de la reine, et grand d'Espagne.

J'ai expliqué avec assez de détail les fonctions de toutes ces charges pour que je n'aie rien à y ajouter, sinon que les trois capitaines des gardes du corps et lea colonels des deux régiments des gardes prêtent serment entre les mains du roi. Ce sont les seuls dont le roi même le reçoive, et ces charges et ces grades sont aussi d'établissement nouveau.

On a vu plus haut de quelles personnes furent formées les maisons du prince et de la princesse des AstU; ries, lorsque j'ai parlé de ces établissements. Je n'ai donc rien à y ajouter, sinon que leurs fonctions chez le prince et la princesse sont pareilles à celles que les mêmes charges sont chez le roi et chez la reine. L'âge alors si tendre des infants me dispensera de parier des personnes employées auprès d'eux. Del Surco et Salazar, major des gardes du corps, lieutenant général et homme d'esprit et de qualité, furent dans la suite gouverneurs

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chaenn d'an. Je le dis pour la sifigulartté de eette fbrtune pour un homme tel que le Surco, et pour eelle du soupçon peut-être mal fondée maiê reçu comme certain par tout le monde^ que le Salazar avait empoisonné sa femme, comme le duc de Popoli avait fait la sienne, ce qui ût dire à la cour qu'avoir empoisonné sa femme était une condition nécessaire pour arriver à l'honneur et à la confiance d'être gouverneur des infants.

Explication des serments.

Les trois charges chez le roi et chez la reine reçoivent le serment de tous ceux et celles qui sont chacun sous leurs charges.

Le patriarche aussi, de même que les capitaines des gardes du corps, celui des hallebardiers, et les colonels des deux régiments des gardes.

Le président ou gouverneur du conseil de Gastille, les deux majordomes majors, le capitaine des hallebardiers, les gouverneurs des infants n'en prêtent point; le sommelier du corps, la camarera major, les deux grands écuyers, le patriarche des Indes le prêtent entre les mains de leur majordome major.

Les seuls capitaines des gardes du corps et colonels des deux régiments des gardes entre les mains du roi.

Les présidents ou gouverneurs des conseils entre les mains de celui du conseil de Gastille.

Les conseillers et officiers de chaque conseil, entre les mains du président ou gouverneur de leur conseil.

Les secrétaires d'état le prêtaient dans le conseil d'état.

Le secrétaire de l'estampille entre les mains du sommelier du corps.

Les conseillers d'état entre les mains du plus ancien secrétaire d'état.

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Les gouverneurs des maisons royales entre les mains d*un oonsdUer de la junte des bâtiments.

Quant aux vice-rois, gouverneurs des provinces, capitaines généraux des armées, capitaines généraux des provinces, j'ignore s'ils prêtent serment ou entre les mains de qui.

Quant au corrégidor de Madrid et ceux des autres villes, comme le président ou gouverneur dji conseil de Castllle est leur supérieur, je croirais que c'est entre ses mains.

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